SCÈNE PREMIÈRE
L’INCONNU Ut, assis sur un banc de gazon frantz, qui arrive *
L ’ INCONNU Je n’ai pas besoin de manger.
frantz.
Des légumes , un poulet.
f l’inconnu.
Pour toi, si tu veux.
FRANTZ
Vous n’avez pas d’appétit ?
l’inconnu.
Non.
C’est la chaleur du jour... Peut-être ce soir...
l’inconnu.
Allons , peut-être. ( Il continue sa lecture .)
FRANTZ, après un silence .
Monsieur, permettez-vous de vous dire un mot l L * I N C O
Parle.
Vous avez fait Laquelle !
Vous
Paix, tais-toi.
Savez-vous à qui l
A N action, i N c o
FRANTZ
A un homme , dëla
C’est au comte de Walbefl.
l’inconnu.
A la bonne heure.
En vérité, monsieur, voire procédé m’arrache des larme» d’attendrissement.
De faiblesse.
Un cœur si noble et sî g> éreux !
l’ I N C O N N U, se levant avec humeur •
Tu Veux me fiai e Retire-toi.
Lorsque j’examine en silence le bien que vous faites autour de vous; l’ai tendon que vous avez de regarder les peines d’autrui comme les vôtres; et que cependant je vois que vous n’en êtes pas plus heureux, cela me fait saigner la cœur.
L’iNCONNU, lui prenant la main*
Je te remercie.
Mon cher maître , ne prenez pas mal ce que je vais vous dire; mais si votre mélancolie ne venait que d’une indisposition-, j’ai entendu parler d’un fameux médecin qui traite «vec succès la misantropie.
l’inconnu.
Ce n’est pas là le cas où je me trouve , mon bon ami.
Mais, vous êtes donc réellement malheureux? Et ave© c là si bon! C’est une chose, en vérité , bien affligeante.
l’inconnu.
Je souffre sans l’avoir mérité.
Mon pauvre maître 1
As-tu oublié ce que le vieillard nous disait ce matin ? « II » est encore une autre, une meilleure vie ». Espérons et sachons souffrir.
Allons, soit, espérons.
l ’ i N c o N N Jf*
Frantz! il faut partir d’ici.
Où irons-nous ? - > • — ( -
Ah ! Dieu le sait.
Je suis prêt à vous suivre.
Par- tout ?
Jusqu’au tombeau.
Que le ciel t’entende! le repos n’est que là.
Le repos est par-touj.. Qu’importe la tempête au-deliors * si l’ame est- tranquille ? Et puis , ne sommes-nous pas bien, et même mieux ici , que dans' le reste du monde ?
■L * I N CONNU
Non : voilà le château 'habité maintenait. Des étre.s qui ne savent pas jouir des plaisirs de la solitude , me regarderaient comme un personnage ridicule; je sne veux pas me donner en spectacle.
Permettez -moi une réflexion. Peut-être Ÿoyéz-vou s trop les choses à votre manière , cette compagnie iVest pas pour long-tems au château ; peut-être es^-çe par fantaisie , par mode qu’ils viennent se retirer dans la solitude : mais la inode et leurs goûts les reporteront dans leur tourbillon, l’inconnu*
Tes plaisanteries deviennent amères i g F R a N. T % riant .
Ah ! il faut bien quelquefois un peu de sel dans la conversation.
L’iNCONNU, ! «y
Tu me fais soupçonner que lorsqu’il manque un objet à la raillerie , tu l’exerces sur moi ; je ne te connaissais pas encore de ce côté-là.
Vous voilà retombé dans votre défiance de tous les hommes ! Ah ! mon cher maître.
l’inconnu regardant .
Ne vois-tu pas s’avancer dans cette grande allée des uni-p formes, des plumes? Il faut nous dérober à ces visites importunes. Je ne m’étonnerais pas qu’ils fussent assez indiscrets pour \ pénétrer , malgré moi , jusques dans ma retraite. C S'en allant. ) Je vais me mettre sous les verroux.