‹ Misanthropie et repentirChapitre 26 sur 57 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

L’INCONNU Ut, assis sur un banc de gazon frantz, qui arrive *

L ’ INCONNU Je n’ai pas besoin de manger.

frantz.

Des légumes , un poulet.

f l’inconnu.

Pour toi, si tu veux.

FRANTZ

Vous n’avez pas d’appétit ?

l’inconnu.

Non.

C’est la chaleur du jour... Peut-être ce soir...

l’inconnu.

Allons , peut-être. ( Il continue sa lecture .)

FRANTZ, après un silence .

Monsieur, permettez-vous de vous dire un mot l L * I N C O

Parle.

Vous avez fait Laquelle !

Vous

Paix, tais-toi.

Savez-vous à qui l

A N action, i N c o

FRANTZ

A un homme , dëla

C’est au comte de Walbefl.

l’inconnu.

A la bonne heure.

En vérité, monsieur, voire procédé m’arrache des larme» d’attendrissement.

De faiblesse.

Un cœur si noble et sî g> éreux !

l’ I N C O N N U, se levant avec humeur •

Tu Veux me fiai e Retire-toi.

Lorsque j’examine en silence le bien que vous faites autour de vous; l’ai tendon que vous avez de regarder les peines d’autrui comme les vôtres; et que cependant je vois que vous n’en êtes pas plus heureux, cela me fait saigner la cœur.

L’iNCONNU, lui prenant la main*

Je te remercie.

Mon cher maître , ne prenez pas mal ce que je vais vous dire; mais si votre mélancolie ne venait que d’une indisposition-, j’ai entendu parler d’un fameux médecin qui traite «vec succès la misantropie.

l’inconnu.

Ce n’est pas là le cas où je me trouve , mon bon ami.

Mais, vous êtes donc réellement malheureux? Et ave© c là si bon! C’est une chose, en vérité , bien affligeante.

l’inconnu.

Je souffre sans l’avoir mérité.

Mon pauvre maître 1

As-tu oublié ce que le vieillard nous disait ce matin ? « II » est encore une autre, une meilleure vie ». Espérons et sachons souffrir.

Allons, soit, espérons.

l ’ i N c o N N Jf*

Frantz! il faut partir d’ici.

Où irons-nous ? - > • — ( -

Ah ! Dieu le sait.

Je suis prêt à vous suivre.

Par- tout ?

Jusqu’au tombeau.

Que le ciel t’entende! le repos n’est que là.

Le repos est par-touj.. Qu’importe la tempête au-deliors * si l’ame est- tranquille ? Et puis , ne sommes-nous pas bien, et même mieux ici , que dans' le reste du monde ?

■L * I N CONNU

Non : voilà le château 'habité maintenait. Des étre.s qui ne savent pas jouir des plaisirs de la solitude , me regarderaient comme un personnage ridicule; je sne veux pas me donner en spectacle.

Permettez -moi une réflexion. Peut-être Ÿoyéz-vou s trop les choses à votre manière , cette compagnie iVest pas pour long-tems au château ; peut-être es^-çe par fantaisie , par mode qu’ils viennent se retirer dans la solitude : mais la inode et leurs goûts les reporteront dans leur tourbillon, l’inconnu*

Tes plaisanteries deviennent amères i g F R a N. T % riant .

Ah ! il faut bien quelquefois un peu de sel dans la conversation.

L’iNCONNU, ! «y

Tu me fais soupçonner que lorsqu’il manque un objet à la raillerie , tu l’exerces sur moi ; je ne te connaissais pas encore de ce côté-là.

Vous voilà retombé dans votre défiance de tous les hommes ! Ah ! mon cher maître.

l’inconnu regardant .

Ne vois-tu pas s’avancer dans cette grande allée des uni-p formes, des plumes? Il faut nous dérober à ces visites importunes. Je ne m’étonnerais pas qu’ils fussent assez indiscrets pour \ pénétrer , malgré moi , jusques dans ma retraite. C S'en allant. ) Je vais me mettre sous les verroux.

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