‹ Miscellanées bibliographiques (volume 2)Chapitre 79 sur 101 · LETTRE II · texte numérisé non relu

LETTRE II

Sur le Dante, avec le Commentaire de Landino^ édition de 1481; sur la Géographie de François Berlinghieri, et sur d'autres éditions de Nicolas, imprimeur à Florence dans le XV* siècle-

\e croyez pas un mot, mon cher Baron, de ce que dit feu Debure, n*» 3324 de sa Bibliographie, que le projet d'orner l'édition du Dante faite en 1481, d'estampes

gravées en cuivre, fat abandonné par llmprîmeur/ ^ui ne fit graver que irôis planches seulement. Je ne voas répéterai pas [ce que vous savez aussi bien que moi} que la majeure partie des exemplaires de cette rare Édition n'a que deux vignettes gravées en tête des deux premiers Chants de l'Enfer; que d'autres exemplaires présentent, avant le troisième Chant, une répétition de la seconde planche ; et qu'enfin l'Imprimeur a laissé en tète des vingt-quatre Chants de l'Enfer, des vingt-trois du Purgatoire et des vingt-trois du Paradis, un espace vuide où devoit être placée une vignette, ce qui en auroit porté le nombre à soixante dix. Ce détail vous est connu, puisque vous possédez le Kvre ; d'ailleurs, les Bibliographes l'ont tant et si souvent fait, que je n'ai garde de vous fatiguer par une ennuyeuse répétition de ce que vous pouvez lûre ailleurs. Ce que je veux vous dire, c'est qu'il existe réellement un nombre d'estampes destinées à cette Edition, bien phis grand que ne l'ont cru Debure, et après lui, tous ceux qui adoptent, sans examen, toutes ses assertions. Au cabinet d'estampes du Roi^ on conserve dix de ces vignettes que j'y ai vues, et qui y ont passé après la mort de M. Bourlat de Montredon. Ces dix vignettes font une suite des deux premières qui se trouvent dans les exemplaires du Dante ^ ; M. Heineken, qui a connue cette suite conservée chez le Roi, ajoute qu'il avoit vu une 13*. vignette diiférente des

* Voyez une copie exacte de ces deux premières vignettes, qui ont trois pouces et cinq lignes de haut sur six pouces et demi de large, dans Vidée iuhe collection d estampes, etc. pag. 143. Ceis deux premières vignettes^ se trouvant dans les exemplaires du Dante : n'auroit-il pas mieux valu donner la copie de deux des dix autres qui sont chez le Roi ?

doiNEt autres, ches fen M. Mariette, si coma par sonToM 4es pierres gravées; ainsi voilà d'abord «ne snhie de ttifai vignettes pour notre Dante, qu'il est impossiUe diè tèa^ quer en doute. Ce n*est pourtant pas toot, là MhlîodiènMe du Vatican possède un exemplaire d^ ce même Danee^ te lequel il y a dix-huit de ces vigiiettes, toatos fediAttf . l'Enfer du Poète Florentin ; l'homme dé mérke qnt ttTAtâ avoir vu cet exemplaire, observe que de ce» AhÉ vignettes, les deux premières seules ont été iiripiiftiiefiBC le livre, tamfis que l'on a collé, après.coup, kssciie aoHO aux places vuides qui leur â^qiartenoient. VA^ecÊtt néât Antoine Mardn^ mort à Florence l'année detnière, a«ei un exemplaire plifs précieux encore que cehii 4tt IMcni puisqu'il contenoit dix-neuf vignettes, ce- qui est toaMi par le témoignage d'un de mes Correspondant^ qid a vfe plus d'une fois cet exemplaire de M. Mardii, ec par kcaiiilogue imprimé des livres de cet Avocat, qui annonce €0 dix-neuf vignettes *. Voilà donc incontestablement nae suite de dix-neuf estampes destinées pour le Dante éc 1481. Cette suite n'a-t-elle pas encore été portée pbrs loin ? Le Graveur ne complettera-t-il pas au moins ks vingt-quatre pour la totalité des Chants de l'Enfer ? Ces ce que j'ignore, et sur quoi nous éclaireroit un Gcamca attentif des divers exemplaires du livre qui existent en folie, surtout dans la Toscane, à Sienne, etc. Qjioi qu'il es soit, cette suite de vignettes destinées à orner le Dante de 1481, parolt être de la même main que les trois qui ssnt

* Comedia di Dante con il Commento del Landino in Fireme *per Nicolo di Lorenzo délia magna 1481^ in*fol. reale con le 19 figure di Sandro Botticelli. Telle est Tannonce du livre dans te catalogue de la Bibliothèque de Marchi, page 3o8.

dans la première édition du MofUe fanto di Dio, dont je vous ai parlé dans ma précédente Lettre. Si vous me demandez, mon cher Baron , quelle est cette main à qui nous devons les estampes de ces deux livres, je vous répondrai que je H^eû sais rien ; les uns pensent qu'elles sont de Sandro Boticello, tant pour le dessin que pour la gravure ; d'au-* très, que Baccio Baldini, Orfèvre, les grava sur les dessins de Boticello ; une note manuscrite que Ton voit au haut de la première de ces vignettes, au Cabinet du Roi, les attribue à Masso Finiguerra * ; en sorte qu'il est difficile de rien affirmer là-dessus en connoissance de cause. En attendant que nous acquérions là*dessus des lumières, je vais suppléer à la description très imparfaite qu'a donné feu Debure de cette rare édition du Dante, la première qui ait paru avec le conunentaire fort prolixe et fort ennuyeux de Landino. C'est un in-folio de très grand format, avec signatures et quelques réclames, mais sans chiffires de feuillets et sans registre de signatures. On y trouve d'abord douze feuillets contenant un long prologue, du Commentateur Landino, dans lequel il fait l'apologie du Dante contre ses calomniateurs, suivie d'un catalogue des Florentins illustres par la Science, l'Eloquence^ la Musique, la Peinture et Sculpture, le Droit civil et le Commerce : vient ensuite une vie du Dante, après laquelle Landino parle de la poésie et de son origine, de la fureur poétique ; puis il rapporte une lettre latine de Marsile Ficin, sur son Commentaire, lettre qu'il traduit en Italien ; et il finit par une description de la forme et de la mesure de l'Enfer, des Céans et de Lucifer, d'après

* Voici cette note écrite par une main italienne : Masso Fini* guerra, Fiorent. 1480, etc. ; au-dessous de 1480, une main plus récente a écrit 1460.

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les idées du Dante. Après ces douze premi^s feuillets, commence le texte du premier Chant de TEnfer^ accompagné du G>mmentaire de Landino. La première planche se trouve an bas de ce premier feuillet recto du texte, et la seconde au verso du feuillet premier de la signature b. Après le feuillet sixième de la signature S, avec lequel finit le vingt-<iuatrième Chant de l'Enfer, on trouve le Prologue de Landino sur le Purgatoire en une page et denûe; et après le Purgatoire, qui finit avec le sixième feuillet de la signature* o o, vient un nouveau Prologue, d'une seule page, sur le Paradis, qui finit au verso du dixième feuillet de la signature X, où se lit la souscription rappcMtée par Debure, et imprimée en huit lignes, en caractères majuscules. Les deux derniers feuillets du volume sont tous blancs. Cène souscription du Dante apprend que Sédition est sor* tie des presses de Lorenzo délia Magna, le même qui avoit publié en 1477 le livre de Bettini. Cet Imprimeur aimoit la gravure ; outre que ces deux éditions du Bettini et du Dante sont ornées de vignettes en taille-douce, il a encore donné un troisième ouvrage qui est enrichi de cartes gravées sur métal. C'est la Geografia in tenfl rima de François Berlinghieri, dont il n'y a eu qu'une seule édition très rare, que vous ne serez pas fâché de connoltre par quelque détail ; feu Debure ne l'ayant pas indiquée dans sa Bibliographie, et David Cément lui ayant donné un article très peu satisfaisant dans sa Bibliothèque curieuse, Tom. 3, pag. 189. C'est un in-folio de la même forme jjue le Dante de 148 1, imprimé à deux colonnes, avec i^es mêmes caractères que le texte de cette Edition du Dante, avec signatures et les titres courans en lettres majuscules, et enrichi de cartes gravées sur métal, qui ne valent pas mieux (quant à la gnt'

vure) que celles du Ptolémée, éditions de Rome 1478 et 1490, irhfoliû. L'Ouvrage écrit in iar:^a rima, est partagé en sept Journées ou Chants : ce n'est point, comme on Ta cru, une Traduction en vers de la Géographie de Ptolémée, qui a seutèment servi de guide au Poète pour la Géographie ancienne, comme Flavius Blondus Ta guidé pour la moderne. II y a deux sortes d'Exemplaires de cette rare Edition ; les uns, tels que ceux du Roi * et de la Casanate à Rome, n'ont d'autre titre que celui qui est imprimé en caractères majuscules au vtrso du premier feuillet, dont le recto est tout blanc : le dernier feuillet du volume qui tient au cahier, 7 est blanc des deux côtés, en sorte que l'on n'y voit point le nom de la ville et de llmprimeur ; ce qui a fait désigner ces Exemplaires-là par vêtus editio sine anno et nomine loci et Typographi. D'autres exemplaires, absolument semblables aux premiers pour tout le corps du volume, en diffèrent seulement en deux points, i^. sur le recto du pre* mier feuillet, on a imprimé après-coup et avec de l'encre rouge, le titre suivant : Geografia di Francesco Berlinghitri, Fiorentino, in ten^a rima et lingua Toscana, con le sue tavole in varii siti et provincie seconda la Geographia et distinctione de H tavole di Ptolomeo. Cum gratiâ et privilégia. 2*. On a déchiré le dernier feuillet blanc du volume, pour en subs* tituer un autre qui ne tient pas au cahier, qui est du même

* Cet exemplaire du Roi, côté G, n^. 37, est relié aux armes et avec les emblèmes et chiffres de notre Roi Henri II. On voit sur la couverture ées H et des D entrelassés, avec des croissans, des arcs, des carquois et autres symboles de la chasse et de. Tamour. Le P. Labbe, indiquant cet exemplaire dont les canes sont enluminées, estropie le nom de TAuteur, qu'il appelle Bertiugeri et Bertingerus, Voyez les pages 340 et 436 de sa nova Bibliothecamss. lihrorum^ i653, in-4«.

papier que le reste du volume, et sur lequel on a imprimé avec les mêmes caractères que ceux du volume^ le registre des signamres ; et à la suite» la souscription que voici : Impresso in Firm:^ per Nieolû Todesco^ e etnendato con somma diligmtia ddlo auiare. J'ai vu trpis Exemplaires diffèrens de cette seconde espèce ; savoir, celui de la Bibliothèque Mazarine, n**. 516, et deux autres, Tun desquels j*ai acquis pour M. Crevenna. A ces différences près, je peux vous assurer, après un examen attentif, que c^est une seule et même Edition^ dont les exemplaires de la seconde espèce sont plus commodes, parce que le registre des signatures qui y est, sert à vérifier les feuilles et les cartes du volume, pour s'assurer s'il est complet. Q.ue l'Imprimeur nommé ici Nicolo TodescOy soit le même que le Nicolo ddla Magmi^ qui a donné le Bettini et le Dante, c'est ce dont il n'est pas possible de douter, en comparant le Berlinghieri avec le Dante, imprimés l'un et l'autre avec les mêmes caraaères, et sur le même papier marqué d'un chapeau de Prélat ; ce qui me persuade qu'ils sont tous deux sortis de la presse à peu près dans le même temps, surtout quand je considère que Berlinghieri dédie son Poëme à Frédéric d'Urbin^ mort en 1482, et qu'il le composa sous le Pontificat de Sixte IV, qui monta sur le siège de Rome en 147 1, et qui mourut en 1484. Au surplus, je dis l'Édition de Berlinghieri du mime temps à peu pris que le Dante, sans vouloir assurer, avec quelques Bibliographes, qu'elle parut entre 1474 et 1478; et sans décider, ave^Apostolo Zeno, qu'elle doit être fixée entre 1490 et 1500. En pareil cas, la prudence semble demander que l'on prenne un miHeu, comme a fait le Rédaaeur du Catalogue de Floncel, (n"*. 3089} qui la fixe à 1480 environ. Crescimbeni, C^drio

et autres, ont parlé de ce. Poème de Berlinghieri ; mai$ aucun ne l'a fait avec plus d'exactitude que le G>mte Mazzucchelli. Tome 2, page 957 de ses Scrittm luUiam, que je vous invite à lire^ pour suppléer à ce que je ne dis pas

L'Injprimeur à qui nous devons les deux livres dont je viens de vous entretenir, aussi bien que celui de Bettini, en imprima plusieurs autres à Florence depuis 1475 ou 1476 jusqu'en 1487. Il s'y nomme tantdt Nicole di L^rem^p délia Magna % tantôt NUolo Tedesco, et quelquefois Nkolaus tout court, ou Nicolaus Diacesis Uratistavimsis, c'est-à-dire, de BreslaWf et non pas Brestaw, comme l'a écrit Orlandi, page 133 de son CMgine ddla Stampa. Voici la note des principales Editions données par cet Artiste. J'en ai vu la plus grande partie ; les autres me sont indiquées par des Gitalogués, auxquels on peut se fier sans crainte de méprise. Je commence par celles qui sont datées, pour finir par celles qui sont sans date.

I. ALPHONSI f Toletani, Episcopi, QtuesHones super Ltbris 4ristoielis de Anima. 1477, in-fol* petit format. Cette Edition du Livre d'Alphonse Vargas^ de Tolède, Evéque de

* Délia Magna pour d'Allemagne^ n'est pas plus singulier que Ala magna employé par Fazio, Liv. 2, Chap. 4, Tercet 9 du Dicta mundi, et que Patavia alœ magna pour Paffiiu en Allemagne, mot par lequel Paul Frideaperger a désigné son pays à la fin du Lucrèce qu'il imprima à Vérone en i486, in^fùlio^ let très rondes, avec signatures (chez le Roi, Y. n». 733). La date vie yigesimo octa^o Septembris^ Calen. Octobris qui se trouve à la fin de ce Lucrèce, a embarrassé Maittaire et Orlandi. Il me paroit qu'elle n'est inintelligible que par Tomission du mot quarto avec Calend. En suppléant ce mot oublié, rien de plus clair, le quatrième jour des Calendes d'Octobre répondant au 28 Septembre.

Stville, mott en 1359, est for; fare» et mconfioe à Fabridus et àMaittoire. Orlandi, page 131 de son Origine ddla Stampa, la dit du 26 JuiUet 1477. Il en existe un Exemplaire dans le Cabinet de M. F Abbé de RuUe^ Bibliothécaire du Grand-Duc à Florence, qui m'a communiqué. Tan* née dernière , à Paris , le Catalogue manuscrit de sos Livres, parmi lesquels il y en a de fort précieux. Je ne la connois nulle part à Paris.

2. Carmin Cdsi de Medicina Libri VIIL 1478, in-fcliOy petit format, caractères ronds, avec des signatures qui ne commencent qu'au second cahier par a. Il y en a un Exem^plaire à la Bibliothèque du Roi, côté T, n"*. 71 to. En tète on doit trouver un feuillet seul, dont le recto est blanc, et au verso duquel est une Lettre latine de Barthélemi Fontius à son ami Saxettus. J'ai vu des Exemplaires où manquoit ce feuillet, qui est dans ceux de Bonne-Nouvelle^ à Orléans, et de mon ami M. Crevenna, à Amsterdam. Debure le Jeune (n** 1801 de sa Bibliographie) n'a rien dit de ce feuillet nécessaire.

3. n Lihro delV Agricultura di Piero Crescentio. 147S, die ij Juïii^ in-fol. petit format, caractères ronds avec signatures. L'exemplaire du Roi (S. n*. 270) est très beau ; les lettres grises en sont enluminées et rehaussées en or. Au commencement du Volume, il doit se trouver six feuillets pour les Prologues et la Table. Les signatures ne commencent qu'après ces six feuillets. J'avertirai, par occasion, que la première Edition de l'original Latin de Pierre'de Crescent, est celle d'Augsbourg, per Johannem Schus:^^, circiter xiiij Kakndas Martias anno 1471, in-folio à longues lignes, sur papier fort, avec signatures. Debure ne laisse que des incertitudes sur l'existence de cette Edition rare, dont j'ai

vu on Esempiake dan» le Cabinet de M. Girardot de Pré^ fond.

4. Jacobi de BORGIANIS vita matrivumalis régula^ 1482, tn^4''. Je ne connois cette Edition de Nicolas^ que par le Catalogue manuscrit des Livres de M. TAbbé de Rulle» et je ne l'ai vue dans aucune de nos Bibliothèques de Paris. Probablement Jacq. de Borgianis n'étoit pas Italien, puisque Mazzucchelli ne lui donne pas d'article dans le Tome 3*. de ses Scrittari Italiani.

5. LeoniS'Baptista ALBERTI^ Florentini, de readificaUh ria apus. 148s, quarto cbalendas Januarias ; in-folio» petit format, feuillets non chiffrés, avec signatures et un registre, selon lequel primum album doit être pris pour le recto de ce premier feuillet, au verso duquel 6n lit une Lettre d'Ange PoUtien à Laurent de Médicis. Debure, n"" 2096 de sa Bibliographie, décrit exactement cène Edition, dont j'ai vu l'Exemplaire du Roi, V. n®. 313,

6. GILIBERTI Sermones super Cantka Canticorum Sah^ mords ^ 148s, sexto decimo cbalendas Matas ; in-folio, petit format, avec signatures et réclames, sans chiffres aux feuillets. L'Auteur de ces Sermons (il y en a quarante-huit) sur le Cantique des Cantiques, étoit un Bernardin Anglois, nommé Gilbertus ou Gillebertus de Hoylandia, qui vivoit sur la fin du douzième siècle. Voyez son article dans la Biblioth. Lat. med. œtat, de Fabricius, qui n'a pas connu cette édition de 1485, dont j'ai vu un Exemplaire, je ne sais plus où : il y en a un autre dans la Bibliothèque Casanate à Rome.

7. / Morali di S. GREGORIO papa, volgari:^ati per Matteo Z AN OBI da Strata, Protonotario Apostolico, i486, m*fpl. 2 vol. Cette traduction des Morales de S« Grégoire

— tes —

sur Job n*est pas toute entière de Zanobi^ qui a fini au dixhuitième Chapitre du Livre dix-neuvième. Le reste a été traduit par un Anonyme. La Souscription se trouve à la fin • du second Volume. Voyez Ârgelati et Paitoni, dans leurs Bibliographies des Traducteurs Italiens que je n'ai pas sous la main. L'original latin de ces Morales de S. Grégoire parut à Rome apud S. Marcum, en 1475, in-folio : en la même année parut aussi à Venise la traduction ItaUenne des Dialogues du même Pape, par Léonard d'Udine ; ce que j'observe, parce que Debure n'a indiqué aucune de ces éditions rares dans sa. Bibliographie.

Voici maintenant les éditions sans date du même Imprimeur.

8. Incomincia il bdlissimo et utile Tract ato contra il peccato délia lingua, à la fin duquel on lit la souscription suivante en lettres capitales : Finit per Nicolaum Florentie, Deo gra^ tias, amen. Volume m--^°. grand format, imprimé avec les caractères de la première édition du Livre de Bettini, sans chifires ni réclames, avec signatures et un registre. C'est le Livre intimlé dans les éditions suivantes, Pongi (ou Pungi ou Pongie) Lingua, écrit par Domenico Cavalca, da Vico- Pisanp, Dominicain, mort en 1342 *. Le P. Echard (Script. Ord. Pradicat. tom. I, pag. 878) cite cette édition-ci du Pon^ Lingua, faite à Florence par Nicolas, in-folio, sans

* Cette date de la mort de Cavalca en 1 342, est solidement établie contre le P. Echard qui le fait vivre en 1493, par M. J. Bottari dans la Préface qu'il a mise en tête de l'Edition par lui publiée à Rome en 1 738, in-8, du Specchio di Croce, Le même Bottari a aussi donné en i75i, in-S^. le Pongi Lingua^ et en 1763 VEspositione sopra il credo^ Dans la Préface de celui-ci, il indique différents écrits de Cavalca, dont Echard n'avoit pas fait mention.

date, d'après rExempIaire existant à Rome, dans la Bibliothèque du Cardinal Imperiali ; et il la donne pour antérieure à celle de Rome, 1472, in-foL * Je ne suis pas, sur ce point, de Tavis du P. Echard, et je jugerois l'édition de Florence plus récente et de 1475 à 1477. Q.uoi qu'il en soit, ce Pungt Lingua de Cavalca, qui avoue de bonne foi dans son Prologue n'avoir presque fait que de traduire en Italien une partie de la Summa de Vitiis de Guillaume de France (c'est Guill. Peraldus); ce Pungi Lingua^ dis-je, a reparu plusieurs fois durant le quinzième siècle. M. Crevenna en possède trois Editions, dont deux de Florence, en 1490, in-fol., et en 1494^ (^-4^.; et la troisième de Venise, même année 1493, le 8 Octo'bre, in-^°. Le même Cavalca a donné d'autres Ouvrages Italiens, un Libro delta Patientia, un autre de' Fructi de la Lingua, un Specchio di Croce, etc., tous cités, pour la pureté du langage, dans le Dictionnaire de la Crusca. Crescimbeni parle aussi de ce Dominicain, à cause de ses Poésies mystiques, tom. 3 de ses Comment tari délia volgar Pœsia, pag. 141, édit. de Venise, 1730.

9. Opus Aristotdis de Moribus, ad Nicomachum , interprète Joanne ArgyropilOj avec cette souscription à la fin : Finit per

* Cette Edition de 1472, dont il y a un exemplaire chez le Ro (D. n<>. 6091), est comme je l'ai dit pag. Sa de mon Supplément à FHist. de l'Imprimerie, de Pr. Marchand^ sans nom de Ville ni d'Imprimeur ; mais l'Epitre de Jean Philippe de Lignamine à Mathieu de Marcha^ Abbé de S.. Placide, qui s'y trouve au commencement, et rinspection seule du volume, prouvent qu'elle a été £Eiite dans la maison de ce célèbre Médecin, et avec les caractères d'Ulric Han ou Gallus ; c'est un petit in-folio à longues lignes, sans chiffres, réclames, ni signatures. Il y a sur Jean Philippe de Lignamine^ un article curieux dans le Spécimen historicum Typographii Romàna XV secuU ^ du P. Laire, Minime, pag. 88, no t. 118.

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me Nicolaum Flormtie^ in-folio, belles lettres rondes, tvec signatures, édition très rare, décrite avec soin par M. Cxtvenna, Tom. 2, pag. 27 et 28 de son Catalogue.

10. Vita dd Beato Giovanni Colambinij composta per Fw BELCARI; con una laude dd Beato Giovanni Cohmbim e parte délia vita d'alcuni servi di Yesu Christo chiamati Yesuati ; avec cette souscription en lettres capitales ; Finit per me Nieholaum Florentie^ in-folio, petit format, belles lettres rondes, avec signatures. Voyez-en la description dans le même Catalogue de M. Crevenna, tom. 5, pag. 86. L'Abbé de Rulle ne possède que la seconde Partie de ce Volume, laquelle contient les vies de quelques Jésuates, sans celle de leur Fondateur. D'autres n'ont que la première Partie du Volume, c'est-à-dire, la seule vie de S. Jean Colombin, que Belcari écri^nt en 1449. Mazzucchelli, ordinairement si exact, ne parle que de cette première partie, à l'article de Belcari, tom. 2, pag. 621 de ses ScriUori Italiani, où il indique les autres Éditions de ce Volume *. La Bibliothèque du Roi possède celles de 154 1, et de Rome 1556, in-4^. ** Elles contiennent les deux parties de l'Ouvrage de Belcari, que je suis surpris de ne pas trouver indi- . que dans le nombre des Ecrivains dont s'est servi le P. Helyot, pour dresser l'article de S. Jean Colombin et des Jésuates, qui se trouve Tome 3 de son Histoire des Ordres Monastiques.

* Dans ce même article de Belcari, Mazzucchelli se trompe en disant in'4\ les Vite de SS. Patri volgari^ate^ édition de Venise, Gabriel da Pietro, 1475. Ccst certainement un volume in* folio^ fort bien décrit dans les Mémoire del Valvasense, tom. 12, pag. 86-96.

** Cette édition de Rome ex officina Salviana^ porte au frontispice la date i538,età la fin avant le registre, celle du 38 Juin iS56.

Les dix éditions dont vous venez , mon cher Baron^ de lire les titres^ sont incontestablement du même Imprimeur qui a donné le Becdni de 1477, le Dante de 1481, et le Berlingbièri. Je suis persuadé qu'il en est sorti plusieurs autres des presses de cet A^rtiste, soit qu'il y ait mis son nom^ soit qu'il ne l'y ait pas mis. Pour reconnoltre ces dernières, il faudroit les comparer avec celles où il s'est nommé ; mais ma position actuelle ne me permet pas de Éaire cette comparaison.

Dans quelques jours je vous enverrai l'article que vous me demandez sur le Dita tnundi ; mais ce sera^ je vous prie^ le dernier, au moins pour ce moment-ci : je suis pressé de reprendre un travail trop longtemps suspendu, et d'interrompre pendant six ou sept semaines notre correspondance sur les anciennes Editions du quinzième siècle^ que je vous invite à rechercher toujours avec une nouvelle ardeur.

J'ai rhonneur d'être, etc.

Paris^ ijS Décembre 1782.

LETTRE m Sur le Dita Mundi de Fa:çio de gît Uherti.

[ncore un Poème in ter(a rima, mon cher Baron, et un Poème d'un autre Florentin. Fazio * degli Uberti qui l'a composé, étoit né d'un père et d'un ayeul distingués par

* Fapo est un diminutif de Boni/apo ; c*est ainsi que les Italiens disent Cecco pour Francesco, Mœço pour Tommaso, Meo pour BartoIomeOf Feo pour Maffeo^ Peppe pour Giuèeppe, Ifàpo pour JacopQ, etc« Le Père de notre Fazio se. nonimqit Lapo; il

leur mérite ; mais le Peui^e de Florence s*itût soukvè contre la Noblesse, en 1343, notre degli Uberti fut forcé de quitter sa Patrie, et ce fut sans doute pour charmer Tennui d'une retraite forcée^ qu'il s'occupa à composer son Poème. Il est intitulé Dita mundi dans les deux seules Editions que l'on en ait faites. La première parut à Vicence, chez Léo* nard de Bâle, en 1474J itinfolio à deux cobnnes, caract* ronds ; et la seconde^ (qui est^ à mon avis, une copie de l'autre) sortit des presses de Qiristophoro di Pensa da Mandelo à Venise^ en 1501,1e 4 de Septembre, tiK^"* Celle-ci^ quoiqu'avec un frontispice imprimé en Gothiques, est en caractères ronds. On y a dénoué la majeure partie des abréviations de la première ; elle n'est point du tout conmaune ; mais celle de 1474 ^^ incomparablement plus rare et plus chère : on ne la trouve pas à la Bibliothèque du Roi, non plus que dans celles de Ste Geneviève, de Mazarin et antres. Aussi Debure dit-il dans sa Bibliographie, n''^ 3454, n'en avoir point vu d'Exemplaires. C'est qu'il ne connoissoit pas celui qu'a possédé jusqu'à sa mort feu M. Floncel^ chez qui il auroit pu le voir comme moi. Cet Exemplaire étoit très beau ; et il n'existe plus, si l'anecdote suivante est vraie. On raconte qu'un Amateur Anglois ayant donné commission à quelqu'un de l'acheter pour lui, sans fixer de prix, le Livre fut porté jusqu'à 800 liv., et que l'Amateur, outré de l'avoir payé si cher, le jeta au feu de dépit, dès qu'il lui fut parvenu.

Si jamais on vous présente cette Edition rare, ayez grand

fut bon Poète et mourut vers 1 3oo à Orestagni (nommée autrefois Arestano) ea Sardaigne, où son fils, quand il passa là, fît faire un service pour le repos de son âme, comme il nous l'apprend au Chap. r2 du Livre 3 de son Poème.

s aiii de vérifier si les signatures y sont. G>mme, par une bizarrerie singulière, l'Imprifneur les a placées deux bons pouces au-^dessous de la justification des pages, il arrive souvent qu'elles ont été enlevées par le couteau du Relieur *. j'en ai sous les yeux un Exemplaire très grand de marges, mais qui est malheureusement criblé de piqûres de vers. Il y en a un parfaitement beau chez M« Crevenna à Amsterdam. Je ne vous donnerai point de description de cette première Edition, toute rare qu'elle est, non plus que de la seconde qui est ici chez le Roi, Y« n^'. 3662 et à Mazarin, n^. 10929. Vous pourrez aisément prendre là-dessus les notions Bibliographiques les plus açiples dans les Livres que j'indique au bas de la page **, surtout si vous avez l'attention de rectifier les uns par les autres. En vous renvoyant aux Livres^ j'évite le dégoût de répéter ce qu'ils ont dit, et

* Cette position bizarre des signatures n'est pas tellement particulière tL\x Ditta Mundi de 1474, qu'elle ne se trouve encore dans d'autres Editions du quinzième siècle. Je l'ai observée dans l'Horace de Milan, Phil. de Lavagnia, 1476, in-foL petit format, caract. ronds ; où non seulement les signatures sont placées deux pouces plus bas que la justification, mais rejettées à la marge droite du Volume, au point que rarement on en trouve des exemplaires reliés (quelques beaux de marges qu'tU soient) où paroissent encore ces signatures. L'Exemplaire du Roi (Y. n^*. 978). ne présente plus que quatre vestiges mutilés des signatures; celui de M. le Comte Dur.., dont les marges ont été plus ménagées, en offre un plus grand nombre : mais l'Imprimeur les a reculées si loin dans la marge, qu'il est fort ordinaire de ne les plus trouver. Aussi ne connois-je aucun Bibliographe qui ait averti que cette Edition rare- de 1476 avoit des signatures. Feu Debune re s'en est seulement pas douté, n». 2713 de sa Bibliographie.

** Franc. Saverio Quadrio Storio d'ogni Poesia^ vol. iv, pag. 47. — Cbescimbsui, Istoria deila volgar poesia^ Tom. 3; pag. 161 , édit de Venise 173e. -^ Paitohi, Tom. XI, pag. 240 des Memo^

je me ménage le plaisir de vous faire coonoitrc le &mis dn PoCme, d'en extraire quelques singularités les plus remarquables, et de fixer, par ces notions, le vrai caraaère d'un Ouvrage dont on s'est contenté de bien désigner les deux Editions, sans nous dire presque rien de ce qui intéresse un peu davantage dans un livre quelconque^ surtout quand ce Livre fait texte dans une Langue.

Le Poème de Fazio degli Uberti est partagé en six Livres, divisés chacun en Chapitres plus ou moins nombreux, et toujours précédés de leur Sommaire. Le premier Livre a 29 Chapitres; le second en a 31 ; le troisième, 23 ; le quatrième, 27 ; Iç cinquième, 30 ; et le dernier 14 seulement. Ce n'est ni une Géographie proprement dite, comme celle de Berlinghieri, ni une Chronique en vers, mais une relation rimée d'un voyage dans les trois parties du monde alors connues ; relation dans laquelle l'Âqteur rappone différens traits de l'Histoire ancienne et moderne, civile, ecclésiastique et naturelle, des difiérens pays où il a passé ; eh 1 que dis-je^ où il a passé ? Notre Poète avoit-il donc parcouru tous les pays dont il parle, l'Europe, l'Asie, l'Afrique ? N'en croyez rien, mon cher Baron ; les Italiens disent, à la vérité, que Degli Uberti, forcé de quitter Florence, se mit à faire des voyages en Europe, et que c'est la Relation de ces voyages qu'il a consigriée dans son Poème *.

rie del Valvasense, — Apostolo Zeno Dissertaponi Vossiane^ T. I, pag. 23 et 24, et Catalogue de M. Crevenna, T, IV. pag. 19 et 20. La description donnée par ce dernier, de l'Edinon de 1474, est de la plus grande exactitude : il n'y a rien à y a]outer, sinon que, dans cette Edition, l'Imprimeur a laissé en blanc la place des lettres grises, pour ^tre faites à la main.

* Voyez Crescimbeni et Quadrio^ cités ci-dessus. Le premier dit : « ?wo.,. firo gran parte delV Europa^.,\AxVèimo^o..^z\k^

— Ï7S — Mais ce Poème contenant la description de TAsie et de TAfrique, aussi bien que celle de l'Europe, je pense qu'il ne sortit jamais de son Italie ; et malgré l'assurance avec laquelle il dit toujours avoir vu les objets, je suis fort tenté de penser qu'il n*a guère voyagé hors de son Gibinet. N'avons-nous pas en France un Voyageur François j qui parott avoir parcouru toutes les contrées dont il parle, sans qu'il soit pourtant sorti de la rue S. Jacques à Paris ? Quoi qu'il en soit de la réalité ou de la supposition des Voyages du Poète Florentin, parcourons son ouvrage.

Livre I". Après avoir montré, dans un premier Chapi* tre, la disposition louable où il est de fuir le vice et de suivre la vertu, l'Auteur rencontre Saint Paul, premier Hermite : dès l'entrée de son voyage, il se confesse et continue son chemin. Une vieille femme qu'il trouve en route, tente, mais en vain, de le détourner de l'idée de voyager. Il poursuit son chemin et rencontre Ptolomée, l'Auteur de la Géographie, qui lui démontre la rondeur du globe, et qui le fortifie dans son goût pour les voyages. Bientôt il rencontre Solin, qui lui donne des leçons de Géo«graphie sur les trois parties de la terre^ et qui devient son guide et son compagnon. Notre Poète l'interroge sur la situation du Paradis Terrestre; question dont l'on juge bien que la réponse n'est pas fort satisfaisante. Nos deux Voyageurs rencontrent la ville de Rome sous la forme d'une femme qu'il peint à sa manière ; le Poète la prie de lui faire son histoire ; elle se prête avec complaisance à satisfaire sa curiosité, lui trace la suite chronologique des

« spezialmente contiene quanta Fazio vid€ ne' sud Viaggi. * Et « l'autre : t Nella quale spe;(ia)i|)entç parro 0 dçscrisse quanto « yi^# »€' $u6i viaggi. V

premiers Rob dltalie, depuis Janos jusqu'à Sonondns; dk parle de la fbndadou d*Albe, et des dmae SyUUttSf f^de renlëvement des Sabines, des saccesseora dé Roinhi , jusqu'à Tarqnin^ de la mort de Lucrèce^ de ^^tos le Consul, de la i^ et a* guerres Puniques, sans oaUiar.ScçioB TAfricain^ dont elle £ût un bel éloge ; après qm tieot k récit des £ùts postérieurs» l'histoire de Marfaxs» k coBJonr tion de Catilina, et les Tictoires de Poo^pte^ lî^ estfc sujet des 29 Chapitres du i*'. Livre, dans lequel le Potes sein de semer de temps en temps des Sentences nonks et des Proverbes qui méritent d'être retenus. Ea voio 4^ob trois :

c Ziaschum dentrar ne le batagHe atema *

« Sel non e mato e quelo e piu pregîato

c Che poi chel ne piu vede et che men tréma.

c Et qui ben puoi veder chel non rispoode**

c Hognor la fine come va n prindpio

c Ne ogni arbornon firucta che fa fronde.

« Non creda alcun che questi cnondan béni ***

« Se possano acquistare et poi tenire

« Senza gustar sapor de piu veneni.

La Ville de Rome, toujours personnifiée^ continue» dans les trente premiers Chapitres du second Livre, Thistoire de ses Empereurs depuis César, sans oublier ni les offices de Censeur, de Questeur, de Centurions^ etc. ni les Enseignes Romaines, ni les Triomphes ; elle a soin, sous chique règne, de citer les événements les plus remarquables, les hommes illustres qui se sont distingués, et même les Pères de l'Eglise et autres Ecrivains. Au Chap. 4, qui

* Cbap. 7, feuillet 5, recto de la tigntt. b. Edit. de i5oi, in-4*. que je dtt depri* féreoce, parce qu'elle est moioi rare que la première. ** Cbap. 33, feuillet 7 recto, de la signature e. Chap. 35, feuillet premier Terso de la signât, f.

traite d'Auguste, nomme Octaviano par le PoSte, je remarque ces quatre tercets sur Virgile et Homère» et sur la naissance de Jësus-Christ :

In questo tempo spîroe en Brandicio * Virgilîo mantouano le oui ossa Fuc traslatate a più nobel hospicio

Similimente perdeo ogni suo possa De membrî suoi e de bel dire Horatio Et io nel campo mio gli fei la fossa

Cinque millia cento sesanta nove eventi Ânni eran iti dal tempo che Âdamo Sol che havea visso et senza vestîmenti

E sono al dio che del virgineo ramo Nacque el bel fior che alumino el mondo Et che la mie speranza el mio rechiamo

Dans le Chapitre 28*. » histoire d'un miracle arrivé à Paris du temps du Roi Louis [c'est S. Louis) miracle dont il est fait mention dans V Abrégé chronolog. du Président Hénault, pag. 235, édit.de 1761, in-8*. Voici les vers de l'Auteur :

In questo tempo ragionar entesi ** De un miracol bel che fu in Parigi El quai vo noti si comel comprisi.

Dico dove era presso el Re Luigi Levando in prête el cprpo de Christo Fra giente asai de giovani et de viegi

Che tra le mani in fanziulo fue visto £1 quai era si bel dal capaai pede Che detto aresti sempre qui misto.

Hor nota d'uno Re veracie fede Che si chiamo che Tandase a vedere Rispuose quel ne vada chel nol crede.

* FeoiUet 8 recto de la iigntt. g.

'* FettiHet 8 Terao de la tigoau m.

Dans le 3 1*. et dernier Chapitre de ce a*. Livre^ TAuttit quitte Rome, et pan de cette ville pour aller (tonjoiusdi compagnie avec Solin) parcourir le reste de Tltalie et d'astres pays.

Troisième Livre. Ils vont à Naples par la route que dm Virgile ; ce qui donne au Poète l'occasion de décrire ce beau pays.

Vidi Vesubio che sa lume altnii * Et vidi i bagni antichi buoni et sanai Dove anegoe baia lostieri fui,

Soavi colli et piaceveli pianî Passamo et trovamo moite selve.

De pomi ranzi et altri fructi strani.

Tanto e el paese piacevole et caro De belle donne et al ta ligiadria Che piu che non dove ne fier riparro.

Ils parcoururent la Fouille, la Terre de Labour, la Cala-

bre, la Romagne, Venise, le Frioul, la Marche Trévisanc, le Padouan, etc. La description de toutes ces contrées est toujours historique ; on voit, par exemple, dans le chap. 4, qui traite de Milan, l'histoire des Visconti ; et telle est la marche du Pocte, quand il parle du reste de ritalie. A Gènes il va voir les reliques de TEglise de S. Laurent, et en particulier un vase d'émcraude d'un grand prix : aileurs, après avoir déterminé les bornes de Tltalie, nommant les lieux auxquels elle confine, (chap. xi) il parle de quelques pierres qui se trouvent dans la Terre, de Labour, une qu'il nomme firt:^:^ey de color giallo ma tftolîo rade; une autre nommée Vcrget'uviay qui est en partie brune avec des vei-

* 7* et 8" ûuiliets ai la sigT-.at. n.

nés blanches et qiasta par cbepiom ; la troisième esc Vingiuria, souveraine contre les douleurs de reins.

Nos Voyageurs s'embarquent (chap. 12) pour File do Corse et la Sardaigne ; puis ils vont en Sicile, dont Solin raconte à son compagnon les merveilles^ lui apprenant aussi les étymologies des noms de chaque pays. Ils arrivent en Épire, à Athènes, etc., dont on étale toutes les singularités. Le Chapitre 17* est • consacré aux histoires d*Athalante et du Sanglier énorme tué par Ménélagre. La peinture de cet animal monstrueux est très chaude de couleurs. Je voudrois vous la présenter ; mais il faut suivre nos Voyageurs en Boétie, entendre Solin fixer la situation de l'ancienne Thèbes, écouter le Poète qui raconte {chap, 19) les histoires de l'enlèvement d'Europe, et du Serpent tué par Partenopée : il faut bien aussi laisser faire à Solin la description du Mont Parnasse, (chap. 20 et 21) et disserter, tout en le descendant, sur différens pays : nous avons encore bien d'autres contrées à parcourir.

Livre IV*. C'est celui de tout le Poëme qui présente le plus de singularités dignes d'être observées. D'abord, par une fiction vraiment poétique, l'Auteur trouve en Macédoine un vieux château inhabité, dont la cour (Logid) quarrée étoit ornée de tableaux de marbre, où l'on voyoit sculptés plusieurs faits mémorables de l'ancienne histoire : Crès^ fils de Nembroth, Fondateur des Cretois ; Saturne et Jupiter avec Alcmène ; les travaux d'Hercule ; le Dragoti du Jardin des Hespérides, etc., etc., tels étoient les sujets de ces tableaux ; d'autres représentoient l'Histoire d'Alexandre et ses hauts faits, etc., etc. Il faut voir cette description dans les trois i*". Chapitres, aussi bien que celle du Mont Parnasse, dans le 4* ; les suivans sont employés à raconter

rt» '»•

ceque les deux Voyageom rat ^ea ^Bnût, ^dm:le^: (k Crète €1 de Dèk»» i Cbio et le iMti^ ë6la:4jrtoe, ils vont & Constaotinople» pour se fendue cnsaiie Peuples Barbares.

^ BéttiaH moMruosi et salfitichi

Qoanto k shnie che staa topra gV an>éif. -

Us passent dans la Dade, traversent la Scgrtfaiei

en Bohème et en Hongrie (Qiap. 14 et i%\ poi lir ensuite TAllemagne» la. Sooabe^ la Bavière/ ÛFisnp' nie^ les villes de Trêves et de Odogne^ \k Ifimb^ cm etc. Enfin, anrès avoir vu la Hollande, la t?xise»la Hnèe

etlaPicardie» ils parviennent en Noniiaiidie; -

El quai paese rico et buon ditengao *

Qui son be porti, armenti et piatiria La terra de gran fruoia et l'ier sana Et per tatto liaUtato par cbe sia..

Un fiume ve che si chiama Sicanà ** CHè bagna la cita de roto maguo *** Dove si trova dogne cessa humana.

Suite des Ducs de Normandie depuis Guillaume I. jusqu'à Robert Guiscard (Chap. 16.) De cette prcmnce les Voyageurs passant en France, rencontrent un Courier, qui, après les avoir abordés avec un souhait obligfeant (Dieu v» gart)^ leur demande où ils vont. — A Paris^ rèpondeiH!ils ; le Courier ne dit plus mot, et continue de cheminer pendant près de deux heures avec eux, gardant un pràÊoiûi silence. Le Poëte le prie de lui dire les causes de Tétat déplorable où il voit ce pays ; alors le Courier trace l'histoire •

* Feaillet premier recto de U eigoit. >.

** La Seine ; aa Chapitre 17 il la nomme Lauena.

'•• Rouen.

de la gaeire récemment faite par Edouard, Roi d'Angle^ terre, à celui de France ; et, ce qui mérite bien d'être observé, Crescimbeni, Qjiadrio et Zeno ne Tayant pas fait, tout ce récit du Courier est en tercets françois du temps (Chap. 17) ; mais l'impression en est si fautive, qu'à peine ce Frauçois-là est-il intelligible. Nos Voyageurs arrivent à Paris, et à cette occasion le Poëte trace, à sa manière, l'origine du Royaume, la suite des Rois de France jusqu'à Philippe de Valois et Jean son fils.

Tableau intéressant de Paris, Chap. 18.

Ciercato et visto ogue sua dignitate * Dicor per certo che quante vi sonno En Europa vincie de bontate.

Qui le science con lor dolce sonno Per tutto le divine et le moral!

La nocte et di udi cantar se ponno.

Qui son begli costumi et naturali Quanto de Âtenes mai quando sue donna De Filosofîa et d'arte libérale.

Questa dir puossi sostegnio et colon na De ciascuno che vale et vuol far bene Et ne bisogni suoi veracie alonna.

Cossî richezza et quanto si convene Ad la vita de Fhuomo la si trova Et con viya justicia si mantenue.

Les Voyageurs continuent de parcourir les autres Provinces de France, l'Auvergne, la Bretagne, l'Anjou^ le Dau^ phiné, sans oublier S. Antoine de Viennois ; puis ils prennent la route de la Provence, et font la rencontre d'un Pèlerin qui leur raconte en langage Provençal, (Chap. 21) le voyage récent du Roi de Chypre à la Cour d'Avignon. Ils arrivent à Avignon, dont le Poëte fait un magnifique éloge : en Gascogne, dans la Touraine, en Bretagne, d'où ils pas*

' Fcuill. 4 et 3 de 1« signât, y

sent en Angleterre, pour raisonner snr.les diflSiens noms de ce Royaume, sur ses merveilles, et ses Aois jusqu'à Edouard VI. che bora vive largo et pien dardire. lis vont ensuite en Ecosse et en Irlande, où ils n'oublient pas S. Patrice, etc. Enfin, ib passent en Espagne, dont le Poète rapporte (chap. 27) les différens noms, sans oublier les colonnes d'Hercule, le Portugal, etc.

Livre V. Nos deux vojrageurs arrivent en Afiique ; apercevant Pline (l'ancien) couché sur un lit comme il i'avoit vu à Vérone, le Poète court l'embrasser, et le prie de lui parler des douze signes du Zodiaque, de leur signification, du huitième Ciel et des astres qui y roulent, ainsi que du cours des planètes. Les réponses de Pline à ces questions remplissent les quatre premiers chapitres. Dans le cinquième il est question de l'Ue de Lisola et de ses arbres, qui portent des pommes d'or. Le Poète quitte Pline, et reprend Solin, qui lui conte l'histoire de Persée et d'Andromède, lui parle du mont Atlas et de ses productions singulières (chap. 6.); puis de la Numidie et des différentes parties de r Afiique ; il dit pourquoi les chevaux Barbes sont si légers à la course ; il parle des ours, de la girafe, des lions, de l'hyène, de l'onagre, etc. ; après quoi il fait la rencontre de Frère Ricolde, qui lui apprend qu'il étoit Florentin, qu'après s'être engagé jeune dans l'Ordre de S. Dominique, il avôit voyagé à Jérusalem et en Arabie, et qu'ayant appris la langue Arabe, il avoit étudié et traduit l'Alcoran *. A la

* On peut voir sur ce Ricolde, mort vers i3o9, et sur ses écrits la Bihl. Lat, Med. jEtat de Fabricius, T. 6, pag. 90 et 91, les Analecta Litteraria de Freytag, pag. 778 et suiv. et les auteurs qui y sont cités. Notre Poème est peut-être Téarit le plus ancien où il soit question de Ricolde.

prière des Voyageurs^ Ricolde &it donc la vie de Mahomei^i expose les différens points de la Loi, explique pourquoi elle défend l'usage du vin et de la chair de porc, parle d'un Livre (autre que l'Âlcoran) nommé Scala, qui règle les heures et la forme des repas, et avertit que jamais Mahomet ne fit aucun miracle, etc.> etc.; ce quî remplit les chapitres 10, 11% 12* et 13'. Le quatorzième roule sur la ville de Tripoli, le quinzième sur la Libye, sur Alexandrie et les autres villes fondées par Âlexandre-*le-Grand. Les suivans, jusqu'au 30* et dernier, sont employés à la description du reste de la Libye, et à celle de l'Ethiopie, ainsi que des animaux, des plantes, des pierres et des fleuves de ces pays, sans oublier ce qu'il y a de plus remarquable dans les mœurs des habiunts.

Livre VI. Nos voyageurs ont passé en Asie; ce qui donne lieu à Solin de parler de Babylone, du Caire, des Souverains de l'Egypte, du mont Sinaï, la dove Kattrina si ghrifica per Cristiani, Giudei et Canai, de la mer rouge, d'Édon, du mont Se3rr, de la Terre-Sainte, de Golgota et du Sépulcre de Jésus-Christ, où l'Auteur, les mains jointes, fait la prière suivante :

O Lucie sumay 0 padre infinitd^ *Ate Yanima mea sia racomando Si chesia degna al fin del tuo bel stfo.

Ce détail remplit les cinq premiers chapitres. Le 6* i^t consacré à la description de Jérusalem, du Temple de Salomon, et des montagnes de Sion et d'OUvet. Dans le 7*., détails sur Béthanie, sur la demeure de Lazare, sur Josaphat et sur Emaûs. En route, Solin et son compagnon trouvent un Pèlerin qui leur prouve que Joseph descendoit

' Feuillet 3, Terto ds 1t lifnat. VJ

de David, et qui leur fiait la gènèalog^ de la Vietg^, spar oublier ks mariages d'Anne et de ses enfims. Le 8* chifê tre traite de la création, de Touvrage des six joais, dt b puniticm d'Adam et de ses Descendans jusqa'i NoC; le 9* roule sur le Déluge et l'Arche, sur Quun maudis bn et sa postérité, par son Père, et sur ses Descendans» ainà que sur ceux de Sem et de Japhet; les deux i*^. tercep que void, sont remarquables en ce que le. î*'. veis ^ a* tercet est tout composé de mots latins :

Tanto multiplicoe fie primi tempi * Nt gli kmomini t peccaH cke Dio disiê Vêdindo en lorgran mali et grmn scem^ •

Penitet enim me eos fecisse Poi corne engrati et pien de luxuria Gli piaeque et volse cke ciascun périsse,

Enfin l'Auteur^ dans les cinq derniers Chapitres de soo PoCme, continue l'histoire de l'ancien Testament . jusqu'i'

la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, et il trace ]e portrait des Prophètes.

Telle est, mon cher Baron, la contexture du Poème qui ne paroit pas fini, le dernier Livre étant beaucoup plus court que les cinq autres^ sans doute parce que la mort arrêta le Poëte dans sa course,, vers l'an 1368. D'après l'esquisse que je viens de vous tracer, vous êtes maintenant convaincu que cet ouvrage n'est, à proprement parler, qu'une relation rimée des trois parties du globle alors connues. Si la fiction constitue le Poème et le distingue do récit historique, vous ne placerez sûrement pas Fazio de gli Uberti, dans le rang de ceux à qui le Gel a accordé mm divinior et os magna sonaturum. D'après Solin, Ptolomée et

* FcaiU. premier de U tigoat. G.

Pline, il a versifié ce qu'il avoit lu dans leurs ouvrages ; tout ce qu'il a imaginé se réduit à la fiction de ce vieux Château (Livre IV*) dont les tableaux en bas-relief présentoient riiistoire de Macédoine^ et à la supposition des entretiens qu'il a eus, tant avec les Ecrivains qu'il copie, qu'avec la ville de Rome personnifiée, qui lui trace elle-même le tableau de son Histoire, etc. Ce seroit être Poète à bon marché que d'en obtenir le titre, pour avoir employé des moyens si simples et qui coûtent si peu à imaginer. Il faut pourtant Convenir que dans cet Ouvrage il se trouve par-ci par-là quelques morceaux vraiment poétiques, quelques tableaux vigoureusement dessinés, tel que celui-ci du Rhône, Chap. 21 du IV*. Livre.

Rodano cerchia un bel paese e vago Tra Gallia et Narbona et nel mar sale Si riunoso et fîero che pare un drago.

Et cette agréable comparaison par laquelle commence lé Chapitre 17 du troisième Livre.

Corne nel tempo de la prima vera Giovene donna va per verde prato Punta de Taero de I9 terza spera.

Con gli occhi vaghi el core namorato Tolendo i fîori che gli par plu belli Lasciando gli altri che non glieno agrato.

Et colti i piu ligiadri et plu novelli Gli lega ensieme et fane una girlanda Per adornar H suoi biondi capelli,

Slmilemente îo de landa en landa Cogliendo ogni bel fior del monto andai, etc.

Mais les traits de cette espèce sont clair-semés dans ce Poëme ; et s'il est précieux aux Italiens, c'est parce qu'il leur présente un monument ancien de leur langue, et qu'il est cité par les Auteurs du Dictionnaire de la Cnisca pour

la pureté da langage. Comment cette considération n*at-elle pas déterminé lltalie à en donner une nouvelle Edicîoo, d'autant plus nécessaire que d'une part les licences dans le langage que Tauteur s'est permises \ et de l'antre» la multitude et la grossièreté des fautes typographiques rendent le texte inintelligible presqu'à chaque page» et impatientent le Lecteur le plus endurant ? Aussi l'Académie de la Crusca cite-t-elle dans son Vocabulaire, non les Éditions fautives, mais les Aiss« de ce Poème. Si j'avois eu en ma possesâon un exemplaire de la première Édition tel que celui sur lequel le P. Zeno, Religieux Somasque, avoir porté toutes les corrections d'après un bon et ancien manuscrit **, mon extrait auroit été plus exact et plus développé. J'aurois bien désiré pouvoir m'aider au moins du Mss. de la Bibliothèque du Roi, cité depuis longtemps par Labbe^ pag. 312, n^. cxc de sa twva BibL Mss. Libror. in«4*. ; mais les réparations à faire au vaisseau où sont placés les Mss. du Roi, ne permettant pas pour le moment d'en avoir communication, j'ai été réduit à £dre mon travail d'après les deux seules Editions ; vous ne serez donc pas étonné qu'il soit si imparfait^ et vous pardonnerez ces imperfections au désir que j'avois de vous faire çonnoître le fonds d'un Ouvrage que les Bibliographes Italiens euxmêmes m'ont paru avoir beaucoup trop négligé. J'ai l'honneur d'être, etc.

Paris, 3o ^Décembre 1782.

* Quadrio a remarqué plusieurs de ces licences particulières et propres à Fazio. Voyez le Tom. I. de la Storia d'ogni Poesia^ pag. 662, 737, 754, etc.

** Voyez Crestiftibeni, Tom. 3, pag. 163, not. 2odesa Siùria délia Vùlgar Pàe^a,

P. S. Au moment de fermer ma Lettre, on m'apporte le Tome V« de l'Histoire de la Littérature Italienne par M. Tiraboschi, que je n'avois pu me procurer avant de faire cet extrait. Je vous invite, mon cher Baron, à lire l'article curieux que vous y tnmverez (liv. 3, $ xviii, pag. 405-408, Edit. de Modene 1775, in-4*) sur Fazio et sur son Poème. M. T. y observe que Fazio est un des meilleurs Poètes de son temps, in cio singolarmente che è fonça eePenergia distile. Il indique les deux passages du Pofime écrits en langue Françoise et Provençale que je vous ai cités ; et pour expliquer les différentes difficultés de dates qui se présentent dans le Poème où un événement antérieur est raconté postérieurement à d'autres, le Docte Historien de la Littérature Italienne pense » qu'après avoir fait son ouvrage, l'Auteur le retoucha et y ajouta le récit des événemens' postérieurs, laissant subsister ce qu'il avoit dit précédemment d'autres faits. Ne pourroit-on pas donner une explication aussi plausible, en conjecturant que les différens livres du Poème n'ont pas été composés dans Tordre où nous les avons à présent ? Fazio, par exemple, a pu écrire le Chapit. 18 du Livre IV«, où il parle du Roi de France Charles V. qui succéda au Roi Jean en 1 364, avant le Chap. 21 du même Livre, où il raconte le voyage du Roi de Chypre (en i362) à Avignon : il a pu composer son Chap. 4 du Livre 3, où il parle de Jean Yisconti, comme encore vivant et qui mourut en i354, avant le Chap. 3o du 20 Livre où il est raconté le couronnement de l'Empereur Charles IV,qui se fît seulemekit en i355. Que pensez-vous de ma conjecture?

Puisqu'il me reste du papier blanc, je vais mettre sous vos yeux deux ou trois expressions singulières de notre Poème . Au Chap. 7 du 2« Livre, Rome personnifiée, pour dire qu'après avoir été maîtresse du monde entier, elle n'est plus rien, s'exprime ainsi :

Bella fa io et fol doona del moodo Et hor fo men che otl A B la A lola.

Dans l'alphabet, la lettre A toute seule n'a pas plus de valeur qu'en arithmétique le zéro sans unité.

An Chap. 25 du 2* Livre ^ pour exprimer la longue vie d'un certain Jean qui vécut 36o ans, le Poète dit qu'il vécut trêttta set erocie d^anni. Le chiffre romain X est une crcnx, et 36 de ces croix donnent en effet 36o. Au Chapitre suivant du même livre,

il indfqoe dnsi l'électicm de Frédéric Barberousse à rfiminre qui eut lieu en 1 1 5a.

Un M. an C. duo 1. con oso elU Se dicea, qaando d primo Friierioo Ellecto soc

Je vous ai indiqué deux ou trois l'roverbes du i*'. Livre; )'en ai remarqué plusieurs autres dans les Livres suivans^ que je vous rapporterois s'il n*étoit plus que temps de finir. Adieu donc, mon cher Baron. Gradite queste notizie^ e amatemi.

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