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TRAITEMENT DE LA DIARRHÉE ESTIVALE

Un journal donne la recette suivante :

Racine de Colombo pulvérisée. ... . . 6 grammes.

Sous-nitrate de bismuth.2 »

à diviser en 8 paquets que le malade prend dans du pain azyme, dans le courant de la journée.

Nous avons déjà fait ressortir les dangers du bismuth du commerce, généralement impur et mêlé d’arsenic, de sorte qu’après son administration on a dans la bouche une saveur métallique, et que la langue reste blanche, avec anorexie, constipation, peau chaude et sèche, fièvre. Cet état peut même tourner en fièvre typhoïde.

La diarrhée estivale est due principalement à l’eau froide, aux limonades acides et aux fruits dont on est avide pour étancher sa soif. Celle-ci étant due, à son tour, au manque d’eau dans le sang, à cause de l’énorme déperdition qui s’en fait par la transpiration, il est plus rationnel de recourir au sel de Sedlitz : une cuillerée à café, le matin à jeun, dans un demi-verre d’eau, et après quelques gorgées d’eau fraîche. On renouvelle ainsi l’eau du sang et on fait un lavage de tout le tractus intestinal, qui empêche les' matières échauffantes de s’y amasser. Le sel de Sedlitz arrêtera la diarrhée ; et s’il y a de l’irritation intestinale on la calmera avec 1 granule chlorhydrate de morphine et 1 granule hyosciamine. Contre l’anorexie on fera emploi delà quassine aux repas.

TRAITEMENT ÉLECTRIQUE DE LA DOULEUR ÉPIGASTRIQUE ET DES TROUBLES GASTRIQUES DE L’HYSTÉRIE : VOMISSEMENTS, GASTRALGIES.

Quand en dosimétrie on traite la gastralgie par la strychnine et l’hyos-

ciamine, on est tout à fait dans la gamme physiologique, dont il ne faut jamais sortir si on veut obtenir des effets complets, c’est-à-dire le rétablissement de l’équilibre fonctionnel. M. le docteur Apostoli se rapproche. du but quand il dit : « La galvanisation polaire positive du pneumogastrique droit m’a constamment réussi dans 24 cas de gastralgie et d’épigastralgie, et 8 cas de vomissements. » Cette méthode comprend les préceptes généraux suivants :

1° Application du pôle positif d’un courant positif, continu au cou sur une surface délimitée en dehors et au-dessus de l'extrémité interne de la clavicule. Fermer le circuit par une large surface dans la main. En cas d’insuccès, faire une galvanisation à gauche, ou mieux double, et simultanément des deux côtés. 2° Varier la dose suivant l’effet à obtenir, de 5 à 15 millimètres-ampère. Le'malade doit être le guide à cet effet. Si le vomissement menace, augmenter la dose ; et diminuer dans le cas contraire. Pour l’épigastralgie, consulter la sensibilité, avec la pression profonde de la main, que le malade doit pouvoir supporter impunément. 3° S’il s’agit d’un vomissement, autant que possible faire manger le malade pendant la séance, après l’avoir préalablement galvanisé pendant quelques minutes pour l’y préparer. Quant à l’épigastralgie et la gastralgie—qui sont le plus souvent des symptômes permanents—il est préférable de galvaniser le sujet au moment où la douleur est la plus intense. 4° La durée de la galvanisation est variable comme la maladie ellemême : il faut persévérer jusqu’à effet produit, et continuer ainsi depuis cinq minutes jusqu’à une heure, jusqu’à ce que le malade déclare qu’il va bien — soit qu’il sente qu’il ne vomira plus, soit qu’il affirme qu’il ne souffre plus. C’est l’état du malade qui doit les régler. Une seule application peut suffire pour une gastralgie ou une épigastralgie qui récidive plus ou moins tôt après l’amélioration de chaque séance. On doit, si on le peut, faire de une à deux applications par jour. (Société médicale des hôpitaux, séance du 11 août 1882.) On voit que c’est là de la dosimétrie ; et nous sommes heureux de le constater, en présence de la guerre du silence que les journaux s’obstinent à faire à notre méthode. La strychnine, comme nous l’avons dit plus d’une fois, est un agent électrovital qui a pour effet de détendre la fibre nerveuse, cause de la douleur (1), mais il faut la combiner à l’hyosciamine pour faire cesser le spasme

(1) Les allopathes emploient généralement la strychnine dans la paralysie confirmée, c’est-àdire comme un emplâtre sur une jambe de bois. Ils ne savent pas que les courants continus relâchent la fibre organique, et que les courants interrompus la font contracter. C’est tout à fait comme pour l’électricité, ainsi que l’ont fait voir les belles expériences du professeur Mateucci. C’est donc une loi physiologique qui préside aux effets des courants, D r B.

(cardiaque et pylorique) qui empêchent les gaz de s’échapper. Il y a pour tous les viscères creux l’antagonisme du corps et du col. Ce qui a lieu pour l’estomac, a lieu également pour la vessie, l’utérus. C’est ainsi que pour ces deux derniers organes on ne parvient à lever l’obstacle, que par la strychnine et l’hyosciamine combinées. L’entraînement puerpéral en est une preuve bien manifeste. Tous les médecins dosimètres savent cela ; et si l’École fait encore la sourde oreille, c’est quelle a des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne pas entendre.

NÉVRALGIES DIATHÉSIQUES ET LEUR TRAITEMENT DOSIMÉTRIQUE.

En dosimétrie, la loi de la dominante et de la variante est fondamentale. C’est pour ne pas parer aux causes qu’on échoue contre les effets : cela est surtout vrai dans les névralgies diathésiques. Le Wiener med. Wochsch. (1882) relate deux cas de névralgies diabétiques, qui confirment ceux déjà communiqués à l’Académie de médecine par M. Worms, démontrant que les névralgies peuvent être unilatérales, mais occuper aussi les points symétriques des nerfs, principalement le sciatique et le nerf dentaire inférieur. La cause est souvent le rhumatisme. Nous en constatons de nombreux cas chez les malades qui viennent nous consulter de Roubaix et des environs. On sait que cette ville est assise dans un terrain bas, mal drainé, constamment humide et imprégné de matières résiduelles; la diathèse glycosuriquey est donc très fréquente. Le traitement doit consister ici dans la dominante : arséniates (surtout d’antimoine et de strychnine) de 6 à 8 par jour, et la variante : aconitine, vératrine, digitaline, hydro-ferro-cyanate de quinine, selon la marche plus ou moins aiguë de la maladie ; bromhydrate de morphine, hyosciamine, valérianate d’atropine contre les douleurs paroxystiques ; s’il y a chloro-anémie (ce qui ne tarde pas à arriver), les ferrugineux et les hyposphosphites. Tous les matins, sel de Sedlitz. Aux repas, quassine (3 à 4 granules) et quelques gouttes d’acide chlorhydrique médicinal. Quant à la glycosurie, comme ce n’est qu’un effet, elle disparaît avec la cause — voilà pourquoi il ne faut pas s’en embarrasser— mais soumettre

les malades à un. régime exclusivement animal, serait augmenter au contraire l’état diathésique, comme on l’observe sur des chiens nourris uniquement de viande.

INJECTIONS SOUS-CUTANÉES DE SELS DATROPINE (SULFATE NEUTRE ET VALÉRIANATE).

Nous extrayons du Progrès médical du 19 août dernier, 1 article suivant qui fait voir les dangers des injections hypodermiques.

Principaux effets physiologiques. — Sécheresse de la bouche et de la gorge, dilatation des pupilles. A une dose plus élevée : difficulté de parler et d’avaler, obtusion de la sensibilité de la face, amaurose, céphalalgie, vertige, délire (gai ou triste), hallucinations, nausées, ralentissement puis accélération du pouls, rougeur scarlatiniforme de la peau, oedème, etc. A dose toxique, on remarque en outre : de l’aphonie, des spasmes musculaires, du collapsus, le refroidissement et enfin la mort par arrêt du coeur en diastole. Les phénomènes toxiques apparaissent au bout de peu de minutes (deux à dix). L’élimination par les reins est rapide surtout chez les herbivores. Après ces terribles effets, on hésitera à employer les sels d’atropine en injections hypodermiques. On le fait pour obtenir la dilatation momentanée de la pupille, mais il serait dangereux de continuer cette médication pour obtenir un effet général.

M. Dujardin-Beaumetz propose la formule suivante :

Chlorhydrate de morphine .... 0 gr. 10 centigr.

Sulfate d’atropine.0 » 01 »

Eau de laurier-cerise.20 »

et M. Guéneau de Mussy :

Chlorhydrate de morphine. ... 0 gr. 50 centigr.

Sulfate neutre d’atropine .... 0 » 01 »

Eau distillée.10 »

Il existe, en effet, un antagonisme entre l’atropine et la morphine, mais pas assez prononcé pour contre-balancer l’action toxique de la première.

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Quant au dosage, il est loin d'être régulier, car les gouttes peuvent varier dans la proportion de 1 à 30, selon la manière dont elles sont, versées; il n’y a donc aucune certitude. Nous ajouterons que les alcaloïdes se décomposent rapidement dans l’eau et à la lumière, et qu’il faudrait faire la préparation au moment de s’en servir, ce qui serait impossible pour une seule injection, car comment doser 1 milligramme de sulfate d’atropine et un 1/2 centigramme de morphine dans 20 gouttes d’eau.

En granules solubles—comme le veut la dosimétrie— on a un dosage mathématique : on peut dissoudre 1 granule d’atropine et 4 granules de chlorhydrate de morphine dans 1 gramme d’eau distillée pour une injection. Quant à l’usage interne, on donne les granules d’atropine (sulfate ou valérianate) : 1 tous les quarts d’heure dans l’état chronique, jusqu’à sédation. On peut y joindre le chlorhydrate ou bromhydrate de morphine comme correctif.

Les sels d’atropine trouvent surtout leur indication dans les névralgies, 1 asthme, l’incontinence d’urine nocturne (chez les enfants), la constipation, la chorée, l’occlusion intestinale, le vaginisme, la chorée, le tétanos, l’épilepsie, les sueurs des phtisiques, les vomissements incoercibles (dans l’hystérie, la grossesse), etc. Souvent on est obligé d’y associer la strychnine (sulfate ou ammoniaque), afin de rétablir l’équilibre physiologique. C’est un point de pharmacodynamie qu’il ne faut jamais perdre de vue.

L’atropine — ou l’hyosciamine— la pilocarpine et la strychnine sont employées avantageusement dans les affections striduleuses virulentes. AinsiM. Denis Dumont en a fait usage contre la rage. On lui a contesté le fait, disant que la rage était douteuse dans le cas cité par lui, mais il suffit que la médication soit méthodique pour qu’on en fasse l’essai. M.Dujardin- Beaumetz— qui a été un des contradicteurs de M. Denis Dumont —est cependant partisan de l’atropine et de la morphine ; qu’il y joigne la strychnine et la pilocarpine et.peut-être modifiera-t-il son opinion négative. En médecine il faut essayer; à plus forte raison quand il n’y a pas danger à le faire, et par contre qu’il y a péril en la demeure. Faire sortir le virus rabique par où il est entré, c’est-à-dire provoquer la salivation par la pilocarpine, calmer le spasme et l’agitation par l’atropine et lhyosciamine, dissiper la paralysie par la strychnine, cela ne présente rien d irrationnel et qui doive faire rejeter, nous ne dirons pas un spécifique, mais une méthode. Que savons-nous de la nature de la rage? On a dit que ce sont des microbes vénéneux ; eh bien ! les alcaloïdes les tueront, en môme temps qu’ils ramèneront l’harmonie physiologique. Il est

d’autant plus nécessaire dans ces cas, d’associer la pilocarpine a 1 atropine que celle-ci est un antisialogue, et que la donner seule, ce serait enfermer le loup dans la bergerie. Dans les diverses indications de l’atropine citées plus haut, il est toujours nécessaire de joindre la strychnine à l’atropine ou à l’hyosciamine. Ainsi le Répertoire a relaté le cas d’une hernie étranglée sur la ligne médiane de l’ahdomen, par suite de colique saturnine, où, après la kélotomie, nous avions fait donner 1 granule d’hyosciamine, toutes les demi-heures dans une cuillerée d’huile de ricin ; le lendemain, la garde-robe ne s’étant pas produite, nous fîmes ajouter à l’hyosciamine le sulfate de strychnine : 1 granu e e chaque toutes les dix minutes, et au bout de trois quarts d’heure la débâcle eut lieu. Il en est de înême dans ce que nous avons nommé Y entrainement puerpéral , afin d’accélérer le travail et empêcher les inflammations consécutives. Un des principaux accoucheurs de Paris, M. Hamon du Fresnay, s’est fait le promoteur de cette méthode dont il obtient des eflets là où la plupart du temps son retroceps est inutile. M. le docteur Hamon a donné ainsi une preuve d’honnêteté professionnelle, alors que d’autres confrères se laissent guider dans leur opposition à la dosimétrie par des motifs d’amour-propre.

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