INDIGESTIONS DES ENFANTS
On a souvent comparé les maladies des enfants à celles des vieillards . cela est surtout vrai pour l’asthme dyspeptique. Le Centralb. fur Min. Med. (1882) relate trois observations de cet accident chez de jeunes enfants. Dans le premier cas il s’agit d’un enfant de treize mois, vigoureux présentant une respiration dyspnéique et précipitée (70 à la minute) et de la cyanose ; pouls 160, filiforme, collapsus général ; rien du côté des organes thoraciques et abdominaux qui expliquât ces symptômes alarmants. Le lendemain matin l’enfant vomit beaucoup, et en même temps les mouvements respiratoires rentrent dans leur état normal; deux jours après, l’enfant est complètement guéri. Le deuxième cas est celui d’un enfant de six mois, ayant mangé un œuf moUet : indigestion, sommeil très agité, respiration très difficile. Rien du côté delà
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE. 277
poitrine et du ventre. On ordonna du bromure et du valérianate de zinc ; l’enfant vomit les restes de l’œuf; la nuit suivante, sommeil tranquille ; le lendemain guérison complète. Dans le troisième cas il s agit également d’une indigestion chez un enfant de huit ans : pouls à 160, filiforme, intermittent, épigastre gonflé et sensible à la pression ; respir. 60, temp. 37° (1), dyspnée, cyanose considérable, extrémités inférieures froides, râles disséminés de l’œdème pulmonaire. Après un vomissement de matières mal élaborées, surtout de pommes de terre, l’enfant est complètement remis.
On voit que l’indigestion chez l’enfant est tout aussi dangereuse que chez le vieillard, parce que les pneumogastriques sont paralysés; de là, dyspnée, cyanose, tympanisation, emphysème, dépression vitale générale. La grande accélération du pouls et de la respiration s’explique par la rupture d’équilibre du grand sympathique et du pneumogastrique. Qu’y a-t-il à faire dans ces cas? Tout d’abord provoquer des vomissements par l’introduction des barbes d’une plume, ou du doigt, dans la gorge, soutenir les parois abdominales dans les efforts de 1 enfant et faire une pression sur le thorax comme s’il s’agissait d’une asphyxie par submersion — les vomitifs sont dangereux à cause du collapsus — dès que les premières voies seront devenues libres, instituer le lavage intestinal avec le sel de Sedlitz, puis administer la brucine ou la quassine : 1 ou 2 granules, afin de rétablir l’innervation du pneumogastrique. Surveiller l’état général, et donner l’hydro-ferro-cyanate de quinine au moindre accès fébrile. Pas de bromure de potassium, ni de valérianate de zinc, à moins de convulsions bien caractérisées. ;