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COMMENT IL FAUT ENTENDRE LA MÉDECINE ADJUVANTE

Nulle maladie ne peut guérir que par les seules forces de la nature ; mais, par cela même qu’il s’agit de forces, il faut les soutenir, les diriger, les modérer au besoin. C'est ce que n’ont pas compris les allopathes : ou ils ne font rien, ou ils font trop. Ainsi dans le premier cas ils attendent pour intervenir que les accidents se soient déclarés ; dans le second, ils débilitent l’économie afin d’empêcher la réaction ou la fièvre. Nous ne dirons pas que celle-ci soit nécessaire, et nous ne voudrions pas- lui ériger des autels, comme faisaient les anciens : Fébris diva. Nous pen-

sons, au contraire, que toute fièvre doit être coupée quel qu’en soit le type : intermittent, rémittent ou continu; et c’est pour cela que nous employons les alcaloïdes défervescents, parmi lesquels il faut placer en première ligne la strychnine, dont nous faisons la base de tout traitement. Les anciens faisaient beaucoup usage de la noix vomique, comme dun antiphlogistique puissant. C’est le cas de dire que la pratique avait précédé la théorie, ainsi qu’il arrive le plus ordinairement en médecine. Ainsi avant l’iode on avait l’éponge brûlée contre le goitre et les scrofules. On a fait à Coindet, de Genève, l’honneur de cette médication, dont la découverte de son compatriote Courtois, en 1821, lui avait donné 1 idée, mais il est évident que celle-ci existait dès la plus haute antiquité. De môme il ne faut pas considérer l’alcaloïdo-thérapie comme datant de nos jours, puisqu’on faisait emploi de plantes fébrifuges ; mais la découverte de ces principes simples a singulièrement facilité ce traitement. Les alcaloïdes s’adressant aux forces vitales, sont devenus ainsi la base, nous ne dirons pas de tout traitement, mais de tout adjuvant car ainsi que nous le disions — c’est la nature seule qui guérit. Nous ne comprenons donc pas comment il peut y avoir des médecins expectants. Est-ce que à la guerre on attend pour agir que l’ennemi vous ait débordé? Le mouvement tournant de Sadowa a fait voir aux Autrichiens ce que vaut leur vieille tactique. Eh bien ! le médecin, c’est le général sur le champ de bataille de la maladie; il doit vaincre s’il ne veut être vaincu. C’est surtout aux prodromes qu’il doit s’attaquer. Et c’est en cela quont giavement tort les allopathes : de ne voir la maladie que dans la lésion organique. Ils accusent les médecins dosimètres d’être les Don Quichottes de la médecine, en combattant des moulins à vent ; mais ce sont précisément ces moulins-là qu’il faut arrêter, et plus d’un allopathe se laisse renverser par ses ailes. Toute maladie est dans les prodromes — comme le germe dans l’œuf : ce sont donc ces signes précurseurs qu’il faut combattre, comme le marin dans un point noir prévoit, la tempête et prend ses mesures en conséquence. Or, ces prodromes sont une débilitation vitale, une prostration de forces d’autant plus grande que la cause morbide est plus intense. Ce sont, la plupart du temps, des miasmes qui agissent sur nous et qui provoquent la fièvre. Il faut donc commencer par la strychnine, la brucine, pour finir par la quinine, avec l’aconitine, la vératrine, la digitaline, comme intermédiaires. Généralement on ajoute trop d importance au diagnostic ; le mieux est de n’en avoir pas à faire, par conséquent de prévenir le mal.

Principiis obsta, sero medicina paratur,

Cum mala per longas invaluere moras.

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

Quand ces vérités seront bien comprise la médecine ne sera plus une « inutile histoire naturelle », comme l’a dit si judicieusement le docteur A. Latour — et comme nous l’avons si souvent redit après lui. Bis repetita conveniunt; d’autant que l’entêtement de l’École à fermer les yeux et les oreilles est plus grande.

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