EMPLOI DE L’ACIDE SALICYLIQUE EN POUDRE CONTRE LES SUEURS NOCTURNES
Le Berlin hlin. Wochenschr. donne la recette du docteur Kœhnhorn contre les sueurs 'nocturnes des phtisiques, qui consiste dans : acide salicylique, 3 parties, amidon 10, talc 87. On en enduit tout le corps à l’aide d’un corps gras ou d’un alcoolé. L’auteur dit qu’il a supprimé ainsi des sueurs nocturnes chez un phtisique où il avait employé sans succès la quinine, l’atropine, la digitaline, l’agaric blanc, la sauge, le tannin, les onctions grasses. L’effet de l’acide salicylique s’explique par le durcissement de l’épiderme — comme il arrive aux mains dans les pansements antiseptiques de Lister. La question est de savoir s’il est bon de supprimer l’action de la peau chez les phtisiques qui n’ont presque que ce moyen de respiration. Nous pensons que non. Le meilleur moyen contre les sueurs nocturnes, c’est de diminuer la fièvre par les alcaloïdes défervescents : l’aconitine, la digitaline, la caféine; de soutenir les forces digestives par la quassine, et de modifier l’état général de la nutrition par les arséniates. On calmera la toux par la codéine et l’iodoforme, qui est également un désinfectant.
ÉTUDES SUR LA DIATHÈSE CONGESTIVE ARTHRITIQUE ET SUR LES MANIFESTATIONS PATHOLOGIQUES, PAR LE DOCTEUR SENAC.
La diathèse arthritique ou arthritisme, se distingue par sa mobilité extrême et la faiblesse avec laquelle les congestions se déplacent en se
remplaçant (1) ; leur tendance à ne pas se terminer par une inflammation suppurative ; leur apparition à des époques fixes, donnant ainsi lieu à la périodicité ; enfin, par la marche de ses poussées congestives qui deviennent de plus en plus graves et moins mobiles, à mesure que larthritis se prononce et vieillit, soit dans l’individu, soit dans la famille.
Dans la période d 'instauration, les fluxions congestives — tout en étant assez nettes—atteignent rarement un degré d’intensité suffisamment élevé pour constituer des actes pathologiques. Certaines éruptions mal déterminées, les poussées eczémateuses légères et fugaces, les éruptions d urticaire, le coryza, quelques angines tonsillaires, les congestions rapides ou momentanées de l’appareil respiratoire, etc., tels sont les premiers symptômes de la diathèse et qui ne se manifestent réellement que chez les enfants appartenant à des familles entachées à un degré assez élevé de la diathèse.
Le passage de cette première période à la période d’état, se fait habituellement d’une manière insensible; les poussées de la première période s’accentuent davantage, elles deviennent plus durables, tout en continuant à se montrer à des intervalles plus ou moins éloignés. Cette période dure en général, chez Wjeunes gens, depuis le moment de la puberté jusqu’à l’accomplissement complet du développement somatique (2) et quelquefois beaucoup plus tard. Quelquefois, au contraire, des manifestations arthritiques intenses succèdent, sans transition, aux accidents de la première période ; nous citerons surtout la phtisie arthritique, le diabète, certaines affections cardiaques à marche rapide, etc. Les accidents rhumatismaux articulaires tiennent une place importante dans les deux premières phases. La goutte régulière, chez l’homme, apparaît dans cette seconde période ; de même que les coliques hépatiques et la lithiase urinaire.
Enfin la troisième période de la diathèse arthritique est surtout marquée par un caractère de continuité que revêtent,les troubles de la santé. Cet état correspond aux modifications physiques qui se sont produites à la longue dans l’attraction des divers organes, sous l’effet des poussées -congestives anormales. Les recrudescences n’en existent pas moins, mais elles sont en partie masquées par des retards permanents de l’économie.
Tels sont les principes (déjà connus) contenus dans le livre du docteur Senac — qui porte légitimement un beau nom. On sait qu’un de ses ancêtres est auteur d’un beau livre sur les maladies du cœur, où il est fait
(1) Il ne faut donc pas y pousser par des doses extravagantes de salicylate de soude.
(2) C’est-à-dire du développement du corps : de suma, corps.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
une large part aux diathèses : arthritiques, rhumatismales, etc. Et en v ajoutant la thérapeutique dosimétrique, il aura rendu un véritable service aux praticiens, souvent embarrassés dans ces cas. Dernièrement un individu de Roubaix (Nord) est venu nous consulter, pour lui et sa sœur, atteints d’arthritisme. Nous avons analysé les urines et y avons trouvé une quantité considérable de sucre. Le cas n’était donc pas douteux. En effet, le diabète est souvent dû à la conversion en sucre des matériaux albuminoïdes du sang. Il y a donc, en même temps, albuminose et hydroémie. Les poussées n’ont pas, en général, assez de force pour arriver à la surface, et il y a des signes d’irritation sur les différents points de l’économie — notamment dans les séreuses et les fibreuses. Nous avons prescrit à ces deux malades l’arséniate de strychnine, l’aconitine, la digitaline : 3 granules de chaque, le soir au coucher; le matin, Sedlitz Chanteaud ; aux repas principaux : quassine et arséniate de soude, 4 granules de chaque, et, lorsque les urines sont sédimenteuses, le benzoate de lithine : de 10 à 12 granules par jour. Nous oublions de mentionner que ces deux malades présentent çà et là des poussées eczémateuses. On leur avait conseillé la liqueur de Fowler, mais qui n’a fait qu’empirer leur situation. Au bout de six semaines de notre traitement, le sucre avait presque entièrement disparu des urines.
Comme on le voit, la diathèse goutteuse est atone de sa nature : il faut donc relever le ton de l’économie par la strychnine, et favoriser les poussées circonférentielles par l’aconitine et la digitaline. Ce n’est qu’en étant rationnelle que la médecine réussit à guérir. Sans cela, ce n’est qu’une « inutile histoire naturelle «.