TRAITEMENT DU DIABÈTE PAR LE BROMURE DE POTASSIUM
M. le docteur Felizet a fait, à l’Académie de médecine de Paris, une communication concernant le traitement du diabète par le bromure de potassium. Dans quinze cas — soigneusement suivis — il n’a pas prescrit le régime alimentaire classique : pain de gluten, etc., étant d’avis que la
(1) Un professeur d’université est revenu sur l’emploi des préparations de cuivre, mais cette fois n'a pas été écouté quoique académicien.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE. 315
maladie consiste, non dans la présence du sucre dans l’urine, mais dans le désordre de l’organisme que produit le sucre en excès.
Ayant eu à soigner un diabétique qui ne se préoccupait plus de son diabète, mais qui était venu le consulter pour divers accidents nerveux, M. Felizet vit disparaître le diabète — en même temps que les accidents — sous l’influence du bromure de potassium à la dose de 4 grammes par jour. Il eut alors l’idée d’employer le même remède contre le diabète provoqué chez des lapins par une piqûre du plancher du quatrième ventricule, suivant le procédé de Claude Bernard. Chez ces animaux aussi, le bromure de potassium, à la dose de 20 centigrammes en injection intraveineuse, faisait disparaître le sucre dans l’urine. En conséquence, M. Felizet traite actuellement les diabétiques par le bromure potassique. Il insiste sur l’exercice musculaire, la gymnastique et surtout l’escrime. L’usage des alcalins et — suivant les indications de l’état général — le fer, l’arsenic, le quinquina, font généralement partie du traitement. (Séance du 8 août 1882.)
La communication du docteur Felizet a cela de bon qu’au moins il rompt avec le régime antiazoté qui est si préjudiciable aux malades et ne fait qu’ajouter à la faiblesse générale.
Quant au bromure de potassium, c’est un calmant de la moelle épinière ; et on obtient le même effet avec le camphre monobromé sans avoir à craindre la trop grande alcalinité du sang. Il faut y joindre l’arséniate ou sulfate de strychnine, afin d’activer la combustion respiratoire et nutritive et, par conséquent, d’empêcher le sucre de se trouver en excès dans le sang et de là dans les urines. Il ne s’agit pas'de faire faire aux malades de la gymnastique, de l’escrime et autres exercices violents, mais de leur en donner la force. Au reste, c’est ce que M. le docteur Felizet a parfaitement compris, puisque, indépendamment du bromure de potassium, il recourt au fer, à l’arsenic, au quinquina.