DE LEMPLOI DU SULFATE DE CUIVRE AMMONIACAL DANS LES NÉVRALGIES
On ne saurait mieux comparer l’allopathie qu a la roue d’Ixion, amenant tantôt un remède, tantôt un autre, et éternisant ainsi le supplice des malades. A diverses reprises le sulfate de cuivre ammoniacal a été employé dans les névroses et les névralgies, et chaque fois on a été obligé de l’abandonner. Ceci ne décourage nullement nos allopathes qui espèrent être plus heureux. Nous n’incriminons pas, mais nous pensons
qu’il faut se tenir en garde contre des moyens aussi dangei eux que les préparations de cuivre. Biett prescrivait le sulfate de cuivr e ammoniacal à la dose de 1 ceutigramme, avec du sucre blanc en poudre, en six paquets, à prendre un trois fois par jour; avant lui, P. Frank l’avait déjà employé ; et Bouchardat — dont les tendances allopathiques ne sauraient être niées — trouve que la dose de sel de cuivre est trop forte. M. le docteur Féréol n’est pas de cet avis puisqu’il prescrit :
Sulfate de cuivre ammoniacal. 0,02 centigrammes.
Sous-nitrate de bismuth. 0,25 —
pour un cachet Limousin. Faire 10 cachets semblables, et en prendre cinq par jour : deux au courant des principaux repas, dans un peu deau, et le cinquième entre les deux repas, et avaler une petite dose de lait par-dessus. On peut augmenter progressivement la dose jusqu’à dix paquets par jour, en ayant soin de les faire prendre toujours au moment des repas ou avec un peu de lait — pour éviter l’action directe de la poudre sur les parois de l’estomac.
Il faut se tenir en garde contre les empoisonnements métalliques, dont tôt ou tard les malades sont victimes.
La thérapeutique possède aujourd’hui dans les alcaloïdes des moyens tout aussi puissants que les métaux et les métalloïdes, et qui n’ont pas le danger de s’accumuler dans les parenchymes organiques notamment dans le foie. Le Répertoire en a donné de nombreux exemples — de l’emploi de la strychnine (sulfate ou arséniate), de 1 aconitine, de la vdratrine, de la cicutine, de l’hydro-ferro-cyanate de quinine. Or, là où guérissent les métaux, on peut dire que guériront les alcaloïdes, d’après le tuto, cito et jucunde de Celse (1).