TRAITEMENT DU DIABÈTE
La Médecine pratique, dans son numéro du 1 er juillet 1882, donne un excellent article sur le traitement du diabète, dont nous extrayons la proposition suivante: « Il n’y a pas de diabète, il ny a que des diabétiques. Chaque méthode de traitement a pu être excellente dans certains cas, on aurait tort de l’appliquer systématiquement à tous. Il ny a pas de traitement du diabète, mais un certain nombre d’indications thérapeutiques générales applicables aux cas particuliers. Ces moyens généraux sont fournis par l’hygiène, la pharmacie et les eaux minérales naturelles. C’est en faisant un choix judicieux de ces armes excellentes qu’on triomphera, plus sûrement, des difficultés du traitement.» Alabonne heure! voilà ce qu’on nomme raisonner thérapeutique, et non préconiser tantôt tel spécifique, tantôt tel autre, « pendant qu’ils guérissent encore». Le diabète consiste dans un trouble de la nutrition et prend sa source dans l’estomac, le foie, les poumons, les reins. Les recherches du docteur Cl. Bernard nous ont fixés sur ce point : si le foie produit du sucre en excès, celui-ci peut être aussi incomplètement brûlé, et dans ces deux cas les reins lui servent d’émonctoires. Il faut donc stimuler la combustion respiratoire, par le grand air, les frictions tonifiantes de la peau, l’exercice modéré, mais surtout par l’emploi de la strychnine comme névrogénique, car tout est dans les nerfs avant dêtre dans le sang.
Laissons donc là toutes ces théories qui sont des espèces de réclames pour ceux qui les proposent. Interrogeons la nature et agissons en conséquence.
LXXXY
DU TRAITEMENT DE L’APHONIE NERVEUSE PAR LA DOSIMÉTRIE ET LA FARADISATION.
Rien ne prouve davantage la valeur pratique de la dosimétrie que le rapprochement de l’action de la strychnine de celle de l’électricité. Il y a bien longtemps que nous donnions à la première le nom d 'électricité végétale (1), et que nous faisions connaître ses applications dans les névralgies et les paralysies. M. le docteur Desplas, de Lille, vient de faire voir la même action dans la faradisation pour aphonie nerveuse. Voici ses conclusions : 1° l’examen laryngoscopique — en môme temps qu’il confirme le diagnostic, déjà entrevu, d’aphonie nerveuse—permet de déterminer, dans un certain nombre de cas, les muscles atteints, et indique de quelle manière l’électrisation doit être faite. 2° Lorsqu’on constate que la muqueuse est intacte, qu’il y a un léger écartement des cordes vocales et que les cartilages arythénoïdes ont conservé leur mobilité, on peut porter le diagnostic de paralysie des muscles crico-thyroïdiens et recourir à la faradisation externe. 3° Lorsque, la muqueuse étant intacte et les cordes vocales un peu écartées, les cartilages arythénoïdes sont immobiles, il faut diagnostiquer une paralysie des muscles arythénoïdiens et appliquer le pôle positif sur le trajet du nerf récurrent et l’excitateur laryngien en arrière du larynx. 4° Lorsque, pour une cause quelconque, on ne peut pratiquer l’examen laryngoscopique, on doit recourir d’abord à la faradisation externe. Si elle ne donne pas de résultat, il faut appliquer d’abord le pôle positif sur le trajet de l’un des récurrents et porter ensuite l’excitateur à la partie postérieure du larynx, sans se préoccuper d’atteindre les cordes vocales. Le plus souvent ce mode d’excitation est suffisant.
Pour l’intelligence de ces explorations il faut se rappeler que le larynx reçoit les nerfs laryngés supérieurs du pneumo-gastrique et du
(1) Voir notre livre La Chirurgie contemporaine.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE. 183
spinal, et les inférieurs du phrénique. Les premiers sont constricteurs de la glotte, les seconds dilatateurs. Il en résulte que lorsqu’il y a rupture d’équilibre entre ces nerfs il y a tantôt fermeture, tantôt état béant de la glotte, et c’est ainsi que comme pierre de touche on peut se servir de la strychnine et de l’hyosciamine, tout comme on le fait avec la faradisation externe. Ceci est très important pour le traitement des affections striduleuses du larynx, tel que l’asthme de Milar ou faux croup, et de certaines affections virulentes, telles que la rage. Dans un note sur la communication du cas du docteur Denis Dumont, nous avons dit combien l’Académie de médecine de Belgique a eu tort de passer à l’ordre du jour sur un traitement aussi rationnel que méthodique (1). D r B.