TRAITEMENT DES HYDROPISIES
Le docteur Francisco Risquez publie dans Y Union médicale de Caracas , un certain nombre de cas d’hydropisies dissipées par la décoction d’oignons dans du lait de chèvre ou de vache. C’est un vieux moyen, mais qui pour cela ne doit pas être rejeté; et nous pensons même que dans l’albuminurie il peut être très utile comme succédané des agents thérapeutiques, tels que la scille, la digitaline, la strychnine. En tout cas, il ne saurait nuire et rentre dans la série des agents diététiques. Le lait d’oignon est utile dans les affections de poitrine, comme également dans les entérites infantiles. L’auteur cite le cas suivant : Un garçon de neuf ans, profondément anémié, est atteint de diarrhée compliquée d’anasarque : le scrotum est distendu par un épanchement de sérosité et il y a commencement d’ascite. Le docteur Risquez ordonne de mettre l’enfant à l’usage absolu du lait d’oignon et de le prévenir après trois jours de cette médication. Le quatrième jour les parents viennent annoncer que l’enfant est devenu sec. En effet, le docteur put constater la disparition de l’anasarque. Sous l’influence d’un traitement approprié contre la diarrhée et l'anémie, le jeune malade guérit définitivement.
Nous signalons ce remède comme pouvant être utile dans bon nombre de cas. D r B.
(1) Les Académies sont toujours au pôle négatif de tout progrès.
ÉTUDE CLINIQUE SUR LABSINTïïISME CHRONIQUE.
Les progrès de l’absinthisme en France, font voir combien cette passion est malheureuse. Il ne faut pas le confondre avec l’alcoolisme, dont il diffère par des caractères essentiels. Ainsi dans l’alcoolisme vulgaire il y a tremblement musculaire, insensibilité physique; dans l’absinthisme, au contraire, il existe une sorte d’état tétanique, se rapprochant de la catalepsie, avec des troubles sensoriaux et tendance à l’aliénation mentale, ainsi que le prouvent les nombreux absintheurs qui peuplent nos maisons d’aliénés. Aussi c’est dans les classes aisées qu’on remarque surtout les absintheurs, tandis que les alcoolistes appartiennent plutôt à la classe vulgaire. C’est un fléau qu’on doit combattre avec la plus grande persévérance. Il faut rendre aux victimes de cette malheureuse passion l’empire sur elles-mêmes.
M. le docteur Gautier — qui vient de publier un bon livre sur l’absinthisme chronique — signale les désordres psychiques, le changement de caractère, l’irritabilité, l’émotivité, la mélancolie, l’amnésie, la démence, comme caractères propres à cette affection. Le délire rappelle celui des alcooliques, mais les rêves sont plus terribles ; les hallucinations de la vue et de l’ouïe sont fréquentes. On observe chez ces malades des symptômes bizarres, des douleurs périphériques rhumatoïdes, des névralgies à caractère nocturne. L’hyperesthésie est la règle; l’anesthésie l’exception. C’est le contraire dans l’alcoolisme vulgaire. L’estomac est le siège de douleurs gastralgiques très intenses et finit par subir le ramollissement pultacé, surtout dans sa petite courbure. On comprend qu’arrivé à ce point l’absinthisme est incurable et qu’il faut s’attendre aux accidents les plus terribles. Nous avons vu survenir la rupture du viscère avec emphysème général.
On voit par là que l’absinthe porte d’abord son action sur le système cérébro-spinal et finit par attaquer la muqueuse gastrique. Si le mal n’est pas trop avancé, on le combattra par la cicutine, le camphre monobromé comme sédatif de la moelle épinière ; par l’aconitine, la digitaline, la strychnine comme antihyperémiques ; par l’hyosciamine, l’atropine comme anti-spasmodiques. Malheureusement les absintheurs sont plus
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
tenaces dans leur passion que les alcoolistes, par cela même qu’ils appartiennent à une classe plus élevée... Ajoutez à cela les falsifications de la liqueur qui en doublent encore les effets toxiques.