‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 89 sur 179 · LE CHOLÉRA ET LES QUARANTAINES · texte numérisé non relu

LE CHOLÉRA ET LES QUARANTAINES

M. le docteur Tholozan, médecin du Schah de Perse depuis vingt-cinq ans, est venu à Paris, faire une communication d’épidémiologie générale. D’après lui, le choléra indien ne diffère du choléra nostras que par les circonstances purement climatériques, et de même que la scarlatine, la variole, la diphthérie, il a des foyers d’origine multiples ; par conséquent, que les quarantaines sont inutiles. En présence de la marche essentiellement envahissante de la maladie, il serait dangereux de se laisser aller à l’optimisme. Quand le choléra épidémique sévit, c’est qu’il nous vient de loin — et non des indispositions purement individuelles ; sans cela il serait humiliant pour le médecin de 1 ne pas savoir le guérir — comme on l’a dit pour le rhume de cerveau. Les facilités qu’on a laissées à l’émigration ont été cause de l’extension du fléau par suite de la panique et des germes que les émigrants portent sur eux et dans eux. Il faudrait se

(1) Il faut s’élever'contre l'abus des autopsies, comme contre les vivisections inutiles. Nous entendons : ne pas ouvrir des cadavres quand il y a encore présomption de vie — comme on l’a fait dans les épidémies de choléra. (Voir notre livre-àrchive, le Choléra indien.) D r B.

M [SCELLANTES

montrer plus sévère, surtout pour le transport de linges de corps contaminés. M. le docteur Tholozan n’est donc venu apprendre rien de nouveau. Quand une épidémie a sévi dans une localité, elle s’y tient pendant quelque temps encore cachée, sauf à reparaître à la moindre contamination. C’est ce qui arrive, en ce moment, à Toulon et à Marseille, où les mêmes négligences des soins de l’hygiène, tant publique que privée, existent. Ensuite, il est à regretter que les médecins se laissent fourvoyer à la poursuite des bacilles du docteur Koch. Celui-ci le comprend lui-méme, puisqu’il fait le mort alors qu’il devrait, au contraire, se montrer plus vivant que jamais. Quand l’École comprendra-t-elle qu il s agit d’une fièvre pernicieuse qui ne peut être combattue dans ses manifestations vitales que par les alcaloïdes défervescents ? Le mémoire du docteur Everard sur la méthode atomistique du docteur Mandt a été une véritable révélation. Pourquoi le silence de mort qui la accueilli? La science a tort quand elle se met en opposition à la nature. On ne discute point devant le péril, on agit (1). D r B.

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