‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 88 sur 179 · DOUBLE EMPOISONNEMENT · texte numérisé non relu

DOUBLE EMPOISONNEMENT

Danger des préparations allopathiques.

Au début delà dosimétrie, les adversaires de tout progrès (ne venant pas d’eux) ont argué du danger d’empoisonnement par les granules Chanteaud. C’était l’histoire de la poutre et de la paille. Le fait est que jusqu’ici aucun cas d’empoisonnement par ces granules ne s’est produit : et certes, on n’eût pas manqué de crier : Haro! s’il y en avait eu. Que sait-on? on eût peut-être été jusqu’à proscrire la vente des médicaments Chanteaud.

A chaque instant on signale, au contraire, des empoisonnements par les préparations allopathiques. C’est ainsi que tout dernièrement deux malades ont péri à l’hôpital Saint-Louis, à Paris, par suite d’une déplorable erreur. Le médecin avait prescrit, pour tous deux, une cuillerée à bouche d’eau-de-vie allemande. La sœur de service alla elle-même à la pharmacie présenter l’ordonnance. Il était huit heures du soir, le jour baissait (c’était le 23 juillet). L’interne, très affairé à ce moment, prit sur un rayon où se trouvaient plusieurs flacons semblables-, le flacon supposé

reins malades est en partie entravée ; user sobrement des purgatifs, surtout drastiques, afin de ne pas spolier l’économie d’une partie du liquide qui est nécessaire à l’excrétion des principes de l’urine ; favoriser cette excrétion par des lavements avec 150 grammes d’infusion légèrement diurétique d ’urva ursi ou de queues de cerises ; émissions sanguines locales, sangsues derrière les oreilles, à l’aisselle, à l’anus, dans le cas où le délire serait trop aigu ou associé aux formes comateuses ou convulsives de l’urémie. On peut reprocher à ce traitement d’être trop débilitant là où, le plus souvent, il y a chloro-anémie. Il faut donc les alcaloïdes et les arséniates. D r B.

d’eau-de-vie allemande, et délivra les deux potions à la sœur, sans s’apercevoir que c’étaient les gouttes de Beaumé — on sait que ces gouttes sont un composé de strychnine. La sœur retourna à la salle munie de ces potions et en administra une cuillerée à bouche à chacun des deux malades. L’effet fut foudroyant : les malades se tordirent pendant quelques secondes dans d’atroces convulsions, puis expirèrent. L’interne sera traduit en police correctionnelle sous l’inculpation d’homicide par imprudence. C’est là sans doute un malheur, mais ce n’est pas le premier et ne sera pas le dernier tant que dans les officines on ne prendra pas plus de précautions avec les médicaments toxiques de la vieille pharmacie. Nous avons failli avoir le même accident avec un malade affecté d’un cancer de la langue, pour lequel Nélaton, qui avait été consulté, avait ordonné les gouttes bleues de la pharmacopée anglaise. À la première prise de quatre gouttes dans une cuillerée d’eau, le malade tourna sur lui-même comme foudroyé. Heureusement qu’il fut pris de vomissements. Ce qui fait que l’empoisonnement n’eut pas de suites mortelles. Nous répétons qu’avec les granules Chanteaud pareils accidents ne sauraient avoir lieu, parce que le nom de la substance se trouve inscrit sur les tubes avec des étiquettes de colorations différentes.

CAS DE DIPHTIIÉRIE SUIVIE DATAXIE, PAR LE DOCTEUR BERWALD.

(Berliner klin. Wochenschrift , 1884.)

Ces cas ne sont pas rares quoi qu’en dise l’auteur, et prouvent la nécessité de l’emploi de la strychnine au cours de la maladie. Est-il besoin de rappeler que le traitement du docteur Fontaine (de Bar-sur- Seine), consiste dans un ensemble de moyens qui constituent une méthode et non de l’empirisme. Mais comme c’est de la dosimétrie, l’École ne veut pas en entendre parler (1).

(1) C'est l’histoire de tout progrès en sciences et même en industrie — avec cette différence : que si le progrès industriel peut se faire attendre, la maladie et partant la mort n’attendent pas. Que de mal n’ont pas fait à l’humanité souffrante ceux dont le devoir est de guérir ou sinon de soulager ! C’est ainsi que la dosimétrie, depuis qu’elle a été rendue publique,n'a rencontré de la part de l’École qu’indifférence ou dédain. Hais dédain n’est pas raison ; et indifférence est synonyme d’ignorance.

Dr B.

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

BIBLIOGRAPHIE

Du rôle de la congestion dans les maladies des voies urinaires, par le docteur Tuilier, prosecteur de la Faculté.

Les prosecteurs sont les enfants terribles des Facultés, puisque les sujets des cliniques leur passent par les mains. C’est ainsi que M. Tuffier a pu composer son livre. Son mérite est d’avoir distingué l'inflammation de la congestion : celle-ci cependant amenant celle-là. Trouver l’origine et prévenir les effets de cette complication, tel est le but de l’auteur. La cause n’est pas douteuse : la richesse des plexus veineux comparativement aux réseaux artériels. De là la nécessité, dans toute opération urinaire, de recourir à la strychnine et aux alcaloïdes défervescents. Expier to crede Roberto! (1)

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