‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 1 sur 246 · PAR LE DOCTEUR MOSLER · texte numérisé non relu

PAR LE DOCTEUR MOSLER

( Wien. med. Wochenschrift , 1890.)

On sait que ces tuméfactions sont souvent très considérables. Nous avons eu souvent occasion de constater des rates qui s’étendaient jusque dans la fosse iliaque gauche. Faute de pouvoir les dissiper, on a eu recours à l’extirpation de l’organe, opération toujours chanceuse et d’ailleurs ne remédiant pas à l’état général. Le docteur F. Mosler a eu recours aux injections inlra-spléniques de chlorhydrate de quinine, d’acide phénique à 2 p. c., de la liqueur de Fowler à 1 1/4, de seigle ergoté ; et il cite un cas de guérison. Suivant l’auteur, ce mode de traitement serait plus efficace dans les tumeurs spléniques dures, où les globules blancs du sang sont plus nombreux, que dans les tumeurs molles, qui sont habituellement de nature maligne. Dans le Cas où le processus leucémique ne peut être entravé, les injections parenchymateuses ont du moins pour résultat de diminuer, d’une façon notable, les symptômes subjectifs provoqués par l’hyperplasie splénique.

Nous sommes parfaitement de l’avis de l’auteur que les injections intraspléniques devront toujours être tentées avant d’en venir à l’extirpation, mais à la condition de combattre la diathèse leucémique par l’arséniate de strychnine, l’arséniate ou l’hydro-ferro.-cyanate de quinine. D r B.

EMPLOI DE L’ARSÉNIATE DE CUIVRE DANS LES MALADIES AIGUËS DES INTESTINS, PAR LE DOCTEUR AULDE.

[Med. News, 1890.)

L auteur recommande ce sel dans toutes les affections intestinales aiguës, jusqu’à la dysenterie et le choléra. Il dit que les résultats les plus favorables ont été obtenus par lui, surtout au début de la maladie, quand le processus inflammatoire n’était pas propagé sur les tissus sous-jacents. Si la maladie n’est pas au début, il administre avéc l’arséniate de cuivre, l’opium à petite dose. Pour l’arséniate de cuivre seul, le meilleur mode d’administration, selon Fauteur, est de donner de petites doses, mais souvent répétées. Dans un cas de choléra asiatique, la dose journalière était de 6 milligrammes, dissous dans 120 à 180 grammes d’eau, à prendre toutes les dix minutes une cuillerée à café, puis toutes les demi-heures, puis toutes les heures. L’auteur recommande aussi les pastilles au centième ou au cinq centième de gramme d’arsénjate de cuivre. Il dit avoir reçu cinquante lettres de différents médecins, qui ont expérimenté avec succès le sel cuivreux.

Nous demanderons comment il se fait que les journaux de médecine, qui reproduisent si bénévolement tout ce qui vient de l’étranger, gardent un silence obstiné sur la méthode dosimétrique, qui est née en France? A part le regretté Marchai (de Calvi), qui signalait la nouvelle venue comme un fait considérable, tous ses collègues de la presse, ou à peu près, se sont entendus pour l’étouffer sous le boisseau du silence. Le docteur Aulde ne doit pas être sans connaître la dosimétrie, puisqu’il en suit le modus agendi, c’est-à-dire les petites doses, souvent répétées, de dix minutes en dix minutes, puis toutes les demi-heures, puis toutes les heures, c’est-àdire d’après le précepte : « Dans les maladies aiguës, un traitement aigu. » Quant à l’emploi du cuivre, il ne lui appartient pas, puisque Pasteur l’a recommandé avant lui.On connaît l’histoire du malheureux Thuillier, mort du choléra en Égypte, en dépit de cuprum (comme disent les Hahnemanniens), seulement, il paraît qu’il n’en avait pas assez pris (à l’instar du docteur Sangrado pour l’eau chaude). Plaisanterie à part, les sels de cuivre

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

(sulfate, arséniate, etc.) sont dangereux, parce qu’ils s’amassent dans l’économie, notamment dans le foie, et déterminent la cachexie cuivreuse, tout comme dans les intoxications saturnines, la couleur blafarde des gencives. C’est un empoisonnement lent dont les malades ont de la peine à se remettre. A la suite d’une longue discussion à propos d’un mémoire du professeur Dumoulin (de Gand), l’Académie de médecine de Belgique a décidé que les sels de cuivre doivent être rejetés de l’alimentation, le sang en contenant suffisamment pour les besoins de l’économie. Permettre l’emploi de ces sels, à cet usage, ce serait ouvrir la porte à de graves abus. Avant 1830, en Belgique, il y eut de nombreuses condamnations de boulangers qui mettaient du sulfate de cuivre dans leur pain. On signala alors des dérangements de corps qui favorisèrent l'épidémie de choléra qui éclata en 1832. Le cuivre n’est donc pas un anticholérique. Les véritables anticholériques ce sont les excito-moteurs et les évacuants. C’est ainsi que le Sedlitz Chanteaud pour le lavage intestinal, Taconitine pour régulariser la circulation, la digitaline contre l’anémie, l’hyosciamine, la strychnine contre le spasme paralytique de l’intestin, le camphre monobromé contre les crampes, sont les agents physiologiques qui répondent à toutes les indications. (Voir notre ouvrage, Le Choléra indien.) D‘ B.

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