PAR LE DOCTEUR NEBEL
(Centralblatt J. Gynœk.)
L’auteur croit que chez les femmes cypho-scoliotiques, il faut tenir peu compte de la vie précaire du fœtus, ni du degré du rétrécissement du bassin, mais seulement de l’état général de la femme. Il se base sur l’observation de deux malades; à la clinique de Würzbourg, qui succombèrent malgré l’interruption artificielle du cours de la grossesse, aux troubles de la circulation qu’avait déterminés l’accouchement prématuré. Nebel se demande si en agissant autrement on n’eût pu éviter la terminaison fatale? Le précepte classique est de provoquer le travail le plus tôt possible. Or, les enfants ont succombé peu de temps après la naissance, l'accouchement artificiel n’a donc eu pour eux aucun avantage. Pour la mère, après l’accouchement, les troubles de la respiration et de la circulation continuent,
car ils sont arrivés à un trop haut degré pour disparaître tout de suite; et ou peut presque dire que l’involation de l’utérus agit sur les organes respiratoires et circulatoires d’une façon fâcheuse. Le docteur Nebel, rappelant les deux faits précédents, demande si on ne devrait pas se conduire d’une autre manière et pratiquer l’opération de Porro dans les cas où les troubles de la circulation auraient déjà revêtu un caractère de gravité. Par là on éviterait le travail et la fatigue du cœur, ainsi que les suites des couches, l’utérus étant enlevé. D’ailleurs il ne recommande cette façon de faire que d’ans les cas extrêmement rares où la femme est pour ainsi dire condamnée et où cette opération est jugée seule capable de la sauver; dans tous les autres cas, c’est à l’accouchement prématuré, provoqué au moment des premiers accidents, qu’il faudra y avoir recours.
Nous ferons observer que l’auteur se contredit, puisque cest à 1 accouchement prématuré qu’ont succombé les deux femmes qu’il cite.
Nous pensons qu’il faut laisser aller les choses, et pratiquer 1 opération césarienne quand l’enfant sera viable, c’est-à-dire entre sept et huit mois, /et même jusqu’à terme, quand il n’y a pas péril en la demeure. Un modeste chirurgien de campagne, pratiquant dans le pays d’Alost, très raviné, où les femmes travaillant au rouet, restaient constamment assises sur un sol humide, et par conséquent où un grand nombre étaient rachitiques, le docteur Vanhombeeck pratiqua, dans le cours de sa pratique, la gastro-hystérotomie presque toujours avec succès. L’idée de faire 1 ablation de la matrice ne lui était pas venue. A l’hospice de la Maternité de Gand, l’opération césarienne a été pratiquée deux fois de suite sur une fille rachitique, sans que son état général fût aggravé. C’est donc à cette opération qu’il faudra recourir dans les cas où l’accouchement par les voies naturelles est mécaniquement impossible. Quant aux troubles respiratoires et circulatoires, on y remédiera par l’arséniate de strychnine, laconitine, la digitaline, sans qu’il y ait aucun danger pour l’enfant. Au contraire, il aura sa part du traitement et arrivera au monde bien portant. Il a droit à la vie tout autant que la mère ; d’autant plus que ce sont deux existences qui s’enchaînent. D 1 B.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.