ENCORE LE DOCTEUR KOCH
Le fameux docteur est plus heureux que son compatriote Wagner. Ainsi, en France, si on ne veut pas de la musique wagnérienne, par contre, c’est à qui vantera les bacilles en virgule et en réclamera la priorité pour le docteur des bords de la Sprée. A la dernière' séance de l’Académie de médecine, si réfractaire à la dosimétrie, c’est-à-dire à une méthode essentiellement préventive, M. le professeur Laborde, eii déposant sur le bureau une communication faite par MM. L. Malasser et W. Vignol à la Société de biologie dans sa séance du 7 février, relative à la puissance pathogénique des crachats desséchés des phtisiques; M. lé professeur Laborde, disonsnous, fait remarquer « que lorsque en réponse à la réclamation faite à propos de ces recherches, devant l’Académie, M. G. Sée a maintenu la priorité en faveur du docteur Koch, l’honorable professeur na pas paru se rendre compte de la différence qui existe en réalité entre les expériences de MM. Malasser et Vignol et celles du médecin prussien — et avant ce dernier celle de Troppeiner — qui ont expérimenté avec des crachats simplement desséchés, tandis que les auteurs français ont employé des crachats non seulement desséchés, mais encore pulvérisés, mouillés, desséchés à nouveau et ainsi plusieurs fois de suite, de façon à imiter le mieux possible
les crachats projetés à terre par les phtisiques, ce qui constitue incontestablement une différence importante entre ces recherches et celles de MM. Malasser et Vignol, car de ce que les crachats simplement desséchés conservaient leur virulence,- il n’en résultait pas qu’ils la possédassent encore après plusieurs dessiccations, broiements, mouillages consécutifs. »
Nous ferons remarquer, à notre tour, que toutes ces expériences in anima vili ne prouvent rien. C’est le Post hoc ergo propter hoc. La phtisie est une maladie de misère physiologique. C’est, comme nous l’avons dit, l’ivraie du champ organique mal engraissé. Donnons à nos ouvriers ce qui leur manque, c’est-à-dire bon air, bonne nourriture, et il y aura moins de phtisiques parmi eux. Quant à la transmission de la maladie par contagion, rien ne le prouve. Le docteur Papillaud était plus dans le vrai quand il préconisait les arséniates minéraux. En y adjoignant les alcalis végétaux, il y aura moins à s’occuper des crachats, car on crachera moins. Molière ne s’était pas douté qu’un jour ses facéties auraient eu les honneurs académiques. (Voir le Médecin malgré lui.)
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