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MISCELLANBES
appartements, il doit y avoir des cabinets de toilette et surtout des watercloset bien tenus. La désinfection des chambres et des linges se fera mieux par des lavages à la térébenthine que par le sulfate de cuivre qui est un poison. On en a vu des exemples dans les épidémies de choléra. Au moyen d’un pulvérisateur en caoutchouc on purifiera l’air avec la térébenthine. L’idée de placer le lit du malade au milieu de la chambre est bonne, mais il faudra l’entourer d’écrans qu’on aspergera de térébenthine. On fera de même pour les rideaux des fenêtres. La térébenthine est le meilleur des désinfectants tant à l’extérieur qu’à l'intérieur, à preuve que les urines répandent une odeur suave de violette. Les peintres en bâtiments qui se servent de térébenthine ne contractent pas la gale, lacare étant tué sur place. Les déjections doivent leur fétidité au séjour dans le tube intestinal. 11 est donc nécessaire de faire le lavage journalier du tractus au moyen du sulfate de magnésie déshydraté, qui a en outre l’avantage d’aider à l’oxygénation du sang. Cela vaut mieux que l’asepsie intestinale du professeur Bouchard.
L’isolement des malades qui ne peuvent être soignés à domicile est sans doute une nécessité, mais il faut voir dans quelles conditions. Ainsi le transport dans des voitures spéciales peut présenter du danger pour la propagation de la maladie. 11 faudrait donc que ces véhicules fussent désinfectés après chaque course. Quant aux locaux d’isolement tels qu’ils existent dans les hôpitaux, comme on en a fait la remarque, c’est souvent joindre l’infection du dehors à l’infection du dedans. L’isolement ne vaut donc que par de que valent les mesures.
Mais toutes ces mesures d’hygiène ne suffisent pas ; il faut y joindre la thérapeutique. Or cette dernière doit tendre à augmenter la résistance vitale aux miasmes (microbes si on veut). Et c’est ici que la dosimétrie doit jouer le principal rôle.
En effet, les moyens ordinaires de l’allopathie sont plutôt nuisibles qu’utiles, par l’écœurenient qu’ils déterminent. Lors de la première épidémie de choléra asiatique à Gand, en 1834, nous avons fait usage d’une poudre composée de camphre et de musc au vingtième de grain (mesure d’alors) dans un verre de liqueur, cela nous réchauffait l’estomac et nous permettait de passer, la journée durant, à l’amphithéâtre pour les autopsies des nombreux cadavres que l’hôpital attenant nous envoyait. Grâce à cette précaution, nous restâmes indemne du fléau, alors que plusieurs de nos confrères en furent victimes. Nous faisions donc de la dosimétrie, comme M. Jourdain delà prose.
Ce ne fut què plus tard — après la présentation du mémoire du baron Everard à l’Académie royale de médecine de Belgique, sur la méthode ato-
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mistique du docteur Mandt, de Saint-Pétersbourg que nous étendîmes ce. système à toutes les affections aiguës ou chroniques, sous le nom de méthode dosimétrique (voir notre Livre d'or).
Voilà ce que la Commission d’hygiène publique, en France, et son rapporteur M. Dujardin-Beaumetz savaient, de reste, et ce qu’ils ont cherché à dissimuler au public médical en particulier et sur le grand public en général. Le boisseau du silence dont ils avaient voulu nous accabler s’est fait tuile pour nos adversaires.
Toute épidémie miasmatique ou microbienne : choléra, fièvre jaune, peste, fièvre pernicieuse, quelle que soit sa forme sténique, est asthénique de sa nature. Il faut donc relever la vitalité et non l’affaiblir par des précautions qui se rient de leurs auteurs officiels. Notons que les Commissions n’ayant pas fait la plupart du temps, des recherches propres, en jugent comme les aveugles des couleurs. Elles prennent les apparences pour des réalités. Qu’en advient-il? C’est que la maladie s’impatronise au lieu de reculer. C’est l’histoire de J’influenza en ce moment. Qui dira que cette maladie n’est pas l’avant-garde d’une nouvelle épidémie de choléra? L’épidémie de 1834 avait été précédée de la terrible épidémie de fièvre pernicieuse de 1826. (Voir notre ouvrage Le Choléra indien.)
Notre système de prophylaxie est fort simple : le célèbre Boerhaave disait : « Se tenir le ventre libre, la tête froide et les pieds chauds. » Nous disons : Faites usage, le matin, de la poudre rafraîchissante au sulfite neutre de magnésie déshydraté, et prenez le soir, au coucher, la trinité dosimétrique : strychnine, aconitine, digitaline, et vous serez en mesure de résister au fléau. A l’époque dont nous parlons, les Commissions médicales prêchaient les débilitants et les narcotiques, d’après les idées de Jules Guérin. C’était enfermer le loup dans la bergerie. Que celle-ci soit propre ou sale, c’est toujours de même:
Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre Est soumis à ses lois,
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N’en défend pas nos rois.
Quant aux hôpitaux, la plupart sont des tombeaux anticipés; malheureusement le mauvais état des logements de la classe ouvrière en a fait une fatale nécessité.
Nous voilà loin des Instructions nouvelles (sic) de M. Dujardin-Beaumetz contre la fièvre typhoïde, mais il nous a fallu les compléter en indiquant les mesures thérapeutiques qu’il a soin de laisser de côté, lui cependant, le grand prêtre de la néo-iatro-chimie. L’illustre Bicliat définissait
la vie : « La résistance à la mort. » Et les pédants de l’École lui en ont fait un reproche, parce qu’on ne sait pas ce que c’est que la vie. Elle (l’École) ne nous a que trop fait connaître la mort.
Si on tire moins de sang aujourd’hui, on l’éteint par de soi-disant antipyrétiques, comme si la chaleur animale n’était la vie. En vain on en voudrait dire autant des alcaloïdes; ceux-là font tomber la fièvre en relevant les forces vitales au lieu de les abaisser. Voilà pourquoi la strychnine, l’aconitine, la digitaline, ce que nous avons nommé la trinité dosimétrique, doivent faire la base de la médecine prophylactique, de cette médecine qui prévient les maladies pour n’avoir pas à les guérir. Que parle-t-on des microbes? Est-ce que ce ne sont pas des produits de fermentation que les alcaloïdes ont pour effet d’empêcher, d’après l’axiome ablata causis tollitur effectus? Voilà pourquoi il faut toujours, même quand la saignée est indiquée, la strychnine, ce cheval de bataille du médecin, sans lequel toute résistance à la maladie est impossible, sinon mortelle.
Le vieux Caton dans toutes ses motions au sénat romain finissait par son Belenda Carthago. Nous ne voulons pas la destruction de l’École, mais il faut « quelle se soumette ou se démette ». Son silence, pour ne pas dire son mutisme vis-à-vis de la dosimétrie, a duré assez longtemps pour sortir de sa réserve et livrer le combat final. A Elle ou à Nous de céder le terrain. Mais elle y tient.