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MESURES A PRENDRE CONTRE LA FIÈVRE TYPHOÏDE

Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique du département de la Seine, sur la proposition de M. Dujardin-Beaumetz, a adopté la nouvelle (?) instruction suivante :

« Le germe de la fièvre typhoïde se trouve dans les déjections des malades. La contagion se fait à l’aide de l’eau^contaminée par ces déjections, ou par tout objet souillé par elle.

Mesures préventives. — En temps d’épidémie de fièvre typhoïde, l’eau potable doit être l’objet d’une attention toute particulière. L’eau récemment bouillie donne une sécurité absolue (1).

Cette eau doit servir à la fabrication du pain et au lavage des légumes. Avant de manger, il faut se laver les mains avec du savon.

Les habitudes alcooliques, les excès de tous genres et surtout .les excès de fatigue prédisposent à la maladie (2).

Mesures à prendre dès qu’un cas de fièvre typhoïde se produit. — Les cas de fièvre typhoïde doivent être déclarés au commissariat de police du quartier à Paris, et à la mairie dans les communes du ressort de la Préfecture.

L’administration assurera le transport du malade s’il y a lieu, ainsi que la désinfection du logement et des objets contaminés.

a) Transport du malade. — Si le malade ne peut recevoir à domicile les soins nécessaires, s’il ne peut être isolé, notamment si plusieurs personnes habitent la même chambre, il doit être transporté dans un établissement spécial : les chances de guérison sont alors plus grandes et la transmission de la maladie n’est pas à redouter.

Le transport devra toujours être fait dans une des voilures spéciales mises gratuitement à la disposition du public par l’administration.

b) Isolement du malade. — Le malade, s’il n’est pas transporté, sera placé dans une chambre séparée où les personnes appelées à lui donner des soins doivent seules pénétrer. Le lit sera placé au milieu de la chambre ;

(1) Pas tous,-puisque certains microbes résistent à la température d ébullition. D 1 2 ' B.

(2) Voilà pourquoi il faut éviter les Surmenages dans les écoles et les ateliers. D r B;

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les tapis, les tentures el grands rideaux doivent être enlevés. Cette chambre sera aérée plusieurs fois par jour.

Le malade sera tenu dans un état constant de propreté.

Les personnes qui l’entourent se laveront les mains avec une solution de sulfate de cuivre faible (12 grammes par litre d’eau) toutes les fois qu’elles auront touché le malade ou aux linges souillés. Elles devront aussi se rincer la bouche avec de l’eau bouillie (1).

c) Désinfection des matières. — Il est de la plus haute importance que les déjections du malade ainsi que les objets souillés par elles soient immédiatement désinfectées. La désinfection des linges et des mains sera faite à l’aide de solutions de sulfate de cuivre, les unes fortes (50 grammes par litre d’eau), les autres faibles (12 grammes par litre). Les solutions fortes serviront à désinfecter les linges souilles, les faibles pour les mains et les linges non souillés.

Les commissaires de police tiendront gratuitement à la disposition du public des paquets de sulfate de cuivre de 25 grammes. On mettra deux de ces paquets dans un litre d’eau, pour les solutions fortes, et un paquet dans deux litres d’eau pour les solutions faibles. Pour désinfecter les matières des déjections, on versera dans le vase un demi-litre de la solution forte. On lavera avec cette même solution les cabinets d’aisances et tout endroit où ces déjections auraient été jetées ou répandues. Aucun des linges souillés ou non, ne doit être lavé dans un cours d’eau. Les linges souillés seront trempés dans la solution faible.

Les habits, les literies et les couvertures seront portés atfx étuves municipales de désinfection. (A Paris des voitures spéciales viennent chercher à domicile les objets à désinfecter et elles les rapportent après leur passage à l’étuve. Dans la banlieue les étuves sont mobiles; elles sont conduites à proximité de l’immeuble où il y a des objets à désinfecter.)

d) Désinfection des locaux. — Cette désinfection est faite gratuitement par des agents spéciaux. Pour, cela il suffira de s’adresser ; à Paris, au commissaire de police du quartier ; dans la banlieue, à la mairie. Un médecin délégué est chargé de vérifier l’exécution des mesures présentés ci-dessus.

Réflexions. —- Ces mesures sont bonnes, mais un peu banales» quelques-unes mêmes d’une propreté civile et honnête, telle que se laver les mains au savon avant de manger. 11 serait plus opportun de le faire après» mais l’un n’empêche pas l’autre. Quod abundat non viciât. Dans tous les

(i) Mieux vaudrait une gorgée de cognac vieux. D 1 ' B;

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