‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 151 sur 246 · DE VIENNE (AUTRICHE · texte numérisé non relu

DE VIENNE (AUTRICHE

Dansla dernière réunion des naturalistes et médecins allemands (21 septembre 1891), l’honorable professeur, se posant en Jérémie de notre pauvre humanité, a dit : « Mort, maladies, douleurs, incommodités corporelles de nature variée, ce sont là l’héritage et la dot de l’espèce humaine vouée à la souffrance. En regard se dressent : la puissante impulsion qui nous pousse à vivre, nos efforts pour atteindre une existence exempte de souffrances,

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

un ardent désir de jouir d’une santé parfaite. C’est du conflit de ces éléments divers qu’est né l’art de guérir. »

La médecine allopathique fait-elle .tout ce qu’il faut pour conjurer ce v conflit? Hélas! le plus souvent c’est le contraire. On peut dire d’elle, comme le Méphistophélès de Gœthe : « Vous étudiez le monde dans ce qu’il a de grand et de petit, et à la fin vous laissez néanmoins aller les choses comme il plaît à Dieu, »- ce qui est une injure envers le Créateur de toutes choses. Pour les médecins, c’est la nature qui ne leur ménage pas les moyens de guérir ou de soulager les malades. Pourquoi les repoussent-ils souvent pour des moyens artificiels? C’est par orgueil de ce qu’ils nomment « science », cet arbre du bien et du mal dont notre première mère a cueilli la pomme fatale. L’allopathie en est encore là : « L’ignoramus des naturalistes les plus choyés de notre époque, s’applique à l’étude scientifique de la plupart des questions que soulève la médecine théorique, mais la vie, avec ses gémissements aux expressions les plus variées est là : à l’heure du danger, le malade invoque notre secours ; ceux qui souffrent réclament un soulagement à leurs maux. Jusqu’à quel point l’art de guérir satisfait-il sur le terrain de la pratique aux exigences de ceux qui s’adressent à lui? Où sont les limites de son pouvoir et à quoi sont-elles dues? Quelles perspectives s’ouvrent à lui d’étendre progressivement le domaine de sa puissance? Il est plus facile de poser ces questions que de les résoudre; aussi l’honorable professeur s’arrête aux bagatelles de la porte. Il nous entretient des progrès considérables consolants : la transformation subie par la dermatologie; le brillant essor qu’a pris l’ophtalmologie, la création de la laryngologie; le développement tout à fait stupéfiant de la chirurgie et de la gynécologie opératoires ; l’introduction dans le domaine de la médecine' interne d’une foule de substances médicamenteuses douées d’une grande activité; les méthodes curatives physiques; l’importance aux données que l’art de guérir emprunte à la physiologie, à ladiétélique, à l’hygiène. Tout cela — s’écrie l’honorable professeur — sont choses qui se sont accomplies à notre époque et en partie sous les yeux de notre génération. » A cela on peut répondre que c’est précisément la richesse de l’art qui prouve sa pauvreté. C’est cette ’inutile histoire naturelle, dont feu le docteur Amédée Latour a flétri la médecine sans thérapeutique. Nous entendons une thérapeutique naturelle et non un système prôné aujourd’hui qui sera abandonné demain.

On comprend où nous, voulons en venir. C’est que le sort de l’art de guérir est dans la dosimétrie. En dehors-d’elle pas de salut, comme en dehors de la nature il n’y a que la mort. Cessons donc ces vaines jérémiades,' ou plutôt rendons-les inutiles par une médecine préventive, c’est-àdire que l’art soit le moins nécessaire possible. D 1 B.

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