CCL1V
ÉTIOLOGIE DE LA DIPHTËIÎIE, PAR LE DOCTEUR BOZINSKI.
(Société médicale de Berlin, 3 février J892.)
L’auteur fait observer que les éludes sur l’étiologie de la diphtérie ont eu le malheur de ne provoquer l’attention des médecins que tardivement. Lôffler avait déjà décrit le bacille de la diphtérie en 1884, mais cette découverte fut contestée jusqu’à ce que les remarquables recherches de Roux eussent mis la chose hors de doute. L’auteur, depuis longtemps, a étudié la diphtérie au point de vue bactériologique s'ans avoir connaissance des travaux de Roux. Trois choses l’ont jusqu’alors préoccupé : 1° la question de savoir si on peut trouver la preuve absolue que le bacille de Lôffler est la cause réelle de la diphtérie; 2° la question de la contagiosité des diplitéritiques et de leur isolement; 3° la question de savoir si les exsudats diplitéritiques qui se modifient en apparence chez les sujets dont l’affection se complique de scarlatine, se modifient aussi bactériologiquement alors que se produisent des coccus au lieu de bacilles. Il a examiné 154 enfants diphtériliques : 118 avaient des bacilles de Lôffler et présentèrent une mortalité de 45, soit 38 p. c. Dans les 36 autres cas, on ne trouve que des coccus et pas de bacilles : il n’en mourut que 4, soit 11 p. c. C’est pourquoi il admet deux formes différentes de la maladie qui, tout en se ressemblant cliniquement, diffèrent beaucoup l’une de l’autre, en ce sens que la forme déterminée par le bacille diphléritique est dangereuse au plus haut point, tandis que l’autre, où il y a des coccus seulement, est innocente. La première forme est plus infectieuse et nécessite un isolement sévère, tandis qu’il est inutile dans la seconde. L’examen bactériologique nécessaire pour les différencier est très simple : un peu de l’enduit est répandu sur le sérum de Lôffler, et placé ensuite dans une étuve. Au bout de dix heures environ, il est possible de savoir si la diphtérie est provoquée par les bacilles ou les coccus. Dans les exsudats diphtéritiques d’origine scarlatineuse, on ne trouve jamais de bacilles, mais rien que des coccus. Les bacilles disparaissent même dans le cas où la scarlatine s’ajoute à la diphtérie et font place aux coccus (staphylocoques ou streptocoques).
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
Réflexions. — Ou pourrait conclure do ces. recherches qu’il y aurait un certain avantage à inoculer la scarlatine aux diphtéritiques si les deux affections n’étaient également contagieuses. Quant au traitement de la diphtérie, l’auteur n’en dit pas un mot. C’était cependant le cas de parler du traitement préconisé par le docteur Fontaine, de Bar-sur-Seine, c’est-àdire l’emploi antidiphtéritique du sulfure de calcium et des alcaloïdes défervescents, d’autant que ce traitement peut s’appliquer à toutes les maladies infectieuses ou parasitaires. C’est ce traitement que la méthode dosimétrique a fait connaître, bien que l’École s’obstine à le tenir sous le boisseau du silence. Le médecin n’a guère le temps de s’occuper de bacilles et de coccus; il suffit pour lui que la maladie soit reconnue, pour instituer de suite le traitement approprié. Non que ces recherches soient inutiles, mais elles appartiennent plutôt à ce que feu le docteur Latour nommait « de l’histoire naturelle de la médecine ».