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lui soldat empoisonné par erreur.
Le 7 février dernier, M. Freycinet a reçu une lettre de M. Jules Jolazot* député de la Nièvre, l’informant de son intention de lui poser la question* dès la rentrée de la Chambre, à propos d’un homicide par imprudence, sur la personne du sapeur-pompier Meunier, et sur les mesures à prendre pour éviter le retour de pareils accidents. A quoi l’honorable ministre civil de la guerre répondra que c’est un malheur regrettable, et tout restera dans le statu quo. C’est comme les pharmacies civils, où à chaque instant des erreurs homicides ont lieu. Il est même étonnant que cela n’arrive pas plus
MISCEELANËES
souvent dans ces boutiques à remèdes, dont les pauvres malades payent les frais de leur poche, si ce n’est de leur vie. Dans les hôpitaux civils et militaires, comme dans les officines privées, il règne une confusion inextricable au moment de ce qu’on nomme le coup de feu. Les pharmaciens et les aides sont ahuris et ne savent à qui entendre. Ils ont beau lécher du bout des lèvres, le sens du goût est perverti, au point de ne plus distinguer les qualités sapides des médicaments. Et puis quels amalgames hétéroclites dans ces « mixtions de breuvage » — comme dit ce bon Michel Montaigne. Le Monde thermal passe actuellement en revue ce qu’il nomme les malpropretés pharmaceutiques : c’est à se croire encore au moyen âge, au temps où l’on confectionnait des électuaires avec de la poudre de crânes de pendus !
Il est donc grandement temps de rendre la pharmacie digne de son objet, c’est-à-dire des salons au lieu de boutiques. Or, rien de plus facile avec les médicaments dosimétriques préparés selon toutes les règles, nous ne dirons pas de Fart, mais de la science ; seulement, il y a là une grosse question : le prix pour le public et le budget. Plus l’autel est riche, plus on vient s’y incliner. Nos pharmaciens sont supérieurs en cela aux épiciers : le soir on voit leurs devantures s’allumer de feux divers, comme des phares. Le client se trouve attiré — comme les moucherons à la lampe — seulement ce ne sont pas ses ailes qu’il y brûle, mais quelquefois sa vie. Qu’y faire : Mundus vult decipi ergo decipiatur. Mais dans les hôpitaux officiels, cela ne devrait pas avoir lieu. Là la dépense est toute à charge de l’administration. Ce n’est pas exagérer que de dire quelle comprend un bon tiers de la dépense générale. Il est vrai qu’il faut qu’un budget se dépense. Au fond, toute la question est là : on ne veut pas de la dosimétrie, parce que cela ne coûte pas assez. Allez donc débrouiller un compte d'apothicaire. Si Molière n’avait attaqué les Fleurants, ceux-ci l’eussent laissé tranquille; et les Tartufes courraient encore les rues et les alcôves.
CONTRIBUTION A l’ËTÜDE DES SÉPULTURES AU POINT DE VUE HYGIÉNIQUE) PAR M. BELVAL.
[Bulletin de l'Académie royale de médecine de Belgique , 1892.)
Ce sujet est longuement traité — on pourrait dire con amore —- sans aboutir à un système autre que ceux existants dans les divers pays. L’au-
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
teur passe successivement en revue l’enterrement, la crémation, les galeries et caveaux mortuaires. Il est évident que de tous ces systèmes, le plus simple est celui qui rend la dépouille mortelle humaine à la terre, ou elle subit une combustion lente, sans décomposition putride, du moins suffisante pour altérer l’air ambiant, puisque dans les villes et villages la plupart des cimetières sont placés au centre des agglomérations sans qu’il en résulte des inconvénients sérieux pour les habitants, Au contraire on voit les habitations enserrer les cimetières, au point — pourrait-on dire — de les étouffer. Le seul danger çe sont les caveaux, dont M. Brouardel a dit, avec raison : « Dans les caveaux l’absence de terre pour recueillir les liquides et les gaz qui sortent d’entre les planches des bières, crée des conditions dangereuses spéciales. Dans lés bières doublées en plomb, le mode de décomposition est absolument différent. Dans le cas relativement assez fréquent, où les cadavres sont placés dans des cercueils à peu près hermétiquement fermés, soiten pierre, soit en bois spéciaux, soit en plomb, comme cela a lieu le plus souvent; ces cercueils eux-mêmes renfermés dans les caveaux scellés des monuments funéraires, il arrive que les fluides élastiques ne pouvant s’échapper, composent aux cadavres une atmosphère factice qui retarde leur décomposition et favorise leur dessiccation ou leur transformation en momies sèches, mais non sans qu’il y ait toutefois de nombreuses exceptions à cette règle. » Les caveaux sont donc des sources d’infection. A ce point de vue, mieux vaudrait la crémation si celle-ci netait trop coûteuse. En Italie,'on scelle les cadavres dans des réduits comme les colombiers anciens. Il suffit d’avoir visité ces cimetières pour s’être assuré combien ils sont infects, et se rappeler la sentence de Salomon : Tout est vanité. » Infection serait ici le mot propre. Dans nos Études médico-économiques, nous avons donné un plan de cimetière que nous croyons utile de rappeler ici, puisque l’honorable rapporteur de l’Académie n’en a rien dit. Peut-être a-t-il craint le spectre delà dosimétrie, comme dans Hamlet.
Un cimetière doit être une citadelle garantissant le respect des morts sans porter préjudice aux vivants. Voilà pourquoi ils doivent être entourés d’un épais rideau d’arbres de haute futaie, comme des glacis. Au centre se trouvera le terre-plein, ou plateau sablonneux, planté d’arbustes résineux, afin d’y maintenir une atmosphère salubre.
Tout autour du plateau, une large tranchée pour le drainage. Ces cimetières étant placés à une distance suffisante des agglomérés d’habitations, on y aura accès par des voies ferrées pour la promptitude et la facilité des visiteurs. Des chambres mortuaires, tenues à une température ni trop élevée ni trop basse et placés sous la surveillance d’un gardien, permet-
Irait de conserver les corps jusqu’à putréfaction commençante, seule preuve de la mort réelle.
Quant aux caveaux mortuaires, ils seront complètement supprimés, tout cadavre devant être confié à la terre, dans des bières légères se consommant rapidement. Ce qui n’empêchera pas d’élever des monuments funéraires rappelant la place des morts : « Ci gît... » Voilà ce que nous aurions voulu que l’honorable rapporteur eût dit, au lieu de s’étendre en une longue digression sur des sujets connus et rabattus. Mais on n’est pas de l’Académie pour rien. Le mot Académie donne cependant l’idée d’un sujet moins lugubre, puis l’établissement d’Académus était un jardin riant.
INJECTIONS D’ATROPINE (SULFATE) COMME HÉMOSTATIQUE, PAR LE DOCTEUR REERWETH.
(Revue médicale de Louvain.)
Des injections de trois à six dixièmes de milligramme ont procuré une hémostase rapide dans plusieurs cas d’hémoptysie, d’épistaxis et d’hématémèse, rebelles à l’ergotine et aux autres moyens usuels. L’hémorragie s’est toujours arrêtée au bout de 10 minutes. Chez un malade l’injection a dû être répétée trois fois; chez les autres, une seule injection a suffi pour arrêter définitivement la perte de sang. D’après le docteur Taeke, l’atropine en injections hypodermiques serait aussi un bon moyen pour combattre les pertes menstruelles profuses. L’effet hémostatique de l’atropine s’expliquerait par un mécanisme tout différent de celui de l’ergotine : celle-ci fait contracter les capillaires; l’atropine en paralysant les nerfs vaso-moteurs augmente Ta quantité de sang dans tout le système capillaire, diminue l’afflux sanguin vers le lieu de l’hémorragie et favorise ainsi la formation du caillot. C’est le cas de répéter : Tradidit mundum disputationibus illorum. En médecine toutes les hypothèses se valent pourvu quelles aillent au but. Or il n’en est pas ainsi dans l’hypothèse de la paralysie des nerfs vasomoteurs. C’est tout le contraire, c’est-à-dire qu’il faut au contraire la contraction ou le resserrement des capillaires. C’est ainsi qu’agissent les alcaloïdes en général et l’atropine a en outre la propriété de dissiper les spasmes ou l'embarras sanguin.
Quoi qu’il en soit* on est souvent obligé de recourir à la quinine, préfé-
rablement à l’hydro-ferro-cyanate, combiné à la strychnine (arséniate ou sulfate), un milligramme du premier contre un demi-milligramme du second, en granules solubles, ainsi que l’enseigne la dosimétrie. L’atropine est un agent puissant mais dangereux, dont on ne peut pas toujours déterminer les effets à cause des idiosyncrasies. Ainsi, sur nous-même, nous avons déterminé une violente iscliurie par 3 granules. Allons, Messieurs les allopathes, un bon mouvement, ralliez-vous à la dosimétrie et la paix sera faite. Sinon, la guerre sans merci et sans trêve.