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DE LA FIÈVRE BILIEUSE RÉMITTENTE AU TONQUIN, PAR LE DOCTEUR BOINET

(Congrès de Marseille, 1891.)

L’auteur a étudié cette fièvre au triple point de vue de la symptomatologie, de l’étiologie et de la bactériologie. Les conditions étiologiques sont les suivantes :

1° Fréquence en mai, juin, juillet, chez les personnes non acclimatées;

2° Action des fortes chaleurs, alternant avec des pluies torrentielles;

3° Épais brouillards chargés de ces effluves, ne se dissipant qu’après le’ lever du soleil ;

4° Végétation puissante des jungles et de la brousse du Haut-Tonquin non utilisée ;

5° Décomposition des matières végétales jonchant le sol des forêts vierges ;

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

6° Influence de la putréfaction animale concomitante, sur la gravité et la modalité ataxo-adynamique de la fièvre rémittente bilieuse.

L’auteur a ensemencé sur agar du sang recueilli, avec toutes les précautions désirables, au niveau de la pulpe de l’index d’un malade atteint de fièvre rémittente bilieuse. Ces cultures se présentent sous forme de points, puis de petites plaques blanches en relief, à contours nets ; elles sont uniquement formées de microcoques sans mélange d’autres microbes. Ces cocci, bien colorés par le bleu de méthyle, sont le plus souvent disposés en chaînettes de quatre éléments ; leur dimension moyenne est de huit millimètres. La présence de ces microcoques dans le sang paraît plutôt tenir à une association microbienne, et peut expliquer certains points relatifs à la symptomatologie (ictères, troubles nerveux), à la pathologie et à l’étiologie de ces fièvres rémittentes bilieuses du Tonquin.

Les observations du docteur Boinet quant à la bactériologie des fièvres palustres confirment celles du professeur Salisbury dans l’Amérique du Nord, et de Lavaran en Algérie. C’est l’histoire des miasmes en général, auxquels on ne peut se soustraire qu’en se saturant de quinine ; non à des doses massives, mais dosimétriquement. Quand le tant regretté Paul Bert partit pour le Tonquin, lui qui eonnnaissait la dosimétrie et en avait rendu compte dans le journal la République française, nous l’engageâmes à se munir de granules d’arséniate et d’hydro-ferro-cyanate de quinine, d’arséniate, de strychnine et d’en prendre par mesure de précaution. Il nous répondit que c’était affaire de son médecin ! On sait le reste.

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