VI
qués d’ischurie, de constipation. La respiration est ralentie. Les exanthèmes sont symétriques; dans certains eas, on a décrit des efflorescences nombreuses, de petites papules symétriques, punctiformes, rouge sombre, etc. On a signalé aussi des troubles de la sensibilité, la somnolence, l’affaiblissement ou l’abolition des réflexes cutanés, avec augmentation ou conservation des réflexes tendineux. Parfois aussi, ce sont des hallucinations, la diplopie, les visions, la manie. L’urine colorée en rouge-brun renferme de l’hématophosphyrine, que l’on peut trouver par le procédé de Salkowski, fondé sur la précipitation de la matière colorante par la solution alcoolique de chlorure de baryum. Le précipité traité plusieurs fois par l’alcool absolu, est ensuite chauffé avec un mélange de 10 centimètres cubes d’alcool rectifié et 6 à 8 gouttes d’acide chlorhydrique. On filtre et on peut apercevoir au spectroscope les lignes d’absorption. On trouve aussi dans l’urine des traces d’albumine et des éléments des reins. Cette urine renferme une petite quantité de sulfonal inaltéré, dont la plus grande partie est éliminée de l’organisme sous forme de sulfates solubles. Il faut donc suspendre l’administration du sulfonal quand on voit l’urine se colorer et qu’on peut suspecter la présence de Thématoposphyrine. »
Réflexions. — Voilà donc les prôneurs de médicaments nouveaux pris sur le fait! Faut-il s’étonner qu’il y ait tant de maladies inconnues autrefois, alors qu’on n’employait que les médicaments naturels? Feu le professeur Forget, de Strasbourg, a comparé les médicaments complexes de l’allopathie à des décharges à mitraille. Eh bien, comme pour les engins de guerre, il faudrait des bancs d’épreuve avant de permettre l’introduction des médicaments nouveaux dans la pratique. L’auteur de l’article que nous signalons dit qu’il faut suspendre le sulfonal dès que l’urine se colore et qu’on peut suspecter la présence de l’hématoposphyrine. Mais c’est qu’alors l’intoxication a déjà eu lieu. «Le sulfonal — dit le journal de M. Dujardin-Beaumetz — est un excellent hypnotique»; mais le grand prêtre delà thérapeutique de hasard, l’a-t-il essayé sur lui-même? Avant de prôner les alcaloïdes pour la pratique courante, nous les avions expérimentés sur notre personne ; d’ailleurs, nous avons eu soin de préciser les doses comme point de départ et point d’arrêt. Avec le sulfonal on va au hasard. On parle de certaines doses, mais quelles sont ces doses? D’ailleurs, connaît-on a priori les circonstances individuelles'ou idiosyncrasies des malades,puisqu’il suffit de 4à2grammes pour produire les phénomènes d’excitation et de lipothymie. Or, c’est dans les maladies du cœur que les insomnies sont les plus fréquentes. Nous livrons ces réflexions aux praticiens qui se laissent éblouir par les noms d’auteur. D r B.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.