DU RHUMATISME ET DE SON TRAITEMENT DOSIMÉTRIQUE
La Revue des hôpitaux, dans son numéro d’octobre 1891, reproduit une leçon clinique du professeur Potain, où il est question du froid humide
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
comme cause déterminante de cette affection. C’est en suspendant la transpiration insensible de la peau que le froid agit, et non par une action directe sur le système musculaire et fibreux. Il y a ainsi acidification des humeurs et des sucs dont ces tissus sont imprégnés. C’est cette acidification qui doit déterminer le traitement par ce que nous nommons la Trinité dosimétrique : la strychnine, l’aconitine, la digitaline au début, la quinine s’il y a fièvre d’accès et plus tard les neutralisants : les benzoates de soude, de lithine. Quant aux moyens externes, ils doivent avoir pour objet de rétablir la perspiration cutanée : par les frictions alcalines, les bains chauds et même froids si la réaction s’établit rapidement, le massage, comme le pratiquent les guérisseurs, les vêtements de laine. On voit que ce traitement n’a rien d’empirique et peut être institué sous tous les climats, notamment dans les pays froids et humides.
ÉRUPTION BROMURIQUE POLYMORPHE.
(Société de dermatologie et syphiligraphie, juillet 1891.)
« M. B. Marly. — J’ai observé, il y a quelque temps, un cas d’éruption bromurique, analogue à ceux que MM. Feulard et Cayla ont communiqué à la Société de dermatologie, dans la séance du 11 juin dernier. Il s’agit d’une malade de 50 ans, nerveuse, qui m’avait été adressée pour un épithélioma superficiel de l’aile du nez. Cette dame, sous l’influence de la ménopause, avait vu s’accentuer ses troubles névropathiques. Je la soumis au traitement bromuré : 1 gramme de bromure de potassium et 1 gramme de bromure de sodium par jour. Sauf quelques rares pustules d’acné au front et au menton, la médication fut bien supportée pendant quelques jours et la malade paraissait bien s’en trouver quand, trois semaines après, elle vint me montrer une éruption presque généralisée ; les membres inférieurs-seuls, étaient à peu près indemnes, présentant seulement quelques éléments de folliculite ; sur le tronc en avant, en arrière et sur les côtés, on voyait des taches érythémateuses, scarlatiniformes, d’aspect toxidermique, auxquelles venaient se joindre dés éléments papuleux et acnéiques, surtout au dos et aux fesses; à la nuque deux furoncles de la grosseur
d’une noisette; au bras droit un autre furoncle de même dimension, mais plus aplati ; enfin à la face postéro-externe du bras gauche et à la partie moyenne, un anthrax de la dimensioh d’un pièce de cinq francs argent, ouvert sous l’influence de cataplasmes quelle avait appliqués de son chef, présentant cinq pertuis d’où s’échappaient des bourbillons, avec une douleur très vive surtout à la pression; troubles gastriques et léger mouvement fébrile, pas de sucré ni d’albumine dans les urines. Pensant que le traitement bromuré n’était pas étranger aux accidents que je viens d’énumérer, je fis suspendre cette médication ; je prescrivis de lavage au borax, et quelques jours après, tout était rentré dans l’ordre.
» Cette observation m’a paru présenter un certain intérêt : 1° Elle montre une fois de plus , que les bromures, même à faible dose, peuvent déterminer des troubles assez sérieux, notamment dés lésions cutanées, et que, par suite, il faut surveiller leur action. Ce fait est bien établi : MM. Hardy, Kaposi, Brocq, Jacquet en ont cité des exemples au Congrès de dermatologie de 1889. 2° Elle vient à l’appui de ce que faisait remarquer dernièrement M. le professeur Fournier, à savoir que la tolérance d’un même médicament, chez un même sujet, varie d’une époque à une autre, ma malade avait pris depuis, du bromure de potassium sans autre accident que quelques pustules d’acné au visage. »
Réflexions. — Si ces faits de bromurisme sont si bien établis (et on ne saurait en douter d’après l’aveu de leurs auteurs), pourquoi persévère-t-on dans l’emploi d’un médicament aussi nuisible?
Chez les femmes à l’âge de retour, les affections de la peau sont très imminentes; pourquoi les provoquer par une médication empirique? Pourquoi ne'pas diminuer la susceptibilité morbide de la peau par des calmants défervescents, tel que la vératrine? Nous pourrions en citer de nombreux exemples : entre autres celui d’une malade qui étant à l’époque-de retour, présentait des plaques eczémateuses au visage, au cou, au bras, pour lesquelles on l’avait soumise à un traitement par la liqueur de Fowler. Son état s’était empiré de telle sorte qu’on eût dit la lèpre. La vératrine, à raison de 6 granules par jour, 2 par 2, et des bains à l’eau de son eurent raison de ces accidents arsenicaux. Que si on veut recourir à une médication artificielle par l’arsenic, les iodures, les bromures, etc., il faut le faire avec les eaux minérales où la nature a dosé ces sels d’une manière inoffensive, à moins d’en abuser dans l’usage médical.
En dosimétrie, c’est toujours par petites doses qu’on procède et non par doses massives comme en allopathie. Pourquoi les allopathes y voient-ils comme un reproche de leurs agissements contraires? Il y a près de vingt
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ans que nous prêchons notre méthode, pourquoi y a-t-il encore des retardataires par une obstination coupable? En vain objecteraient-ils qu ils guérissent également par l’allopathie, les faits que nous venons de citer prouvent le contraire. C’est le cas de répéter : « Il n’est pas de pires sourds et de pires aveugles, que ceux qui 11 e veulent ni voir ni entendre. »
CGC