‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 195 sur 246 · ACTION DIURÉTIQUE DU LAIT, PAR LE PROFESSEUR G. SÊE · texte numérisé non relu

ACTION DIURÉTIQUE DU LAIT, PAR LE PROFESSEUR G. SÊE

(Académie de médecine, juin 1889.)

Selon M. G. Sée, si le lait est un diurétique, c’est à cause de son sucre ; 100 grammes de lactose dissous dans deux litres d’eau et donnés en vingtquatre heures, produisent une diurèse abondante. Le malade rend 2 1/2 litres d’urine le premier jour; 3 1/2 litres le deuxième jour ; 4 1/2 litres le troisième jour. A partir de ce moment, la polyurie reste stationnaire ou s’abaisse à 2 1/2 litres pendant quelques jours (1). Il faut alors cesser l'administration de la lactose pour la reprendre quelque temps après. Le sucre de lait, selon l’auteur, présente sur le lait cet avantage qu’il ne détermine ni glycoserie, ni azoturie, tandis que le lait à la dose de 4 litres produit de la glycosurie et une perte considérable d’urée. Selon M. G. Sée* le sucre de lait agit admirablement dans les hydropisies d’origine cardiaque, mais il échoue dans celles qui dépendent de lésions rénales : dans le rein cardiaque, lorsque l’albumine s’élève à 1 gramme environ, la lactose n’agit plus. On peut en conclure que cette substance n’est un diurétique ni patson action sur le cœur, puisque la pression n’est pas augmentée, ni par son action osmotique, mais par son action sur le rein, puisqu’elle n’agit plus lorsque cet organe est malade. On corrigera la fadeur de la tisane à la lactose par l’addition de quelques-gouttes d’eau-de-vie ou de menthe. Grâce à ce traitement les cardiaques ne seront plus soumis à la diète lactée» mais pourront bénéficier de l’alimentation ordinaire.

Nous ferons ici quelques remarques. Le sucre de lait est le seul sucre qui se brûle intégralement dans l’économie, c’est-à-dire-qu’il ne passe pas par des oxydations intermédiaires auxquelles sont dus les acides abnormes, tels que l’acide lactique, l’acide oxalique, l’acide butyrique, etc., d’où dépendent la plupart des scrofuloses. On comprend donc que rien nesau-

fatigueut.

DE 'MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE,

rait remplacer le lait maternel pour l’enfant, dont les urines tendent généralement à devenir aeides. C’est sous ce point de vue que la lactose peut être diurétique. Nous pensons cependant qu’il faut employer le lait tel que la nature nous le donne, c’est-à-dire comme aliment complet : caséine, albumine, graisse, sucre, sels : de sodium, de potasse, etc. ; ces matériaux, étant assimilés, c’est l’eau du lait qui passe par les reins et produit ainsi la diurèse et non la lactose, puisque celle-ci est intégralement brûlée. Le régime lacté a donc ses indications diététiques. Et quant aux agents thérapeutiques, nous les trouvons de préférence parmi les alcaloïdes défervescents, notamment la strychnine, l’aconitine, la digitaline. On sait combien la diurèse est importante pour le vieillard. C’est à ces trois agents que nous attribuons principalement ce qu’on est convenu d’appeler notre verte vieillesse.

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