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CCCXXVI1I

TRAITEMENT DE LA MÉTRITE CHRONIQUE PAR LA CAUTÉRISATION AVEC LE CRAYON AU CHLORURE DE ZINC, PAR LE DOCTEUR DUMONTPALLIER.

(Académie de médecine, 11 juin 1889.)

On sait que ce fut le docteur Cancoin qui mit en vogue ce caustique contre les cancers en général. Il se fondait principalement sur ce que cette pâle agit lentement par une sorte d’imbibition, et quon peut y revenir à plusieurs reprises de manière à extirper les racines du cancer, ce dont on n’est jamais sûr avec l’opération sanglante. Ce sont ces avantages que M. le docteur Dumontpallier a voulu utiliser dans la métrite chronique. Mais nous craignons qu’il en sera de ses cautérisations comme de celles de Cancoin, c’est-à-dire qu’on finira par reculer devant les accidents de résorption, comme nous en avons vu des exemples. M. Dumontpallier

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

croit que la cautérisation de la matrice au crayon de chlorure de zinc ne détermine pas de complications si les malades sont dociles, si l’opérateur est prudent dans l’application de son procédé; mais tous les opérateurs n’auront certainement pas l’habileté et la prudence de M. Dumontpallier. Ensuite le mot « métrite chronique » est bien vague. Il est donc à craindre qu’on n’abuse de la cautérisation sur la foi du magister dixit.

DE l’uTIUTË DES RECHERCHES EXPÉRIMENTALES POUR SERVIR DE RASE A LA THÉRAPEUTIQUE, PAR LE DOCTEUR LABORDE.

11 y a longtemps que le Répertoire prêche ce thème, auquel l’Ecole fait la sourde oreille jusqu’au moment de s’en emparer selon l’éternel

« Sic yos non vobis vellera fertis oves. »

Mais comme nous^ne sommes pas disposé à nous laisser tondre de notre vivant, nous ne négligeons aucune occasion de rappeler nos adversaires à la pudeur, M. Laborde a fait des recherches dans le but de faire voir que la thérapeutique expérimentale est la base la plus solide de la clinique. Il s’appuie pour légitimer cette manière de voir sur les différences d’action de la strophantine, de la spartéine et de la digitaline, chacune de ces substances ayant une action spéciale sur le cœur7 répondant à une action différente. Nous ferons, observer qu'il ne s’agit ici que du plus au moins, et que dans des expériences de ce genre il faut s’adresser aux agents antagonistes. Ainsi, veut-on savoir si on a affaire à un spasme ou une paralysie, on donnera successivement la strychnine et l’hyosciamine. Le Répertoire en a fourni de trop nombreux exemples pour qu’il soit nécessaire de les reproduire, mais il est bon cependant de les répéter pour les sourds et les aveugles (volontaires). Ainsi dans les obstructions intestinales, au lieu de s’y heurter brutalement par les drastiques, comme en allopathie [purgare, clysterium donure), on commencera, je suppose par l’hyosciamine, dans un véhicule huileux. On attend quelques instants et n’obtenant pas l’effet voulu, on se dit qu’il y a là plus que du spasme, mais de la paralysie; et on donne la strychnine. Il est rare que l’effet ne se produise en peu de temps, à moins d’une lésion matérielle. Tl en est de

même dans les cardiopathies (nous laissons ici également de côté les lésions matérielles, si difficiles et si obscures à diagnostiquer, quoi qu’en dise M. Potain).

Le Répertoire a relaté le cas du docteur Pelletan, médecin de la Charité, que ses confrères traitaient pour une névrose du cœur, à la manière de M. de Pourceaugnac, par des lavements de camphre et de valériane. La cardiopathie eut ainsi tout le temps de se convertir en maladie organique, dont le pauvre docteur est mort, en dépit de son spécifique : le café vert. Cela ne serait pas arrivé si on avait songé à la digitaline et à la strychnine. Il est vrai que la dosimétrie n’existait pas à cette époque. Mais depuis! Allons! Messieurs les allopathes,nous finirons par nous entendre, et alors il n’y aura qu’un cri de joie au ciel... des malades.

l’iîpilepsie partielle passible de la chirurgie (1).

& (Académie de médecine.) ,

Dans un article du Répertoire, nous avons signalé le sclérome, soit de la moelle allongée, soit du cerveau, comme cause de l’épilepsie et nous l’avons comparé au cor-au-pied dont on fait cesser Ja douleur en l’extirpant. 11 en est de même de l’épilepsie, où la chirurgie intervient aujourd’hui avec succès quand l’endroit où le sclérome s’est développé est accessible à l’instrument. Tel a été le cas rapporté par M. Péan, l’habile et l’heureux chirurgien. Il s’agit d’un jeune homme de 28 ans, atteint de crises épileptiques avec parésie du membre inférieur droit. On pensa que les accès étaient dus à une tumeur située au niveau du voisinage du centre moteur. L’opération du trépan donna raison à cette supposition et un fibro-lipôme de la piemère put être extirpé. L’opération remonte à deux mois et demi et les

(1) On sait que M. Charcot admet dans l’écorce cérébrale une zone motrice comprenant au moins trois centres, dont la localisation peut être déterminée, selon lui, avec une suffisante précision : un centre pour la face, un centre pour le membre supérieur et un centre pour lé membre inférieur. Qu’en sera-t-il de ces localisations? peut-être comme pour les précédeütes. Ce sera toujours au petit bonheur. La difficulté sera tbujours si la paralysie est directe ou croisée. Mais en tout état de choses la trépanation n’offre pas les dangers qu’on lui avait supposé jusqu’ici. Grâce aux moyens antiseptiques, on pourra dorénavant faire les opérations exploratives les plus profondes dans les cavités splanchniques, au lieu de s’en rapporter à l’autopsie. D r B, ,

crises n’ont pas reparu. Mais Respice finem! Le fait de M. Péan n’en est-pas moins remarquable, tant au point de vue du diagnostic que de la hardiesse opératoire. Nous devons ajouter que M. Péan a été précédé dans cette voie par les chirurgiens anglais.

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