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LES MALADIES ET LES SYMPTÔMES A NOMS PROPRES

{Concours médical.)

A en ju^er d’après le tableau que donne de ces maladies le Concours médical, il semblerait que l’art médical date d’hier : on pourrait presque

dire une foire aux vanités, où les noms propres se substituent à des états symptomatiques connus de longue date.

Passe des sommités reconnues, tels que : Dupuytren, Laënnec, Velpeau, Cloquet, etc., mais comment se reconnaître parmi tant d’autres célébrités du moment et par conséquent ne disant rien par elles-mêmes? Qu’on demande à cent mille médecins : « Qu’est-ce que la « maladie de Kopasi »? Je doute qu’il y en ait un seul qui réponde : « C’est lé xer oderma pigmenlosum. »

Passe encore un état symptomatique constaté pour une première fois, tel que le ballottement rénal par le professeur Félix Guyon. Mais tant d’autres états auxquels on a prétendu assigner des noms d’auteurs étaient connus avant eux. Ainsi de l’ataxie locomotrice de Duchène (de Bologne), qu’il faut rapporter tout aussi bien à Cruveilhier qui, le premier, a signalé la sclérose ou induration des ganglions intravertébraux ; à Aran qui a fait connaître l’atrophie musculaire progressive, etc. Sans nul doute la reconnaissance publique exige que les noms de ceux qui ont été utiles à la science et à l’humanité soient conservés, mais il faut pour cela une justice distributive rigoureuse de manière à ne pas dépouiller quelques-uns au profit d’autres souvent moins méritants. Il y a un autre inconvénient à ces sortes de personnifications : c’est de convertir le symptôme en entité. N’est-ce pas là la cause de l’anarchie qui s’est établie en allopathie ? Telle maladie, pour les uns est une sthénie ; pour d’autres, une asthénie. De là aussi les systèmes en médecine qui ont fait tant de mal à l’humanité. Un symptôme local n’est souvent que le signe d’un état général. C’est donc ce dernier qu’il faut rétablir dans son équilibre fonctionnel. Sous ce rapport, on peut affirmer que la dosimétrie est la seule médication logique possible, parce quelle sert de pierre de touche. Quand on dit : « Maladie de Gerlier ou vertige paralysant, » est-ce le spasme ou la paralysie qu’il faut combattre? La dosimétrie répond : Les deux ; parce que l’un ne va pas sans l’autre.

L’effet thérapeutique ne sera donc obtenu que par l’association des antispasmodiques et des antiparalytiques : strychnine et hyosciamine ; ainsi qu’on en a des exemples dans les obstacles aux évacuations en général. Prenons la colique des peintres; la rétention essentielle d’urine; le vertige a stomacho læso de Trousseau, etc. Si on ne détend pas le sphincter en même temps qu’on lève la paralysie des plans musculaires longitudinaux, on n’obtient aucun résultat utile : on butte contre l’obstacle et on empire la position du malade. En vain objectera-t-on la douleur. Celle-ci est le résultat de l’obstacle même, comme dans le travail de J’accouchement, où la stryhnine associée à l’hyosciamine est si déterminante. Quand,'

DE MEDECINE DOSIMÉTRIQUE.

sur la foi de Brown-Séquard, on donne dans l’épilepsie le bromure de potassium, est-on bien sûr de ne pas faire d’un épileptique un gâteux? de même que dans la chorée infantile on change le petit mal en haut mal? On voit par là combien il est dangereux d’agir en vue d’un symptôme avant d’en avoir approfondi la cause. Prenons encore les détresses, respiratoires, on a : l 'asthme de Kopp. thymique ou le spasme de la glotte, — l 'asthme de Millar ou laryngite striduleuse,—la maladie de Parkenson ou paralysie agitante, — Ja maladie de Londres ou paralysie agitante aiguë, — la maladie de Jackson ou épilepsie partielle,—la maladie de Menière ou vertige labyrinthique, — la maladie de La Tourelte ou incoordination motrice avec civolie et coprolotie, la maladie Erb-Gharcot ou tabes dorsal spasmodique, — le Tic de Salaam ou substation convulsive, —la maladie de Thomson ou spasme musculaire au début des mouvements volontaires, etc., etc., tous ces états symptomatiques n’indiquent-ils pas une rupture d'équilibré ou spasme musculaire? Et comment lever ce dernier par un seul agent soit antispasmodique, soit antiparalytique?

C’est l’histoire des spécifiques en général, dont le docteur Double a dit spirituellement : « Hâtez-vous de vous en servir pendant qu’ils guérissent encore. » Le médecin marche ainsi comme dans un labyrinthe, ne sachant plus quelle direction prendre. On vante beaucoup en ce moment l’antipyrine et on l’administre à tort et à travers, sans se douter qu’on asphyxie le sang des malades en attendant qu’on asphyxie les malades eux-mêmes. Et cela pourquoi et par qui? Sur la foi,d’un magister quelconque. En médecine, il n’y a pas d’autorité : il n’y a que l’expérience, mais comme celle-ci est trompeuse : Experientia fallax, il faut jeter la sonde, comme le marin dans une mer inconnue, afin de ne pas donner sur les récifs.

C’est ce qu’on fait en dosimétrie, en employant les agents simples, tandis qu’en allopathie, « en associant une. foule de substances on espère qu’une d’entre elles au moins atteindra le but : c’est ce que j’appelle familièrement une décharge à mitraille dont quelques éclats pourront par hasard frapper l’ennemi, c’est-à-dire la maladie. » (Forget, Principes de thérapeutique générale et spéciale, 1860, p. 279.)

Et dire, après cela, que les allopathes reprochent aux dosimètres de faire une médecine purement symptomatique. Plût au ciel qu’ils fissent de même : ils ressembleraient moins à l’ours de la fable (pour ne pas dire qu’ils en font une réalité).

Nous bornons ici nos remarques, craignant d’en avoir déjà trop dit pour l’honneur de l’art de guérir.

CCCXXYII

TRAITEMENT DE LA LITHIASE BILIAIRE PAR L’HUILE d’oLIVE A HAUTES DOSES, PAR MM. A. CHAUFFARD ET DUPRÉ.

(Société dos hôpitaux, 12 octobre 1888.)

On sait que ce traitement a été préconisé en 1887 par un médecin de la Nouvelle-Orléans, le docteur Touare. Il suffit de prendre en deux fois environ 400 grammes d’huile d’olive et de se coucher trois heures sur le côté droit et dix heures après les calculs sont évacués. Ce sont ces expériences qui ont été reproduites par MM. Chauffard et Dupré. On comprend qu’il s’agit seulement d’une évacuation des matières biliaires concrètes par glissement. Dans de cas analogues, nous avons obtenu de bons résultats de 1 huile de ricin donnée par cuillerés à dessert, en y ajoutant chaque fois 1 granule strychnine (sulfate ou arséniate) et 1 granule hyosciamine.

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