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LES MÉDECINS ET LES OFFICIERS DE SANTÉ

Nous avons traité à diverses reprises dans le Répertoire la question du relèvement de la profession médicale. II fut un temps où les officiers de santé existaient en Belgique, comme en France ; c’était une sorte de vasselage que l’École soutenait parce quelle trouvait dans les officiers de santé des sujets, pour ne pas dire des serfs, dont elle savait tirer bon parti, comme autrefois les seigneurs de leurs droits seigneuriaux, les prêtres de la dîme. L’officier de santé était tenu d’appeler en consultation un docteur en médecine dans les cas un peu graves, et il ne lui était permis de pratiquer une opération qu’en présence d’un docteur en chirurgie. Les commissions médicales qui se recrutaient par elles-mêmes et se composaient généralement demédecins officiels, avaient soin de faire observer rigoureusement ces restrictions. C’était l’âge de la pratique triomphale; le médecin appelé arrivait en chaise de poste, s’asseyait à une table d’honneur avant de voir le patient et s’en retournait la sacoche pleine d’écus, laissant le pauvre officier de santé chargé des soucis du traitement et de sa misère. Tel est l’état de choses que le projet en question voudrait maintenir en France. Au dire de son auteur, M. le professeur Brouardel, « la suppression de l 'official ferait perdre de son prestige au doctorat »,et plus loin il ajoute : « Nous n’avons aucun intérêt à supprimer les officiers de santé et à abaisser en ce moment la valeur du corps médical français. » On ne saurait pousser la naïveté plus loin. C’est du moyen âge tout pur. Pourquoi ne pas rétablir tout d’un coup les maîtrises? Mais les hommes officiels seront toujours les mêmes : « Abaisser pour s’élever ; diviser pour régner ; le monopole au lieu de la science; le pouvoir au lieu du savoir. » Non! le prestige du corps médical ne doit pas consister dans un état de subordination, de vasselage que nos idées repoussent. Il faut que tous soient égaux devant la science, s’il y a une inégalité qu’il faut faire disparaître, c’est celle du res nulla domi. Il faut que le médecin puisse vivre de son état comme le prêtre de l’autel. Il faut que le nombre des docteurs en médecine soit en rapport avec les nécessités de la demande et non l’obséquiosité de l’offre. Il faut que les médecins ne se soient point des concurrents, ouvrant ainsi la porte à l’envie (Invidia medicorum pessima invidia) et la fermant à la confraternité. Tels

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