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DU SOLFONAL COMME SOMNIFÈRE

(Société de thérapeutique, janvier 1889.)

On sait que le docteur P. Spellmann, de Nantes, a préconisé cet hydrocarbure dans les insomnies nerveuses. Rien d’étonnant puisqu’il produit la désoxygénation du sang; aussi le sommeil obtenu ainsi est lourd; c’est plutôt un cauchemar qui continue le malade étant debout. C’est cequ’un membre est venu dire à la Société de thérapeutique. Dans un premier cas, il avait obtenu un succès complet ; mais dans un deuxième cas, il y a eu échec également complet, comme il résulte des notes suivantes. Première nuit : sulfonal, 1 gramme au coucher, à 10 heures. Insomnie, agitation jusqu’à l’heure habituelle, 2 heures du matin ; puis sommeil duran,.

3 1/2 heures, réveil avec malaise, sensations vertigineuses légères au lever et dans la matinée, après déjeuner somnolence ; môme un peu de sommeil.

Deuxième nuit : même état, mêmes constatations, avec somnolence plus marquée dans la journée du lendemain, et plusieurs petits sommeils au cours de l’après-midi.

Troisième nuit: t gramme 50 de sulfonal, au lieu de 1 gramme à 9 heures du soir. Sommeil de minuit à cinq heures du matin. Au réveil, malaises, vertiges plus accusés que les deux jours précédents, sensation de vide dans la tête, diminution de la volonté de la faculté d’agir, de penser; somnolence, appétit diminué. Après le repas du matin, sommeil profond au milieu du bruit. Dans l’après-dîner, sommeil envahissant le malade dès qu’il s’assied... le soir venu somnolence jusqu’au coucher...

On voit par ces symptômes qu’il faudra être très réservé avec le sulfonal : C’est un hydrocarbure et par conséquent un asphyxiant du sang. Le sommeil provoqué est rarement réparateur. Mieux vaut faire faire à l’individu de l’exercice actif plutôt que de le tenir dans un état de somnolence continuel. Le sommeil est le repos du cerveau, il faut donc se garder de tout

travail intellectuel dans la soirée, et surtout très avant dans la nuit, car c’est aux dépens du travail du matin qui est toujours le plus utile. Nous nous trouvons bien de l’emploi de la strychnine, de l’aconitine et de la digitaline, afin d’endormir le cerveau par le cœur. Qu’on s’abstienne de morphine, parce que c’est le commencement du, dérangement de la raison. Souvent il arrive qu’on ne trouve pas son sommeil, parce que la vessie .et le rectum ne sont pas exonérés ; il faut se lever pour procéder à ce soin ; la pression sur les veines du bassin détermine le recul du sang dans les sinus veineux et donne lieu à un sommeil lourd, à un véritable cauchemar.

CORRESPONDANCE

Saumur, le 3 avril 1889.

Monsieur et illustre Professeur,

Je dois tout d’abord m’excuser près de vous de la hardiesse que je prends en m’adressant à vous, et venant peut-être abuser de vos instants si précieux pour la science et la noble cause que vous défendez.

Mais comme je sais que votre bienveillance n’a d’égale que votre grand amour pour vos disciples même les plus humbles, j’ose espérer que vous voudrez bien m’indiquer le traitement dosimétrique qui pourrait me soulager pour une dyspepsie atonique dont je souffre depuis quelques années, et pour laquelle j’ai suivi le traitement indiqué par plusieurs médecins sans résultats bien appréciables.

Voulez-vous me permettre de vous rappeler brièvement les symptômes que j’éprouve le plus habituellement.

A mon réveil, bouche sèche, langue épaisse, sentiment de chaleur dans la bouche et l’arrière-bouche, pas de toux, langue chargée, sale (mais ce symptôme ne peut avoir une bien grande importance, car je fume environ 15 ou 18 cigarettes par jour).

Douleur de la région gastrique, sortes de crampes occupant tout l’estomac et correspondant souvent dans le dos. Ces douleurs n’ont presque jamais lieu immédiatement après le repas; mais plutôt trois ou quatre heures après, lorsqu’il semblerait que la digestion dût être faite. Çénéralemept ces dou-

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■leurs me semblent dues à des gaz qui remplissent l’estomac et le rendent douloureux au toucher.

Pas de vomissements ; un verre de lait au plus fort de la douleur produit presque toujours un soulagement appréciable. Habituellement l’accès disparaît à la suite d’éructations nombreuses et répétées qui petit à petit vident l’estomac.

Tels sont les symptômes que je ressens habituellement. Je dois en outre vous dire que depuis six ou sept ans, je suis atteint d’une légère maladie de peau, eczéma, je crois, qui apparaît de temps en temps, peu fort, dure quelques jours pour disparaître et se montrer de nouveau deux ou trois semaines plus tard. Il me semble que cette dermatose a quelque rapport avec la dyspepsie; il semble y avoir antagonisme entre elles.

Enfin, j’ai 35 ans, suis d’une bonne constitution, n’ai jamais eu de maladie sérieuse, suis issu d’une famille où il n’y a jamais eu ni scrofules ni phtisie, ni autres maladies héréditaires.

Je suis vétérinaire dans une ville de 1,500 habitants, par conséquent prenant beaucoup d’exercice — 12 ou 15 kilomètres à pied, par jour, en moyenne.

Depuis quelque temps sur les indications d’un confrère voisin, j’ai souvent traité les animaux — les chiens surtout — avec un succès si marqué, si évident, que l’idée m’a pris de me traiter moi-même par la quassime; j’en ai pris depuis quinze jours des granules avant chaque repas avec avantage, m’a-t-il semblé, pendant les dix premiers jours, puis la dyspepsie est revenue de plus belle ; et c’est en présence de cette récidive, que je me décide à venir nous prier, cher Maître, de bien vouloir, en l’absence de tout médecin dosimètre dans ma contrée, m’indiquer le traitement qui serait nécessaire pour me guérir de cette affection, qui me rend triste, maussade, avec toutes les personnes qui m’entourent.

Malgré le peu de temps pendant lequel j’ai fait de la dosimétrie dans ma clientèle, j’ai déjà un ou deux faits bien probants en faveur de cette méthode, et pourrai vous en faire la relation plus tard lorsqu’ils seront plus nombreux.

Veuillez agréer, cher et vénéré Maître, en même temps que mes remerciertients anticipés, l’assurance de mon entier dévouement.

Richard,

Médecin vétérinaire, à Saumur, Maine-et-Loire.

Réflexions. — J’ai conseillé contre la dyspepsie intestinale le valérianate d’atropine, 1 granule le soir, conjointement avec la trinité dosimétrique. Le matin, le Sedlitz Ghanteaud, D r B.

TRAITEMENT DE L ENTÉRITE CHRONIQUE CHEZ LES ENFANTS, PAR LE DOCTEUR VEILLARD.

[Journal de médecine de Paris , janvier 1889.)

Selon l’auteur, l’entérite chronique persiste souvent à la suite de l’entérite aiguë; comme celle-ci, elle reconnaît pour cause un mauvais régime alimentaire, de repas trop copieux, trop fréquents, trop forts pour l’estomac de l’enfant. Avant de commencer toute espèce de traitement, on instituera une bonne hygiène alimentaire. On emploiera au moment du repas le sousnitrate de bismuth, la craie préparée; et pour exciter l’appétit chez les enfants âgés de plus de 10 ans, les vins de Colombo, de quassia, de quinquina, de noix vomique, de noyer phosphaté, etc. S’il y a de la diarrhée sans phénomènes d’entérite aiguë, les astringents seront utiles (ratanhia, cachou, bois de campêche, tannin, monésia, bistorte, etc.).

Réflexions. — Voilà bien de l’allopathie en plein ! et nous ne nous étonnons pas que MM. les pharmaciens vouent la dosimétrie aux dieux infernaux. Et tout d’abord, l’entérite chronique chez les enfants provient moins du mauvais régime alimentaire que d’une thérapeutique grossière, notamment l’emploi du bismuth (qui est le plus souvent impur et contient de l’arsenic) et de la craie qui avec les acides de l’intestin forme des concrétions calcaires. Les vins soi-disanttoniques — le plus souvent frelatés -— sont indigestes, et le vin de noix vomique dangereux, sinon mortel dans certains cas. Les astringents tannent la muqueuse et rendent toute absorption impossible.

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