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LE CUIVRE DIÉTÉTIQUE

La dame R..., à Bruxelles, a vendu des cornichons dans lesquels l’analyse a décelé une quantité de cuivre correspondant à 0 gr. 101 de ce métal par kilogramme de cornichons égoutés ; le vinaigre en contenait

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

0 gr. 205 par litre. Poursuivie de ce fait, le ministère public s’appuyant sur la décision de l’Académie royale de médecine de Belgique a demandé l’application de l’art. 454 du Code pénal. Le Tribunal a rendu, le 12 janvier 1889, le jugement suivant : « Attendu que la quantité de cuivre trouvée dans des cornichons vendus par l’inculpée, est trop minime pour donner la mort ou altérer gravement la santé; — Attendu que l’article 454 du Code pénal ne lui est donc pas applicable, la renvoie des poursuites sans frais. »

Le ministère public a interjeté appel du jugement, et non sans motifs prépondérants : d’abord la décision de l’Académie de médecine; ensuite les empoisonnements lents produits par les substances métalliques qui s’incrustent dans l’économie, notamment le foie, et amènent ainsi à la longue la cachexie. On peut même dire qu’à petites doses les sels métalliques sont plus dangereux qu’à doses massives. Ainsi du sulfate qui à dose émétique est rejeté, tandis qu’à dose atomistique il finit par saturer nos organes par les substances culinaires, comme les cornichons et les légumes à la daube. C’est pourquoi, en dosimétrie,' on se sert de substances solubles, agissant par catalyse physiologique, c’est-à-dire qu’une foib leur action produite, elles se décomposentou sont entraînées au dehors parles exutoires périphériques. Or c’est là la bien minime quantité.

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