LA RÉPRESSION DES REMÈDES SECRETS
Nous lisons dans la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie l’article suivant :
« On annonce que sur une commission rogatoire de M. Guillot, juge d instruction, des flacons contenant des drogues diverses devant guérir les maladies les plus secrètes, ont été saisis, et que les individus dont les noms figurent sur les étiquettes de ces flacons, seront poursuivis pour exercice illégal de l’art de guérir s’ils ne peuvent justifier du titre de docteur. Il serait à désirer que l’on pût saisir de même les médicaments secrets, qui sont vendus en si grand nombre grâce aux réclames “de prospectus aussi insinuants que mensongers. N’est-ce pas commettre le délit d’escroquerie ou celui de tromperie sur la qualité de la marchandise vendue, que d’abuser aussi audacieusement de la crédulité publique? On peut et Ion doit autoriser les spécialités pharmaceutiques —il faudrait pouvoir poursuivre les médicaments secrets. »
On voit que 1 auteur de cet article a voulu ménager la chèvre et le chou. Les spécialités pharmaceutiques sont tout aussi dangereuses que les remèdes secrets, parce quelles s’administrent dans n’importe quelle période d une maladie donnée. C’est pour cela que nous avons créé la médecine dosimétrique, afin de faire de l’art do guérir une science de précision et non une décharge à mitraille (Forget). C’est au médecin seul à juger des indications, et non à les englober dans une recette commune. Il y a des spécifiques qui eux-mêmes ont leurs indications, tandis qu’il ne peut et ne doit y avoir des spécialités : telles contre les rhumes; telles contre les rhumatismes ; telles contre les maladies du cœur, de l’estomac, du foie, des reins, et tutti quanti.
CCCXLYI