HYGIÈNE PUBLIQUE
L’administration municipale de Lyon vient de prendre une excellente mesure dans le but de prévenir l’extension des maladies contagieuses : diphtérie, croup, variole, etc. S’appuyant sur l’article 97 de la loi municipale du b avril 1884, le maire a prescrit la déclaration de ces affections, soit par les parents ou autres personnes ayant la garde des malades atteints, soit, à leur défaut, par les habitants de la maison ou les voisins. Les familles, en cas de maladies contagieuses ou simplement infectieuses, doivent prendre les mesures prescrites, et l’administration met à leur disposition les
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
moyens de désinfection (étuves, liquides désinfectants, etc., gratuitement, à charge de les appliquer), quand les intéressés n’en peuvent faire les frais.
Les familles ont le droit de faire procéder à la désinfection par leurs propres soins, mais dans ce cas, elles doivent en prévenir l’administration et présenter un certificat de médecin constatant qu’il se charge de surveiller et de diriger l’exécution de ces opérations hygiéniques. Il est, d’autre part, expressément interdit de vendre les objets de literie, de livrer aux blanchisseurslelingeetles vêtements ayantservi aux malades atteints de maladies infectieuses, sans que ces objets aient été préalablement désinfectés. L’arrêté municipal de Lyon prévient les personnes qui n’auraient pas fait les déclarations ci-dessus, quelles sont civilement responsables de leur négligence, sans préjudice des procès-verbaux de contravention qui pourront être dressés contre elles.
Cette dernière disposition est surtout importante. En Angleterre, on a prescrit la vaccination obligatoire et on a provoqué ainsi une vive résistance à la découverte de Jenner. En Hollande, on append aux demeures où se sont déclarées des maladies infectieuses un écriteau avec ces mots « loesmet huijs » (maison infectée). Ce sont là des mesures renouvelées du moyen âge; tandis que la responsabilité civile, les amendes rendraient ces lois obligatoires inutiles. Il est vrai qu’il y a les familles pauvres, négligentes, imbues de préjugés, mais celles-là il faut les éclairer et au besoin les encourager par des subsides. A Gand, la variole a presque entièrement disparu depuis qu’on alloue aux familles \ franc pour chaque vaccination dûment constatée par les médecins de la bienfaisance.
Tandis que la ville de Lyon vient de prendre ces sages mesures, plusieurs arrondissements de Paris viennent d’être mis au régime de l’eau de la Seine par suite v de l’insuffisance d’eaux de distribution. A cet égard, nous ferons remarquer qu’il faudrait établir une double canalisation pour les eaux potables et les eaux de lavage et de voirie, ces dernières pouvant être prises directement dans les rivières, tandis que les eaux potables doivent être minéralisées, c’est-à-dire provenant de la profondeur du sol. La canalisation de ces dernières pourraient donc être plus étroite que celle pour la première. Les eaux de source sont trop précieuses pour être affectées aux soins de propreté. Là où il existe une canalisation commune, il y aura toujours insuffisance d’eaux de distribution. La double canalisation coûterait moins cher que de faire venir les eaux de loin, indépendamment que l’eau potable perd son élément de minéralisation, c’est-à-dire son acide carbonique, et la rend ainsi séléniteuse. Malheureusement dans les mesures d’hygiène publique les médecins ne sont consultés que devant un mal établi, D r B.