HYGIÈNE PUBLIQUE
Où s’arrêteront les falsificateurs ? Avec de l’huile de ricin attaquée par l’acide nitrique, et en élhérisant ensuite ce produit avec un mélange d’alcool méthylique, d’alcool éthylique et amylique, et en y ajoutant 125 grammes d’alcool de betterave, on obtient une barrique de cognac! C’est à donner la chair de poule quand on songe à l’énorme, quantité d’eaux-de-vié, soi-disant de raisin, livrée à la consommation. Est-il étonnantque les passions brutales débordent de tous côtés et qu’il y ait tant de politiciens de bas étage? Que dire des alcools méthylique, éthylique et amylique, sinon que ce sont d’affreux poisons? En vain voudrait-on mêler aux alcools industriels des matières colorantes pour les rendre inbuvables (?), les alcoolisés n’ont pas le sens du goût assez délicat pour s’y soustraire. C’est la robe de Nessus qui les brûle en dedans et dont rien ne peut étancher l’ardeur. Le seul moyen ce serait de rendre les boissons saines accessibles aux petites bourses. Et encore y aura-t-il de ce côté des falsifications, par exemple avec la coque du Levant ou la picrotoxine qui produisent une mauvaise ivresse. Les lois contre les ivrognes sont sans doute salutaires, mais insuffisantes, puisqu’elles finiront par remplir outre mesure les maisons de délinquants. Que faire donc? Améliorer les conditions domestiques des ouvriers, afin qu’ils puissent aspirer à être un jour les fils de leurs œuvres, comme la bourgeoisie qui en est sortie. Malheureusement ce sont ces ouvriers euxmêmes qui font obstacle à cette réforme en se laissant aller à des suggestions menteuses. Pourquoi les hypnotiseurs ne travaillent-ils dans ce sens? Ce serait au moins honnête de leur part. Mais ils n’auront garde de se laisser aller dans cette voie où ils seraient bientôt débordés. D 1 ' B.