LA GLOSSODYNIE DEVANT L’ACADÉMIE DE MÉDECINE DE PARIS
C’est un habile stratégiste que M. le professeur Verneuil, il sait comment il faut réveiller l’attention des académiciens qui commencent
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à s’endormir, par un de ces coups de tam-tam dont il a le secret. Depuis qu’il a annoncé des cancers de la langue sans cancer, c’est à qui s’occupera de cette affection, imaginaire ou non. Le sujet est cependant loin dêtre neuf, et rien de moins difficile que de faire de l’érudition en ouvrant tout simplement le livre du professeur Spring : Symptomatologie ou Traité des accidents morbides. Comme nous supposons cette œuvre de bénédictin en possession de tous les académiciens, nous ne rappellerons pas ici ce que son auteur dit de la glossalgie. Elle est organopathique comme dans le cancer. Nous ferons remarquer que souvent on se trompe sur cette cause. Nous pourrions citer le cas d’un personnage auquel son chirurgien voulait enlever une partie de la langue, soi-disant pour un cancer squirreux : le fait est qu’une dent qui irritait constamment l’organe, avait déterminé une induration que le praticien avait pris pour un cancer débutant. Il a suffi de limer la dent pour que le prétendu cancer disparût. La glossalgie est souvent accompagnée d’herpès ou de muguet.
La névralgie de la cinquième paire estsouvent accompagnée de glossalgie à forme névralgique. Plusieurs auteurs admettent une glossalgie isolée ou essentielle.
La glossalgie est sympathique de plusieurs affections gastriques et hépatiques, considérées comme goutteuses et rhumatismales. Elle forme souvent des accès périodiques et se termine par une éruption vésiculente, herpétique. Suivant quelques auteurs, la glossalgie par sympathie se ferait sentir dans certaines maladies des organes génitaux externes, surtout chez
La glossalgie est dysliémique, dans les fièvres exanthématiques, et quelquefois précède l’inflammation du cerveau.
La glossalgie est hystériforme chez les névrosiques, la mélancolie, la manie. M. Verneuil pourra s’occuper de cette dernière forme dans la discussion sur l’hypnotisme et la suggestion.
DX l’antagonisme de la strychnine et de la cocaïne,