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TRAITEMENT CLINIQUE DES FIÈVRES LARVÉES (FIÈVRE DES MARAIS

PAR LE DOCTEUR TARTENSON, PRÉCÉDÉ d’uNE PRÉFACE PAR M. GEORGES BARRAL.

Nous sommes entièrement de l’avis de l’auteur quand il dit « que le nombre de décès dont on donne l’explication à l’aide de diagnostics plus ou moins fantaisistes, sont dues, en réalité, à des fièvres larvées méconnues ». On ne peut plus implicitement faire le procès à l’École organicienne.

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11 est certain qu’elle s’attache aux effets, plutôt quà la cause. Ce qui nous conduit à dire un mot du traitement qui, à notre avis, a été mal institué jusqu’ici. « Jusqu’ici » veut dire jusquà lavénement de la dosimétrie, qui est venue établir les rapports existants entre toutes les fièvres zymotiques ou miasmatiques : intermittentes, rémittentes, continues. Cest à dire que c’est la dépression vitale qu’il faut combattre ayant tout. Or, cette dépression est en raison même de l’élévation de la température, laquelle est un signe de la vénosilé du sang; celui-ci n’étant plus artérialisé, c’est-à-dire rafraîchi, est cause de la perniciosité de la fièvre, bien plus que les microbes, auxquels, selon nous, on fait une part trop grande dans la pathogenèse des fièvres en général. C’est pourquoi nous y insistons ici, quoique nous ayons déjà eu maintes fois développé celte thèse dans le Répertoire.

Traitement des fièvres larvées. — Ce traitement consiste dans 1 emploi de la quinine et du quinquina. Ces deux médicaments ont surtout pour objet la cause de la fièvre, l’élément ou l’infection miasmatique, mais non la fièvre elle-même ; la preuve, c’est qu’on les administre seulement dans l’apyrexie. Or, c’est dans l’accès même que gît le danger, puisque la température, dont le stade de chaleur s’élève quelquefois jusqu’à 40, 41 et même 42° c., selon le degré de la perniciosité de la fièvre. Il faut donc donner, dans ce stade, l’aconitine, la vératrine, la digitaline tous les quarts d’heure un granule de chaque, afin d’en abréger la durée, partant en diminuer le danger et favoriser le stade de sueur qui est à proprement parler la période de détente. On profitera de ce moment pour sustenter le malade, le rafraîchir, le changer de linge et de lit; puis, la sueur étant tombée, donner immédiatement l’arséniate de strychnine et l’arséniate de quinine tous les quarts d’heure ou toutes les demi-heures : un, deux, trois et même quatre granules de chaque, selon la durée de l’apyrexie, laquelle sera en raison inverse de la durée du stade de chaleur ou pyrétique.

On voit qu’il s’agit ici d’une méthode et non d'un traitement purement empirique, comme c’est l’usage en allopathie : « Fièvre intermittente? quinine. » Sans rien de précis dans les doses, jusqu’à 3, 4, 5 et même 6 grammes. On augmentait ainsi la fièvre, ainsi que les complications du côté de la tête, de la poitrine et du ventre. On sait que Broussais pr ,J,iqua dans le nord de Bruges, contrée très palustre à cette époque, il n’est donc pas étonnant qu’il ait dirigé les foudres de son physiologisme contre les abus qu’on y faisait de la quinine. Il en fut de même de Hahnemann, qui puisa idée de ses doses infinitésimales précisément dans les doses excessives de ses confrères allopathes. Voyant la quinine donner la fièvre, il vit là un principe d’homœopathicité, tandis que ce n’était que de l’allopa-

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thicité : « Contraria conlrariis » et non « similia simihbus. » Et voilà comment se font les doctrines en dehors des lois de la vie. Grâce au ciel, la dosimétrie a su se tenir en dehors de toute vue préconçue; à l’instar de l’hippocratisme, elle se contente de suivre la marche de la nature : « Quo tendit natura, eo ducenda. »

Ces quelques réflexions nous ont été suggérées par le livre du docteur Tartenson qui ne contient rien de neuf et laisse subsister les vieux errements de l’École. D r B.

TRAITEMENT DE LA GRAVELLE URIQUE PAR LE PETIT-LAIT, PAR LE DOCTEUR TYSON.

(Union médicale, 21 juillet 1887.)

On va en Suisse faire la cure du petit-lait contre la grave!le et la goutte urique. Le docteur Tyson recommande à son tour cette boisson contre les coliques néphrétiques dues à la graVelle urique. Le malade doit prendre le premier jour un verre de petit-lait toutes les deux heures et augmentir graduellement la dose. Ce régime continué durant six semaines ferait disparaître quelquefois définitivement les coliques néphréiques.

Depuis que M. le professeur Guyon nous a lithotricié deux fois, la gravelle se montre par intervalles sous forme de petites perles à facettes, qu’on dirait des perles de corail taillées. Nous en avons recueilli de quoi faire un collier. Celte disposition urique nous la combattons par une soupe de petit-lait, avec un peu de fleur de farine et quelques grains de sel. Nonobstant nous prenons le matin le Sedlitz et dans la journée quelques granules de benzoate de lilhine avec une gorgée d’eau de Contrexéville, et le soir arséniate de strychnine, aconitine, digitaline : 4 granules de chaque. En vieillissant, c’est la fonction urinaire qu’il faut soigner avant tout, parce que c’est le seul émonctoire qui reste actif. Beaucoup de vieillards succombent à des affections urémiques. Ce sont tantôt les reins, tantôt la vessie qui s'engagent. Nous croyons devoir aux précautions que nous venons de mentionner ce qu’on nomme notre verte vieillesse. On est comme on se fait. Malheureusement c’est le scepticisme qui l’emporte ou ce qu’on appelle la grâce de Dieu, mais : De minimis non curâtpretor. D r B.

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UN cas d’anémie pernicieuse-, par m. planchard, interne des hôpitaux,. (Bulletin général de thérapeutique, 15 août 1887.)

Le docteur Amédée Latour a eu raison de dire (et après lui nous avons eu bien d’occasions de répéter) que sans thérapeutique « la médecine n’est qu’une inutile histoire naturelle ». A quoi bon, en effet, tant de science... d’autopsie, comme si on se mettait à étudier les ruines d’un incendie? Cette réflexion pénible nous est venue par la lecture du fait suivant :

« Anémie pernicieuse . Mort .— La nommée T..., vingt-neuf ans, journalière, sans précédents héréditaires, antécédents bons. Un premier enfant de quatre ans d’une bonne santé, un deuxième enfant il y a six semaines, mort au bout de quatre heures, a.vivement impressionné la mère qui pendant sa grossesse a été bien portante, mais trois semaines avant l’accouchement elle a commencé à pâlir et à présenter de la stomatite scorbutique. Traitée par l’iodure de fer, l’arséniate de soude et le phosphate de chaux. Misère physiologique. Après l’accouchement, purgatifs pour faire passer le lait. Grand amaigrissement, pertes de forces. La malade entre à l’hôpital le 24 février 1887. Pâleur excessive de la peau et des muqueuses. Hémorragie passive abondante. Bouffisure du visage surtout du côté où se couche la malade. Toux petite, sans crachats. Poumons normaux. Respiration un peu faible, quelques râles ronflants légers. Battements du cœur sous la cinquième côte, au niveau du mamelon, pas sensiblement augmentés, à 100 environ. Sur le bord gauche du sternum au niveau des deuxième et troisième espaces intercostaux un bruit de souffle râpeux, limité. Rien aux orifices du cœur. La malade ne se plaint pas de palpitations. Dans les vaisseaux du cou, un léger thrill à la palpation. A l’auscultation un roulement plus faible que chez une chlorotique ordinaire. La malade se plaint d’un ronflement continuel dans les oreilles. Douleurs à la pression sur le phrénique gauche. Foie débordant un peu les fausses côtes. Rate, deux travers de doigt de matité. Pas de ganglions engorgés. Ventre endolori. Utérus petit, revenu sur lui-même, sans douleur à la pression. Pas d’albumine dans les urines. Céphalalgie. Abattement. Insomnie. Vertige, debout ou assise. Selles régulières. Température élevée, mais pas de frissons. Dia-

gnostic : anémie pernicieuse. Traitement : Inhalations d’oxygène et hémoglobine à l’intérieur.

La malade s’affaiblit, mange peu, mais ne se plaint pas. Le souffle du cœur est devenu plus râpeux. Crainte d’une affection de péricarde. Mais ce souffle ne persiste point. Ni albumine ni sucre dans les urines. Sang incolore au microscope : diminution des globules rouges. Pas d’augmentation des globules blancs. A partir du 1 er mars, les symptômes de l’anémie vont s’accentuant : l’œdème péri-articulaire se manifeste. L’état général s’aggrave sous forme pernicieuse : prostration, langue sèche, narines fuligineuses. Température 39 à 40° c. Mort. L’autopsie n’a fait voir que les lésions ordinaires de l’anémie aiguë.

Réflexions. — Aurait-on pu sauver cette malade par un traitement dosimétrique énergique? Nous pensons qu’oui; d’autant qu’il n’y avait une lésion organique pour expliquer une fin aussi prochaine. Dire que c’était une anémie pernicieuse, c’est évidemment préjuger le cas, puisque les symptômes d’ataxie ne se sont prononcés que vers la fin. Il n’est pas exact également de prétendre qu’il n’y a pas eu de fièvre, puisque la température est montée de 39 à 40° c. Il eût donc fallu soutenir la vitalité par la strychnine, de préférence l’hypophosphite, et contenir la température morbide par les alcaloïdes défervescents : aconitine, vératrine, digitaline. La transfusion sanguine était également indiquée à cause de l’aglobulie. Ce sont là des règles de thérapeutique que nous pouvons nous étonner d’avoir été méconnues, surtout dans le service où le cas s’est produit.

LES DOCTEURS SANGRADO d’AüJODRd’hUI.

Un malade nous écrit ce qui suit : « Vers le commencement du mois de septembre dernier (1886), étant à l’exercice, j’éprouvais un besoin de boire qui a augmenté de jour en jour. J’ai consulté le major, qui m’a fait entrer à l’hôpital. Le premier jour j’ai bu onze litres, le second jour une quinzaine et toujours en augmentant, jusqu’à trente-cinq litres, et la soif était si ardente quelle m’éveillait la nuit, et j’urinais à l’avenant. Comme médicaments internes, je prenais une potion de 6 grammes de bromure de potassium et environ 8 litres de tisane de valériane. Comme traitement externe, des bains sulfureux deux fois par semaine. Maintenant M. le major m’a mis

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environ deux cents pointes de feu aux reins, et fait une quinzaine d’injections de pilocarpine à 0.02 centigrammes. Aujourd’hui je bois environ une vingtaine de litres et je ressens un peu d’oppression, un brûlant à la .poitrine et de grands maux de tête.

» (Signé) G. Brouillard. »

Réflexions. — Nous tenons l’original à la disposition de ceux qui douteraient de la réalité de cette prodigieuse imbibition. Voilà donc un malheureux diâbétique qu’on a rendu albuminurique à force de lui faire ingurgiter de boissons aqueuses, et auquel, par surcroît, on a administré le bromure de potassium. Et dire que cela se passe dans un hôpital sous les yeux d’un chef de service!

J’ai prescrit à ce malade un régime tonique, dont la quassine et la strychnine font la base. Du lait froid pour boisson, mais modérément.

DE l’àMBLYOPIE TOXIQUE.

(Société d’ophtalmologie de Londres.)

Le docteur Nettleschip dit qu’il n’a jamais observé d’amblyopie chez des ivrognes qui ne fumaient pas ; mais, par contre, souvent chez les fumeurs culottés (ce qui fera plaisir à notre ami Decroix pour la croisade qu’il mène avec tant d’ardeur contre les abus du tabac).

Le docteur Mac Hardy est d’avis que les émotions morales, les secousses violentes du système nerveux ont une grande importance au point de vue étiologique (ce qui fera bondir d’aise les partisans de la suggestion). En fait de traitement, il recommande l’abstention complète du tabac et l’usage de la strychnine : la guérison est en général complète au bout de dix à douze jours. On note fréquemment la malaria parmi les antécédents du malade. L’amblyopie produite par le tabac est surtout fréquente entre 40 et 50 ans.

Le docteur Edgar Brown n’a vu aucun cas d’amblyopie qui puisse être attribué à l’alcool, et les femmes de Liverpool qui boivent autant que les hommes, mais ne fument pas, n’en sont pas atteintes. D’après lui, la plus petite quantité de tabac suffisante pour produire l’amblyopie, est 60 grammes par jour. (A ce compte, nous devrions compter beaucoup d’aveugles et le

royaume du ciel leur appartiendrait.) Il a essayé le nitrite d’amyle, mais une fois seulement avec succès.

Le docteur Griffith n’a jamais observé d’atrophie du disque chez ses malades; cinq fois l’amblyopie n’était pas causée parle tabac : la première de ses malades avait été affaiblie par des grossesses nombreuses ; la seconde et la troisième buvaient beaucoup, mais ne fumaient pas; le quatrième, fumeur, s’était adonné autrefois à l’ivrognerie. L’amblyopie apparaît rarement moins de cinq ou six ans après que le malade a commencé à fumer

Le docteur Adams Frost n’a jamais rencontré d’amblyopie centrale chez les personnes qui ne fumaient pas. Parmi ses malades plusieurs buvaient a l’excès. La guérison, qui est la règle, survient au bout de six semaines a trois mois. La strychnine paraît à peu près inutile, mais l’iodure de potassium donne d’excellents résultats.

Le docteur Hutchinson fils fait observer que la plupart des malades fument du tabac fort. Dans un cas cependant, l’amblyopie a suivi l’emploi journalier de 30 grammes de May Blossom.

Le docteur Jessop pense que les émotions morales vives agissent comme

causes adjuvantes. .

Le docteur Morton combat cette opinion et recommande la strychnine.

Le docteur Gruner a surtout observé l’amblyopie centrale des fumeurs chez les gens qui travaillent en plein air; elle est plus fréquente chez les ivrognes et chez les abstinents que chez les gens qui boivent avec modération. Les diabétiques qui fument sont très exposés à lamblyopie toxique.

Le docteur Power admet, comme cause prédisposante, les troubles digestifs et l’anémie.

On voit que tous les congrès sont les mêmes : Tradidit mundum, disputationibus illorum. — Ce qu’il y a de plus clair pour nous, c’est l’emploi de la strychnine, que nous ne cessons de recommander aux médecins comme leur cheval de bataille, non en tant que spécifique que comme excitant vital. Il est bon d’y associer l’aconitine et la digitaline comme décongestifs, et la vératrine quand il y a des symptômes d’intis rhumatismale. Quant aux diathèses, il faut les combattre par les modificateurs spéciaux : quinine, (dans la malaria), ferrugineux (dans l’anémie), benzoates (dans les constitutions goutteuses), etc. Dr B -

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

DE LACÉTANILIDE COMME ANTIFÉBRILE.

On a tant de fois reproché aux dosimètres d’agir avec des po.sons-du moins ses adversaires ont soin de le dire en publie, bien que dans ej for intérieur ils soient persuadés du contraire -que nous devons etou ruer ce reproche contre eux-mèmes chaque fois quils '“ as e " ‘ casion C’est ce que nous allons faire à propos de laeetaml.de On que ce produit industriel s’obtient en faisant réagir de l’acide acétique sur l’aniline pure; telle qu’on la trouve dans le commerce. Cest une: substance d’un beau blanc nacré, bien cristallisée, ayant une -veur égèi-emen piquante, très soluble dans l’alcool, mais très peu dans 1 eau . . faut donc la prescrire en dissolution alcoolique, ce qui est un danger, à cause du dosage. A doses élevées, 25 à 50 centigrammes par kilogramme damma l’acétanilide est rapidement toxique ; il survient une sorte d anéanWment général, des phénomènes de stupeur; les mouvements deviennent difficiles, hésitants; en même temps la température s’abaisse progressivemen ; la respiration, d’abord ralentie, perd son rythme régulier sarrete ceitai moments, tandis qu’un instant après elle se précipite. A ce moment apparaît généralement le collapsus ; l’animal perd le sentiment : si on e pin ou qu’on pratique de violentes excitations cutanées, il réagit dune fa«o incomplète; à l’analgésie succède une anesthésie véritable. En général, la Z7Z fait attendfe vingt-quatre à trente-six heures. I* altérationss du sang indiquent une véritable extinction de ce liquide vital; loxyho.no lobule a diminué notablement, ainsi que l’activité des échanges ; aussi .1 survient de la cyanose, d’autant qu’il n’y a pas d'élimination du poison pa es urines. L’acétanilide est donc un antithermique à l.nstar des exLncte des carbures et de leurs dérivés, tel que l’acide phémque. Aussi nousi n hésitons pas à dire que c’est une substance à rejeter de la matière méd . On a trop d’autres moyens d’abaisser la température animale et de calme, les nerfs pour recourir à un médicament aussi dangereux. ^

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