PAR M. DE SAINT-MARTIN
(Académie des sciences, décembre 1887.)
Dans un travail présenté récemment à l'Académie, M. de Saint-Martin a annoncé que, contrairement aux assertions de Paul Bert, le sang, durant
l’anesthésie suffisamment prolongée, s’appauvrit en oxygène et se charge d’une assez grande quantité d’acide carbonique. Dans une autre partie, il étudie les variations de cette exhalation. Ces résultats ne sont nullement nouveaux, ni surtout contradictoires à ceux de Paul Bert ; ils sont, au contraire, la confirmation pure et simple des faits et conclusions publiés deux ans auparavant par Paul Bert (4 juillet 1885) dans un travail beaucoup plus complet que celui de M. de Saint-Martin, car il s’étend à toutes les principales circonstances de l’anesthésie. Pour trouver matière à contradiction, il faut remonter à des expériences antérieures à 1870, incomplètes ou de nulle valeur, et dont les résultats n’étaient évidemment relatifs qu’au sommeil qui suit la période d’agitation. (D r Dastre, Société médicale, 28 décembre 1868.)
Nous ajouterons qu’il en est du chloroforme comme de tous les hydrocarbures qui éteignent les globules rouges du sang et par conséquent chargent ces derniers d’une quantité d’acide carbonique plus grande que celle exhalée en l’état de santé. Voilà pourquoi ce sont des apyrétiques. On comprend ainsi les effets de l’antipyrine dans les pyrexies en général et les excitations nerveuses en particulier.
Dans la même séance, M. le docteur Legroux a donné la relation de guérisons rapides de chorée par l’antipyrine. D’abord était-ce bien la chorée? Et la guérison est-elle définitive ? Les hypnotistes prétendent également guérir les malades en les suggestionnant. Mais personne ne s’y laisse prendre. Au contraire, d’une chorée il font souvent une épilepsie confirmée.
« Juste retour des choses ici-bas », comme a dit Molière. On s’est montré incrédule vis-à-vis de la dosimétrie, et voilà que les anciennes doctrines sont battues en brèche sur les bancs mêmes de l’Académie. D r B.