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LXXXVIII

Dü PICRATE D’AMMONIAQUE COMME FÉBRIFUGE, PAR LE DOCTEUR H. MARTIN CLARK, ENVOYÉ EN MISSION AU PUNJAUB.

Sur dix mille cas de fièvre palustre traités par le picrate d’ammoniaque, dans la moitié des cas, le docteur Martin Clark a noté les résultats obtenus. Dans neuf cas sur cinq mille, le picrate d’ammoniaque n a pas réussi, et alors il a fait agir simultanément la quinine. La dose ordinaire est de i/8 e à 1 gramme 1/2, quatre ou cinq fois par jour, dans une pilule. Un 1/2 gramme est une bonne dose moyenne. Ainsi donné le résultat est bientôt visible. Dans la plus grande partie des cas, les doses de un 1/2 gramme, à intervalles, ont prévenu la recrudescence de l’attaque suivante de la fièvre, tandis que chez 20 p. c. environ des malades, les attaques successives qui se manifestaient avant le traitement ont cessé. Dans un cas seulement de fièvre quarte, en dépit des grandes quantités de sel, la fièvre se manifeste encore à six reprises, diminuant graduellement d’intensité, et finit par céder. On obtint également le même succès dans toutes les formes de fièvre; mais, fait curieux à noter, c’est seulement dans les cas de forme tertiaire que le médicament fit défaut. Le docteur Clark a aussi employé ce médicament dans vingt-cinq cas de névralgie fiévreuse de différents nerfs, dans six cas de maux de tête accompagnés de fièvre et un cas de colique également malarienne. Dans tous, la guérison fut complète et rapide. Enfin, outre que le médicament est à très bon marché et s’emploie à de très petites doses, le picrate d’ammoniaque ne produit aucun des fâcheux effets de la quinine, tels que le mal de tête, bourdonnements d’oreilles, désordres de la digestion, nausées, etc., etc., qui accompagnent toujours, aux Indes, l’absorption de la quinine.

S’il en est comme l’auteur le dit, le picrate d’ammoniaque rendra de grands services là où la quinine est souvent impuissante. Avant la découverte de cette dernière, on ajoutait souvent l’acétate d’ammoniaque aux

électuaires de quinquina dans le traitement des fièvres quartes rebelles. Aujourd’hui ces types ont à peu près disparu, parce que, en réalité, c’étaient des fièvres artificielles entées sur des fièvres naturelles. Et cest de là qu’Hahnemann a pris son fameux adage de similia similibus.

Nous aurons soin que le picrate d’ammoniaque fasse partie de la pharmacopée dosimétrique. D 1 B.

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