NOUVEAUX SOMNIFÈRES (SULFONAL), PAR LE PROFESSEUR G. SÈE
(La Médecine moderne (?).)
En vain un auteur a dit : Opium me non facit dormire! c’est et restera le premier des somnifères, à dose modérée et en n’en contractant pas l’habitude ; une pilule de 5 centigrammes (un grain) suffit généralement. Éteindre les globules rouges du sang, comme le font les hydrocarbures,
ce n’est pas le moyen de s’endormir. Le sommeil véritable qui consiste dans le repos physiologique du cerveau. Voilà pourquoi aussi il ny a pas de somnifère absolu, mais d’après les causes. Ainsi 1 anémie ou la chloroanémie sont souvent causes d’insomnie. Il en est de même dans toutes les maladies d’épuisement. Les maladies du cœur font le même effet, il faut donc amener le repos de l’organe par la trinité dosimétrique : strychnine (arséniate), aconitine, digitaline, et autant que possible ne pas faire usage de narcotiques, et à plus forte raison' des soi-disant nouveaux somnifères sulfonal ou autres.
MUTISME HYSTÉRIQUE GUÉRI (?) PAR SUGGESTION, PAR LE DOCTEUR GOTTFROD LEUCH.
(Muncher Wochenschrift, mars 1890.)
Il s’agit d’une hystérique épileptique sujette à des attaques de mutisme consécutives à l’émotion produite par la foudre, et chez laquelle la suggestion hypnotique entraîna la guérison.
On sait que la foudre produit souvent ces suspensions des mouvements physiologiques qui cessent d’elles-mêmes après un certain temps. Mais faut-il pour cela recourir à des mensonges qui donnent raison au fameux aphorisme de Voltaire :
« Les prêtres ne sont pas ce qu’un vain peuple pense,
» Notre crédulité fait toute leur science. »
En serait-il de même des grands prêtres de la science? Les médecins crédules dans l’extra-naturel finissent par ne plus croire au naturel : c’est, qu’au fond ils sont sceptiques. « La science, a dit un philosophe (Malebranche), est de savoir qu’il y a des choses que nous ne connaîtrons jamais :
Félix qui rerum poterit cognoscere causas.
Ne vaudrait-il pas mieux faire de la thérapeutique et nous en tenir aux effets? Ainsi, dans l’épilepsie essentielle, on voit les accès se dissiper sous l’influence des névrosthéniques déferveseents, comme le Répertoire en a cité plusieurs exemples. La vie étant une force inhérente aux organes, on comprend que cette force peut être ralentie et non suspendue pour quelque
temps. C’est au médecin à conduire la machine vivante, comme le mécanicien sa locomotive, mais non dire suggestionnellement « Marchez », car ce serait un miracle, et nous n’en sommes plus là. Laissons donc ces simagrées qui ne trompent plus personne. Ou plutôt expliquons les miracles physiologiquement, et non par suggestion. A ce compte, M. Charcot n’aurait rien à revendiquer au prince de Hohenlohe, qui eut aussi son temps de vogue. D r B.
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