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LA CONVALESCENCE DANS LA GRIPPE, PAR LE DOCTEUR HUCHARD

(Société médicale des hôpitaux, 2 mai 1890 )

De même que M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, M. Huchard fait de la dosimétrie à son insu : mais c’est de la dosimétrie à rebours. Voici comment il s’est exprimé devant ses collègues de la Société médicale des hôpitaux comme devant des élèves. Nous désirons que la leçon leur profite, eux qui sont si rebelles à la doctrine physiologique.

« La grippe, malgré sa disparition, reste toujours une question d’actualité, car en ce moment encore il y a des convalescents qui, suivant leur expression, « ne peuvent pas se remettre ». La grippe, en effet, entraîne pendant son cours et même à sa suite, un état remarquable de dépression physique, intellectuelle et morale. La faiblesse musculaire peut être extrême, l’intelligence a perdu de son activité, et même au point de vue moral, les facultés ont sensiblement baissé. Cette névrosthénie postgrippale généralisée peut se localiser sur certains organes, en particulier sur 1 estomac (anorexie, vomissements), sur l’appareil circulatoire (faiblesse des contractions ventriculaires, lenteur ou rapidité du pouls, embryocardie, etc.). L’asthénie postgrippale peut se localiser aussi sur 1 appareil musculaire des bronches, et cette asthénie bronchique peut aboutir rapidement aux accidents mortels décrits autrefois par Graves. La bronchoplégie croupale est un facteur important qu’il ne faut jamais perdre de vue dans le cours des complications de l’influenza. Enfin, en plus des asthénies cardiaques, pulmonaires, gastriques, cérébrales, il faut encore citer 1 asthénie médullaire, qui peut se localiser sur le centre génito-spinal et donner lieu à une asthénie génitale très marquée. Un fait important à signaler : cette asthénie générale, ou ces asthénies localisées, ne sont pas toujours en rapport avec la sévérité ou la gravité des attaques de grippe; bien au contraire, il est souvent arrivé que des individus sans fièvre, sans localisation catarrhale ou inflammatoire, ont été atteints progressivement de ce que fai (!) désigné

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

sous le nom d 'état grippal, caractérisé par cet état de fatigue morale, intellectuelle ou physique signalé plus haut. L’état asthénique, voilà donc l’ennemi dans la grippe; il faut le combattre de bonne heure, non par les arséniaux et les ferrugineux, qui agissent trop lentement, mais par une médication portant surtout son action sur le système nerveux. J’ai employé dans ce but avec succès les préparations de strychnine, de caféine, les phosphates et lés phosphures de zinc : 1° les préparations de strychnine, sous forme de sulfate, à la dose de 2 à 3 milligrammes par jour, ou d’arséniate de strychnine, à la dose de 3 à 4 granules d’un demi-milligramme. »

Nous y voilà donc ! On n’ose pas avouer qu’on fait de la dosimétrie, et on en fait d’une manière insuffisante! Qu’est-ce que 3 à 4 granules d’arséniate ou de sulfate de strychnine par jour chez un individu qui étouffe, qui est prostré et dont l'asthénie bronchique peut aboutir rapidement aux accidents mortels décrits autrefois par Graves? Du moins celui-ci n avait pas la ressource des alcaloïdes et les eût-il employés, ce n’est pas par ces doses insuffisantes qu’il eût paré à ces accidents. D’ailleurs, M. Huchard parle de l’emploi de ces agents dans la convalescence de la grippe, tandis que nous, médecins dosimètres tant conspués, nous les donnons dès le début du mal. Pauvres marins (allopathes) qui ne savent ni prévoir la tempête, ni carguer leurs voiles à temps ! Dans les cas graves, M. Huchard a eu recours aux injections sous-cutanées de sulfate de strychnine d après la formule suivante :

Eau distillée...10 grammes.

Sulfate de strychnine. 1 centigramme.

De une a quatre injections par jour.

Mais est-on bien sûr de la dose de strychnine qu’un individu peut supporter? N’y a-t-il pas des idiosyncrasies qui peuvent être mortelles dans ces cas? Tandis qu’avec des granules au demi-milligramme, on est toujours maître de calculer les effets.

M. Huchard dit que les préparations de caféine avant d’agir sur le cœur agissent sur le système nerveux (Voir la Semaine médicale 4889.) Selon lui, le cœur est donc en dehors du système nerveux? C’eslnous-faire reculer jusqu’à Haller après les belles démonstrations anaLomiques de Scarpa. Il emploie la caféine à l’intérieur d’après cetLe formule :

Benzoate de soude.i -

„ i an 2 grammes.

Pour 8 cachets, à prendre 4 par jour.

Mais est-ce la caféine ou le benzoate de soude qui agit dans ce cas? Pourquoi ces incertitudes dans la thérapeutique, qui avaient fait dire à Cl. Bernard « que la thérapeutique n’existait pas », et le docteur Amédée Latour « que sans thérapeutique, la médecine est une inutile histoire naturelle » ?

M. Huchard dit qu’il est préférable de recourir à la caféine en injections sous-cutanées d’après la formule suivante :

Caféine ....

Salicylate de soude

Eau distillée . .

Chaque seringue de Pravaz contenant ainsi 4 centigrammes de caféine.

Il est heureux pour les malades que la caféine soit un agent inoffensif, car sans cela ils courraient grand risque d’être empoisonnés.

Enfin les préparations de phosphore, parmi lesquelles les phosphates et le phosphure de zinc se donnent, les premiers à la dose de 4 à 6 grammes et le second à la dose de 2 à 3 granules.

C’est là encore une thérapeutique tout à fait, illusoire puisque les phosphates sont des sels terreux à peu près inertes qui n’ont rien de commun avec le phosphore. Et quant au phosphure de zinc, son action est loin d’être aussi constante que celle du phosphore. Ce- n’est donc qu’à la longue qu’il agit, comme dans les névroses, chorée épileptiforme, etc.

Au fond, .on voit bien où le professeur Huchard veut en venir, c’est-àdire combattre la diathèse : arthritique ou autre.

D’après ce que nous venons de dire, l’allopathie erre encore dans les limbes de la thérapeutique. Espérons quelle en sortira quand elle aura purgé son passé, c’est-à-dire quand elle sera devenue franchement dosimétrique.

4 grammes.

TRAITEMENT DE l’ëNDOMÉTRITE CHRONIQUE PAR LES CAUTÉRISATIONS A DEMEURE AU CRAYON DE CHLORURE DE ZINC, PAR LE DOCTEUR DUMONTPOLLIER.

(Académie de médecine, mai 1890.)

Selon l’auteur, ce traitement est celui qui donne des résultats curatifs constants (?) ; il ne détermine pas de complications inflammatoires périutérines, la douleur postopératoire peut être atténuée et rendue suppor-

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table par les piqûres raorphinées sur la paroi abdominale ; la muqueuse est reconstituée à bref délai (1) et l’utérus rentre dans ses fonctions normales^?). Quant aux différentes formes d'atrésie , elles peuvent être évitées par un traitement préventif, appliqué méthodiquement et les sténoses tardives peuvent être traitées avec succès 'par dilatation (?). C’est le cas de dire que la mineure détruit la majeure. Pour notre part, ayant souvent pratiqué la cautérisation au crayon de chlorure de zinc, dans les cas de cancer, nous sommes obligé de dire que les douleurs sont atroces et exposent à de graves dangers.

Quant à l’endométrite chronique, elle est le plus souvent de nature diathésique, et exige un traitement interne approprié. C’est affaire de temps et non d’exécution immédiate. D B.

DE l’ANGINE SCARLATINEUSE GRAVE PSEUDO-DIPHTHÉRITIQUE,

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