PAR LE DOCTEUR SENESTRE
[La Médecine moderne, mai 1890.)
Toujours le streptococcus et le staphylococcus (pyogenes aureus , pyogenes gibus). Où s’arrêtera cette inutile histoire naturelle? En somme, les recherches bactériologiques, aussi bien que les observations cliniques, permettent de formuler les conclusions suivantes :
1° Chez les sujets atteints de scarlatine, on peut observer dans les premiers jours de la maladie, une angine pseudo-membraneuse spéciale;
2° Cette angine précoce, malgré l’analogie parfois frappante au point de vue morphologique avec l’angine diphthéritique, est cependant indépendante de cette dernière ;
3° Elle ne dérive pas non plus directement de la scarlatine, mais résulte d’une infection secondaire par un micro-organisme spécial ;
4° L’angine précoce diphthéritique de la scarlatine est généralement bénigne ; au contraire, le pronostic est toujours grave lorsque la scarlatine se complique d’une diphthérie véritable. Cette dernière complication est plus ou moins tardive. Et dire que c’est là la Médecine moderne! Mais il y à des
(1) Donc elle est détruite et on ne comprend pas une reconstitution de ce genre. ° r B,
MISGELLANÈES
siècles qu’on savait cela! Et puis, du traitement par les alcaloïdes et le sulfure de calcium pas un mot! Rien de plus facile cependant que d’arrêter une scarlatine au point de n’avoir plus rien à craindre des hôtes qui viennent se loger dans les fausses membranes. Le Répertoire est là pour le faire voir à ceux qui n’ont pas des yeux pour ne pas voir ni des oreilles pour ne pas entendre.
ROUGEOLE MALIGNE TRAITÉE PAR LES BAINS FROIDS, PAR LE DOCTEUR DIEULAFOY.
(Société médicale des hôpitaux, mai 1890.) ,
C’est du neuf vieux. Il y a plus de cinquante ans que Priessenitz traitait les maladies éruptives par les bains froids. Si on y a renoncé c’est à cause des accidents, ainsi que l’a fait remarquer M. Huchard. La malignité des fièvres éruptives dépend de ce que l’éruption ne s’est pas faite d une manière complète. Ce qui n’arriverait pas, si on donnait les alcaloïdes défervescents jusqu’à sédation complète de la fièvre. Allons, chers adversaires! faites de la dosimétrie et l’humanité vous bénira. R 1 ' B.
DE l’albuminurie DES MORPHINOMANES, PAR LE DOCTEUR H. HUCHARD.
(Société médicale des hôpitaux, 9 mai 1890.)
L’auteur a présenté à la Société trois observations d’albuminuries permanentes terminées par urémie chez des morphinomanes. Pour l’une d’elles, l'autopsie a démontré l’existence de lésions du gros rein blanc. « Or, tout porte à croire — dit l’auteur — que ces albuminuries permanentes se sont développées sous l’influence de l’abus prolongé de la morphine. » Nous demanderons pourquoi les médecins se prêtent si bénévolement à ces abus? Ne feraient-ils pas mieux de chercher à tonifier les nerfs par les hypophos-
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phites de strychnine, de soude, etc., d’autant que dans ces cas, il y a un état parétique des plexus nerveux qui entourent l’artère rénale (Lœveustein . Mais à quoi bon? ce serait de la dosimétrie !
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