HYSTÉRIE ET MORPHINOMANIE, PAR LE DOCTEUR VOISIN
(Société méd. des hôpitaux, 2 mai 1890.)
L’auteur relate deux observations de morphinomanie chez des hystériques, dont la guérison a été due à la brusque suppression du médicament.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE. 189
Seulement! les attaques d’hystérie se sont reproduites aussi violentes qu’avant. Alors à quoi bon? Ce n’est pas la première fois qu’on surprend l’allopathie la main dans le sac.
Nous avons été consulté dernièrement par la veuve d’un médecin, qui, à l’insu de son mari, se faisait des piqûres de morphine et se trouvait réduite à l’état de squelette — comme les fumeurs d’opium de l’Inde. Elle ne mangeait ni ne dormait plus, et la privation du sel de morphine la mettait dans une agitation voisine du délire. Nous sommes parvenu à la remettre par l’emploi de l’hypophosphite de strychnine, la quassine et les arséniates de soude et d’antimoine.
Au cours de la discussion un des membres a demandé si la suppression brusque de la morphine n’expose pas à certains dangers? Sans doute oui, comme nous venons de le dire pour la veuve du médecin ; mais non, quand à la morphine on substitue la strychnine. Nous ne verrions pas d’inconvénient à combiner les deux agents calmants et hyposthénisants à la fois.
CORRESPONDANCE
Paris, le 16 mai 1890.
Illustre Docteur et grand bienfaiteur de l’humanité,
11 y a déjà longtemps que j’ai eu l’honneur et la bonne fortune de faire votre aimable connaissance chez un ami commun. Grâce à votre précieuse méthode dosimétrique, dont je suis un des plus enthousiastes admirateurs, j’ai évité bien des maladies avec ces diverses pilules si efficaces. Affligé depuis quelques mois d’une atrophie du nerf optique, contre laquelle les meilleurs oculistes de Paris et M. Charcot lui-même ont été impuissants, est-ce que dans votre merveilleux arsenal de remèdes dosimétriques vous n’auriez pas, par hasard, une substance active et efficace pour ma maladie qui n’empêche de me diriger seul — et cependant je vois encore la lumière. Je vous serai très reconnaissant si vous aviez 1 extrême bonté de m’honorer de votre bienveillante réponse.
Daignez agréer, illustre Docteur, avec mes plus vifs remerciements anticipés, l’hommage de ma vive admiration et de mon profond respect.