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DESTRUCTION DE LA VIRULENCE DU VIRUS RABIQUE, PAR LE DOCTEUR SZELAGÉ

(Klausenbourg, 1890, Autriche.)

L’auteur a fait à ce sujet une série de recherches dont voici les résultats.

Le chlore a été employé sous forme d’eau chlorée. Après avoir préparé une émulsion de la moelle d’un lapin mort de rage à l’aide d’une solution stérilisée de chlorure de sodium à 0.6 p. c., l’auteur ajouta à une certaine quantité de cette émulsion une quantité égale d’eau chlorée et avec ce mélange fit des injections intracrâniennes sur des lapins. En même temps il injecta une émulsion du virus fixe, pure, à la même concentration que la précédente, sans résultat toxique pour la première. D’où il conclut que des quantités minimes de chlore détruisent le virus rabique. En diluant 10 gouttes de l’eau chlorée officinale avec 10 grammes d’eau distillée et en broyant ce mélange avec une égale quantité d’une émulsion de virus fixes, les animaux inoculés avec ce mélange survécurent et ne présentèrent aucun symptôme morbide.

Le brome jouit des mêmes propriétés que le chlore, mais à.des doses un peu plus élevées.

L’aeide sulfureux a été employé en solution aqueuse à 9.2 p. c., telle

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qu’elle est prescrite par la pharmacie anglaise. Cette solution diluée avec une égale quantité d’eau, fut entièrement mêlée à une partie égale d’émulsion de virus fixe. Ces expériences ont montré quune solution à 2 p. c. d’acide sulfureux détruit le virus rabique en 10 ou 15 minutes. Les animaux inoculés avec ce mélange restèrent indemnes.

Le permanganate de potasse fut employé en solution aqueuse à 2 et 4 p. c. et mêlé à une émulsion de virus fixes, La première solution contenait 1 p. c., la seconde 2 p. c. de permanganate de potasse. Quoique la valeur désinfectante de la solution soit fort petite, la première (1 p. c.) est déjà capable de rendre inactive l’émulsion du virus fixe.

L’huile d’eucalyptus fut employée à deux degrés de concentration : trois parties d’émulsion de virus fixe et une partie d huile d eucalyptus, et six parties d’émulsion de virus fixe avec une partie d’eucalyptus. Les animaux inoculés avec ce mélange restèrent indemnes.

Les expériences avec le thymol n’ont pas donné de résultats aussi favorables. A cause de son insolubilité dans l’eau, on a employé une solution à 2 p. c. d’huile d’olive, qu’on a mélangée intimement avec une quantité égale d’émulsion du virus fixe. Les animaux inoculés avec ce mélange eurent la rage, à laquelle ils succombèrent. Seulement il est à remarquer que les symptômes nerveux, de même que la mort, survinrent plus tard.

Des solutions aqueuses avec le permanganate de potasse ont fait émettre l’idée que le virus était détruit par l’action de l’oxygène. L’auteur a fait passer, pendant un quart d’heure, sur une émulsion fraîche de virus fixe un courant d’oxygène. Les animaux inoculés avec ce virus succombèrent à la rage typique, l’un trois, l’autre quatre jours plus tard que les animaux témoins. L’auteur se propose de faire inhaler aux lapins infectés par la rage, de l’oxygène pour savoir si le sang saturé de cô gaz peut empêcher le développement de la malade.

Réflexions. — 11 ne suffit pas de neutraliser le virus, ce qui réduirait la question à une simple opération chimique, mais de modifier létat symptomatique ou vital. C’est pourquoi le sulfure de calcium comme parasiticide, le camphre monobromé, la strychnine, l’hyosciamine, seront toujours employés de concert avec les agents neutralisants.

CORRESPONDANCE

Saint-Auban, le 5 mars 1890.

Cher Maître,

Veuillez permettre à un modeste praticien de la campagne d’avoir recours à vos hautes connaissances, auxquelles j’ai une entière confiance, pratiquant moi-même ce système depuis quelques années.

Voici ce dont il s’agit :

Entré actuellement dans ma quarantième année, je suis atteint, depuis dix-huit à vingt ans, d’une dyspepsie flatulente nerveuse, présentant comme symptômes principaux : des vërtiges intermittents avec brouillard devant les yeux, ayant la-forme d’un Z, survenant surtout pendant l’été et à plusieurs reprises par jour avec des spasmes du cœur.

D’autres fois, c’est des crampes d’estomac très fortes, survenant quelques heures après le repas. Ces dernières ont été calmées avec l’arséniate de caféine et la codéine ; de même que pour les vertiges, je me suis bien trouvé de l’usage de l’arséniate de strychnine et Pbyosciamine.

Mais ce qui m’inquiète surtout en ce moment, c’est un prurit eczémateux situé aux parties génitales et anales, survenu à la suite d’un herpès de la verge et des bourses, m’occasionnant des démangeaisons insupportables. Ne trouvant dans vos manuels aucun traitement spécifique à ces deux maladies, je vous serais éternellement reconnaissant, si vous vouliez être assez bon pour m’en indiquer un.

Veuillez agréer, cher Maître, l’expression de ma parfaite considération.

Th aon,

Médecin cantonal à Saint-Auban, A. M.

P. S. J’oubliais de vous dire que je suis d’un caractère très excitable et je fume assez pendant l’hiver. Et, en général, quand j’ai le vertige, mes urines sont très chargées et rougeâtres.

Encore une fois, merci.

Réflexions. — Puisqu’il s’agit d’une dyspepsie, j’ai envoyé au confrère mon opuscule sur cette affection.

Je lui ai conseillé :

1° .Le matin à jeun le Sedlitz Chanteaud;

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2° Au repas principal, la quassine et Farséniate de soudé, 2 à 3 granules de chaque;

3° Le soir, au coucher, Farséniate de strychnine, aconitine, digitaline, 3 granules de chaque ensemble.

Localement, la poudre de fleur de farine.

DE LA CURABILITÉ DE LA PHTISIE PULMONAIRE, PAR LE DOCTEUR E. ABERG, MÉDECIN-DIRECTEUR DE L’iNSTITUT KENESO-THERAP., DE BUENOS-AYRES.

(Conférence à la Société de médecine et de chirurgie du XII e Congrès des naturalistes Scandinaves à Stockholm. Libr. J.-B. Baillière fils, Paris, 1891.)

Il est assez remarquable qu’un médecin des pays tropicaux soit venu prêcher le froid dans des climats glacés. Nous pensons qu’il en sera de son système de curabilité comme de celui de Priessnitz, ce paysan de Greifienberg, qui, lui aussi, prétendait guérir toutes les maladies par les douches et les bains froids. Ce n’est pas qu’une violente réaction à la périphérie ne puisse dégager le dedans ; et nous-même, nous nous rappelons avoir guéri ainsi un malade d’une entérite qui le faisait dépérir depuis trois ans. Mais il est bien entendu qu’il n’existait aucun néoplasme. Il en sera de même chaque fois qu’on aura la prétention de dissiper ipso facto une maladie organique. Il faut cependant inspirer la confiance aux patients, quand ils ont encore la force. Au Righy, nous avons visité la vaste installation du Kaldbad, à hauteur de la montagne — le thermomètre indiquait | 30 c __ h y aV ait là une centaine de malades grelottant, les uns ensevelis sous des couvertures, d’autres couchés sous un pâle rayon de soleil. Qu’il y ait. des phtisiques qui y vont, nous le voulons bien, mais qui. en reviennent guéris, nous en doutons.

La méthode du docteur Aberg, consiste en une hydrothérapie spéciale(?) à l’aide d’eau glacée. Le 1 er degré consiste en lotions rapides, avec une éponge, sur la nuque, le dos, les épa'ules, le visage, le cou, la poitrine avec de l’eau à la température de — 0 °, qu’on obtient én y laissant fondre un morceau de glace. Le 2 e degré consiste en affusions glacées sous forme de jet. Le 3 e degré en bain entier. « C’est là le vrai remède » (?). La durée

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