‹ MiscellaneesChapitre 12 sur 30 · LA FAYETTE · texte numérisé non relu

LA FAYETTE

C'est en février que La Fayette rentra en France. Le 8 juin 1779, de St-Jean d'Angely près de Rochefort, il adressait au même personnage l'autre lettre que voici :

Au Berceau des Etats-Unis

4 'Monsieur,

"La bienveillante invitation dont V honorable conseil de la Baie du Massachusetts ni a honoré, en ni exprimant le désir de leur écrire de France, est si hautement flatteuse, que c est avec -profond amour et plaisir que je veux obéir à leur ordre courtois. Cela me fournit en même temps V occasion de leur présenter M. le Chevalier de la Luzerne, le nouveau ministre de France près le Congrès, qui se propose de mettre pied à terre à Boston, et qui, soit comme homme public, soit comme homme privé, mérite tout-à-fait leur confiance et leur amitié. Cest du moins ce que je suis en droit d'espérer d'après ce que je connais de son caractère et de ses bonnes qualités.

"Il n'y a pas pour le moment d' événements bien intéressants . Depuis la prise du Sénégal, je ri ai rien su qui soit digne de mention; toutes les guerres européennes sont maintenant réglées à notre satisfaction, si ce ri est la guerre entre nous et V Angleterre, laquelle ne se terminera pas avant que V indépendance ne soit reconnue. Ceci cependant aura lieu bientôt, car V Angleterre fait son suprême effort, et durant cette campagne elle va recevoir un tel coup en Europe (en autant du moins que les événements humains peuvent être prévus^), qu'elle en deviendra beaucoup plus trait able qu elle ri a été jusqu'à présent. ]' espère que les premières nouvelles que vous recevrez seront bien autrement importantes que celles que je puis vous donner ici.

4 'Comme V honorable conseil a eu la bonté de me demander de les renseigner sur ce qui me concerne, j' ai V honneur de les informer que j' ai été V objet, à mon retour dans mon pays, de telles marques flatteuses d' affection, que j'y ai vu une

MlSCELLANEES

preuve nouvelle de la bonne volonté générale des Français à l' égard de V Amérique, ainsi quà F égard de ceux qu ils savaient avoir été utiles à cette noble cause. Je suis en cet endroit depuis quelques jours, et mon avenir dépend beaucoup des opérations militaires.

"La gratitude que je ressens au souvenir de V aimable accueil que j * ai reçu à Boston, V affection que j' éprouve pour ses habitants, les amis nombreux que je veux revoir, et mon désir de servir à coté de ces braves défenseurs de la liberté, — tout cela fait que f espère vivement venir vous présenter personnellement le tribut de respect et £ affection que j' ai V honneur d' offrir ici à V honorable conseil.

4 'Avec le plus haut respect, j 'ai V honneur d' être Monsieur Votre très humble et très obéissant serviteur,

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