L'ARCHITECTURE ET LES ARCHITECTES A NIORT
jusqu'à la fin du XVIII^ siôcle.
Le Donjon est le seul monument de l'époque romane existant à Niort.
Il ne subsiste plus de la primitive chapelle du prieuré de Notre-Dame que de rares pierres sculptées, réemployées dans le niur Sud de la grande nef de l'église, au-dessus des voûtes, au niveau du maître autel — transporté comme on sait au pied de la croix en 1771 — et quelques débris déposés au Musée départemental par l'architecte Loué, lors de la construction des nouvelles sacristies en 1883.
L'attribution à Saint-Vaise, Saint-Gaudens et Saint- André de divers fragments trouvés près du nouveau Palais de Justice, quai de la Préfecture et quai de la Regratterie, reste fort hypothétique. On ne sait même pas d'où provient le singulier bas-relief encastré dans le mur Nord du grand bâtiment portant le n° 22 de la place Chanzy.
Arcisse de Gaumont avait souvent rencontré cette figure de femme entourée de serpents — ou même les allaitant parfois comme à l'octogone de Montmorillon, représenta-
tion quia fait couler beaucoup d'encre (1) — mais jamais, à notre connaissance, le groupe niortais n'a été reproduit ni même signalé. On croit devoir le sauver de l'oubli en en donnant la photogravure avant que le temps ne Tait complètement détruit. Il serait à craindre à notre âge qu'il ne se présentât plus d'autre occasion d'en parler.
Saint-André possédait déjà une vaste église romane au temps où Notre-Dame n'avait encore qu'une chapelle. Lorsque l'église que nous avons encore remplaça cette chapelle, Saint-André fut décorée d'une flèche rivale de celle de Notre-Dame. Alors pour donner plus d'air et de clarté aux églises, on n'hésitait point à jeter bas les vieilles absides romanes et à les livrer à l'architecture flamboyante. Saint-André subit à ce moment un remaniement dans son ensemble dont les traces ont subsisté jusqu'à la réédification complète de cette église terminée peu après le décès de l'ingénieur Segrefain survenu le 8 novembre 1864 (2).
De l'époque ogivale date également le grand bâtiment de la place Chanzy. Il se pourrait qu'on eut alors l'idée d'y transporter le bas-relief de la femme aux serpents provenant peut-être de l'un des murs reconstruits ou remaniés de l'église Saint-André.
La tradition attribue aux Lusignans la construction de ce grand bâtiment du xv« siècle encore intact, sauf la création de quelques ouvertures vers 1700, elle a été contestée, il est vrai, par Bardonnet mais il n'a pu en déterminer l'origine. Il n'off're aucune partie romane et le bas-relief a été enclavé dans un mur déjà construit.
Si la tradition est fausse — ce qui reste à prouver —
(1) Les bas-reliefs de Poctogone de MontmoriUon ont été reprodtiits en photogravures par feu de la Bourallére dans son Guide archéologique au Congrès de Poitiers de 1903. Ces groupes symbolisent les vertus et les vices et sont attribués au XII* siècle. Art. Montmorillon, p. 63.
(2) Voy. Particle consacré à St-Ândré par Ch. Arnauld dans les Mon. relig. milit. et civils des 2-8. Niort, Robin, 1843.
ce bas-relief peut lui avoir servi de base, les Lusignans ne croyaient-ils pas descendre de la serpente Mélusine?
Il n'y eut longtemps à Niort qu'un seul couvent, celui des Cordeliers fondé à une époque inconnue mais fort ancienne car leur chapelle date du i®*^ siècle de Père gothique. Réparée après les guerres de religion comme le montre une inscription dont la date (1607) subsiste seule, c'est aujourd'hui le temple protestant.
II faut peut-être encore attribuer à cette époque la crypte cylindro-conique au n*» 1 de la rue Chabot servant de cave à la maison située à l'angle N.-O. de la place de Strasbourg où elle porte le n° 3, monument dont l'origine est pleine dïncertitude.
Le xur siècle nous a aussi laissé les tympans de deux croisées en tiers-point au côté Est de la place Chanzy — n° 36 — avec une petite fenêtre à meneau vertical au couchant de la maison, en partie renaissance, portant le n° 36 de la rue Saint-Jean.
Au xiv« siècle, on ne bâtit guère à Niort pas plus qu'ailleurs en Poitou. A signaler cependant les murs de THôtel de Ville, notamment ceux du beffroi, que la Renaissance devait plus tard recouvrir d'un placage.
A Notre-Dame, la flèche parait contemporaine de l'abside commencée en 1491 comme en témoigne une inscription bien connue, alors que la belle porte au Nord doit être un peu plus récente.
M. Arthur Bouneault, chargé de la restauration de cette porte, a découvert tout au sommet du pignon, une inscription ainsi conçue :
LE SR FRANOX MARGILE
et Ton ne saurait trop glorifier notre collègue de nous offrir le rare exemple d'un architecte signant son œuvre au XV* siècle.
Nous avons déjà parlé des remaniements opérés à Saint-André à cette époque, qui ne respectèrent peut-être que les piliers massifs de rentrecroisement des nefs.
Au xv« siècle appartiennent encore le Palais royal, ancien hôtel Chaumont, rue du Pont, n"" 5, la maison de Candie rue des Halles — aujourd'hui Victor-Hugo — n"* 13, etc., etc.
Tout renaît à la vie après le départ des Anglais, les villes se rebâtissent, dans les campagnes même, il n'est
si humble chaumière qui ne se décore de quelque fenêtre à ogive.
Cependant ce grand mouvement ne semble point avoir nécessité l'emploi d'un grand nombre d'architectes. Octave de Rochebrune, le maître aquafortiste Fontenaisien, remarquait que Tes châteaux gothiques du Poitou — presque toujours à plan angulaire — ne dérivent guère que de deux types. Cette quasi uniformité dut permettre à des ouvriers intelligents — comme il s'en trouva toujours à la tête des bandes de maçons Limousins qui revinrent chaque année jusqu'à l'ouverture des grands travaux de Paris sous le second Empire — de reproduire sans grand effort, le plan déjà exécuté sous l'œil d'un maître (i). Ces pastiches se reconnaissent surtout dans les bâtiments de second ordre, à des erreurs de détail qui n'eut pas tolérées l'un de ces initiateurs restés inconnus.
Au retour des guerres d'Italie, les seigneurs trouvèrent laids et sans confort leurs vieux manoirs féodaux, c'en fut fait de l'ogive, la voûte ronde de l'époque Romane reparut agrémentée cette fois de capricieuses fantaisies. Si des artistes venus par delà les monts, présidaient aux débuts de la Renaissance, leurs imitateurs Français modifiaient bientôt leurs données ; un style vraiment national apparut et il ne tarda pas à influencer les architectes Italiens eux-mêmes (2). Les villes ne tardèrent point à subir la mode nouvelle, de son côté le style religieux se transforma encore. Une telle rénovation ne put s'accomplir cette fois sans le concours d'un grand nombre d'architectes, les maîtres français avaient fait école à leur tour.
(1) Nous rangeons dans cette catégorie l'architecte Devilllers, dont M. A. Bouneault a retrouvé le nom à la chapelle du Gazeau (commune de Sainte- Ouenne), XV* siècle.
(2) Le château d*Apremont en Vendée est dû à Tarchitecte Jean-BapUste FlorenUn (1542).
Cependant le style en est plutôt Français qaltalien.
Malhurin Berthomé finit de rebâtir THôlel de Ville vers 1535, il fit encore une tribune à Notre-Dame. Un élève de Liénard de la Réau — M. A. Bouneault a encore relevé ce nom au château de Goulonges dont les épaves achetées par feu Octave de Rochebrune ont décoré son atelier de Terre-Neuve — si ce n'est le maître lui-môme, bâtit rhôtel d'Estissac au n° 13 de la rue du Petit-Saint-Jean. On ne sait à qui attribuer la maison Robineau, voisine de rhôtel d'Estissac (1) avec sa belle cheminée livrée aux brocanteurs et le n® 34 de l'ancienne rue du Minage, — aujourd'hui rue Ricard — dont il ne reste plus que l'escalier (Café Continental), mais il paraîtra surtout regrettable que le nom de l'architecte des deux chapelles contigûes de Saint- André à peu près complètement détruites vers 1864 ne nous soit pas parvenu (2).
Nous ne connaissons dans tout le voisinage qu'un architecte ayant bâti une église, Ameil de la Lande à qui est due celle de Cours près Champdeniers (1551), nous hésitons beaucoup à le gratifier des chapelles de Saint-André.
Il se pourrait qu'Ameil fut Télève d'André Lamy, architecte de la sainte chapelle de Thouars dont Palustre a cru reconnaître le style à Saint-Antoine de la Lande (3).
Au xvi*' siècle, les maîtres architectes du roi continuent à intervenir dans les travaux d'utilité publique et privée, c'est ainsi que Charles Androuet du Cerceau se fixera à Châtellerault vers 1594 pour surveiller la construction du pont de la Vienne terminée en 1609 par son fik René, archileclc et ingénieur ordinaire du roiy aussi en résideiice à Châtellerault. Charles du Cerceau, au temps de son séjour dans cette ville, construisit Thôtel Sully livré en 1600.
René vivait encore en 1641 et mourut avant 1675. En 1611, Sully, gouverneur du Poitou et grar^ voyer de
(1) Rue du Petit-SaiQt-Jean, n* 3, et rue Saint-Jean, n* 30.
(2) Au XVl* siècle appartient encore l*hôtel Chabot, 23, rue du Pont, etc.
(3) La Renaissance, 4* livraison.
FrancCy le chargeait de dresser un Etat des chemins du Poitou en conséquence duquel divers travaux étaient par lui exécutés.
Nous verrons de même au siècle suivant Charles Métezeau, architecte du roi, mort après 1650, que rétablissement de la digue de La Rochelle a rendu célèbre, construire pour le fameux preneur de villes, le château de la Meilleraie près Parthenay.
A Niort, la construction de ïimmense hôtel Saint- Vaise, sous Louis XJII, reste sans explication.
Jusqu'au xvn* siècle, cette ville n'avait eu que le seul couvent des Cordeliers, la réaction catholique, conséquence de la ruine des protestants, y amena alors à la fois Capucins^ Charitains, Carmélites, Bénédictines, Franciscaines et Ursulines.
Leduc, dit Toscane, alors domicilié à Saint-Maixent où il reconstruisait les voûtes de l'église des Bénédictins détruites par les protestants, bâtit en 1674 le monastère des Carmélites de Niort. On ne sait à qui les autres couvents furent confiés, mais la porte d'entrée du couvent des Bénédictines, seul reste de leur maison — dans la cour du n** 10 de la rue de l'Arsenal — parait l'œuvre d'un véritable architecte et l'on ne saurait encore attribuer à un simple maître maçon du Limousin ou du Poitou, le magnifique prieuré de Puyberland près Melle.
Louis XIV. après la Révocation, avait fait rétablir, vaille qui vaille, Téglise de Saint-André renversée par les Huguenots (1). Les deux chapelles de la Renaissance subsistèrent intactes jusqu'à la reconstruction effectuée au XIX® siècle qui les absorba presque entièrement et relégua les caissons et les clefs pendantes sur les voûtes de la grande nef.
Claude Ghastillon nous a laissé une vue de Notre-Dame après le bombardement de du Lude; à l'Est de la grande porte, le mur du bas côté est ouvert dans toute sa hau-
(1) Une inscription rappelle les travaux sans donner le nom de Tarchitecte.
leur, toutes les charpentes ont disparu et n'ont jamais été rétablies à l'ancien niveau. Une inscription contemjKH raine de la restauration placée près de l'ancienne brèche est malheureusemeut devenue indéchiffrable à la suite de mutilations acharnées.
Le passage de Sully à la grande voirie de France, n'amena point comme on pourrait le croire, Torganisalion de ce service. L'administration des Ponts et Chaussées apparaît à peine à la fin du règne de Louis XIV. Elle était alors dans chaque généralité sous l'autorité de l'Intendant et des trésoriers des finances. A partir de 1722, elle releva du premier ingénieur de France sous les ordres du contrôleur général.
L'instruction de Machauil (décembre 1747) divisait les agents en trois classes. Le recrutement ne s'opérait suivant aucun mode régulier. On choisissait les ingénieurs parmi les hommes ayant fait preuve de talent dans la pratique des constructions civiles ou militaires. Enfin, en 1750, l'Ecole des Ponts et Chaussées était créée sur les instances de Perronnet (1).
A une époque que nous n'avons pu déterminer, Niort fut gratifiée d'un som-ingénieur. C'était en 1789, le sieur Pierre Mathieu, qui parait avoir succédé à J.-B. Paul Dumesnil, ingénieur du roi, d'une famille niortaise, décédé en 1765 à 65 ans. Ce Dumesnil avait 50 ans lors.de la fondation de l'Ecole des Ponts et Chaussées (1750) ; il est donc impossible qu'il en soit sorti. Ce devait être un de ces individus entrés dans le corps des ingénieurs sans autre titre que celui d'architecte civil (2) ou militaire.
(1) Gfr. Dict. de Larousse.
(2) On ne sait d'où sortaient ces architectes civils, s'ils étaient diplômés, breyetés ou même porteurs d'attestations fournies par d'autres architectes.
Au XVI* siècle, tout au moins, ils ne paraissent pas attacher une importance bien grande à ce titre d'architecte. Cest ainsi qu'Alexandre Robin appelé à Javerzay par François de Rochechouart en 1514, s'intitule tantôt maître maçon architecte, tantôt tout simplement maître des œuvres de maçonnerie de la ville de Tours. U construisit des ponts, des chapelles et paraît s'être surtout Tait connaître comme • tailleur et engraveur de sculptures pour les armoiries », (1> E. Giraudet. Les artistes tourangeaux. Tours, 1885) Avant 1789
De lui naquit Varchilecte J.-B. Etimnt Dumesnil qui pourrait bien s'être uniquement formé sous la direction paternelle. Nous verrons tout au moins Pinoteau, simple entrepreneur dudit Etienne Dumesnil, en 1774, gratifié du titre d'architecte à la Révolution. J.-B. Etienne Dumesnil naquit à Niort vers 1743. Dès 1771, il avait ouvert dans l'ancienne abside de Notre-Dame les deux portos fort critiquées qui subsistent encore et opéré divers remaniements dans cette église. Il construisit l'hôtel Arnauldet, rue Saint-Gelais 28, de 1784 à 1787.
Vers 1782, les Hospitalières de Niort appelèrent de Poitiers où elles avaient une autre mais(on, Louis Vétault qu'elles chargèrent de la construction de leur nouvel établissement près de l'hôpital général. Faudrait-il croire que les couvents voisins appartenant au même ordre, n'avaient souvent qu'un seul architecte ?
L'année 1786 est donnée par Alphonse Frappier comme la date de l'achèvement de leur nouveau couvent (1), Marin dit que les travaux furent terminés dès 1784 (2).
Louis Vétault paraît avoir été l'architecte officiel de la ville de Poitiers ; cet artiste privilégié, survivant à tous les régimes, resta en faveur de Louis XVI à Charles X. Peut-être était-il sorti de TEcole d'Architecture ouverte à Paris, rue des Cordeliers, en 1740, par Jacques-François Blondel, approuvée par l'Académie d'Architecture le
comme aujourd'hui, tout individu pouvait prendre le titre d'architecte sans que des conditions de capacité fussent exigées, mais à des risques et périls car le principe de la responsabilité s'appliquait déjà.
Le postulant était seulement astreint à se faire admettre dans une maîtrise ce qui ne pouvait se faire, du moins en Poitou, sans examen préalable. On voit en 1686, l'un de nos meilleurs artistes, Pierre Leduc, dit Toscane, se soumettre à cette pure formalité (M. P. Rambaud). Il habitait alors à Poitiers.
n est probable qu'il en fut ainsi jusqu'à la réformation des Jurandes en 1776.
Les élèves des Ecoles d'Architecture et des Ponts et Chaussées n'avaient au point de vue légal aucune supériorité sur les architectes qui prenaient d'autorité ce titre, de même qu'aujourd'hui les diverses écoles de l'Etat — Beaux-Arts, Centrale, Ponts et Chaussées etc. — n'offrent qu'une recommandation près de la clientèle. Enfin les architectes se livraient parfois à l'exercice d'une autre fonction, telle que celle de sculpteur.
(1) Notice sur l'Uôpltal-Hospice, mém. soc. de stat. 1" s** X.
(2) Notice sur Niort. Annuaire des 2-S., 1827, p. 62.
6 raai 1743, transferrée rue La Harpe et autorisée par le Ministre en 1750. On y enseignait les mathématiques, la guerre, Tartillerie, la marine, la peinture, V architecture^ etc. (Encyclopédie de d'Alembert) (1).
On retrouve Vétault dirigeant à Poitiers en 1793 les travaux d'installation de THôtel-Dieu actuel. En 1804, il construit le Théâtre. (Jet architecte passa sa longue existence à démolir et à dégrader les monuments de l'ancienne capitale du Poitou (M. P. Rambaud). Il n'est meilleure preuve de son défaut de goût que le plan dressé par lui en 1783 pour une nouvelle distribution du Palais de Justice de Poitiers, reproduit par feu de la Bouralière dans sa note sur l'ancienne chapelle (2). Une grande porte s'ouvre, à travers le magnifique chevet de la salle des pas perdus, tandis que des aménagements fort inattendus, à l'autre extrémité du vaisseau, en détruisent l'harmonie et l'imposante majesté (3).
Dumesnil et Vétault font exception. Lucet, Ponchon, Baudouin, Bonnichon, Bompar, Mathieu, tous les autres architectes connus employés à Niort au xvin® siècle, en un mot, appartiennent au corps des Ponts et Chaussées (4). C'est la dernière monnaie de la dynastie des Du Cerceau éteinte depuis un siècle et demi.
La concurrence des ingénieurs du roi fut désastreuse pour les architectes locaux. Les villes et les particuliers ne tardèrent pas à les employer. Dès lors plus de petites écoles régionales, l'initiative disparaît, tout s'accommode à la mode de Paris où l'Académie fulmine ses canons
(1) L'Académie d'Archlleclupe, due à Colbert, remontait à 1671 et ayait ourert des cours bien avant 1740. Jacques-François Blondel, né à Rouen en 1705, mort en 1774, était le neveu de François Blondel né à Ribemont (Aisne), en 1617, mort en 1684, qui donna des leçons à PAcadémie royale et publia un traité d'architecture. L'enseignement de l'architecture est même antérieur à l'Académie. Voy. Manuel Brunet art. cons. à Abraham Bosse.
(2) Bull, de la Soc. des Antiq. de l'O., 1* semestre 1904.
(3) Vétault devait encore élever sous l'Empire le monumental et ridicule portique à colonnes dressé en avant de la porte principale du Palais de Justice de Poitiers.
(4) Il parait quil en fût ainsi à peu près partout en province au XVIII* siècle.
pour les ingénieurs aussi bien que pour les architectes.
Pauvres architectes niortais ! nous aurions voulu leur rendre un tardif hommage, nous croyions facile de retrouver ceux à qui les monuments de Tépoque moderne sont dus, mais il est arrivé le plus souvent qu'ils restent tout aussi inconnus que leurs devanciers des âges antérieurs.
Les noms des architectes de l'hôtel Saint-Vaise et du beau portail de la rue Saint-François ne se sont rencontrés ni dans les titres transmis avec tant d'obligeance par notre ami Antonin Delavault et Mesdames Charrier et Arnauldet, ni dans les minutes des études Jousset, Mousnier et Bonnet communiqués avec le môme empressement (1).
Avant nous, le regretté Bardonnet avait eu le même insuccès relativement au grand bâtiment de la place Chanzy.
Signalons ces desiderata à ceux qui viendront après nous, peut-être seront-ils plus heureux et prenons notre parti de tous ces déboires, le sage, m'écrivait tout dernièrement un grand chercheur, doit savoir se contenter de peu.
(1) U a été déjà dit que nous D^avlons pas eu plus de succès pour les couvents des ( apucins, des frères Saiot-Jean de Dieu, des Bénédictines, Franciscaines et Ursulines.