LE CHATEAU DE NIORT
Sommaire. Le mur d'enceinte tournoyé et fossoyé, ses portes. Moulin du Lhâteau ou Moulin du Roi indépendant du Château à la Révolution. Le fort Foucault, son ancien pont bnrrant la Sèvre et le pont en bois. Le vieux port du Gremer dans l'ancien lit du Merdusson, abandonné au xiv« siècle, envasé ef transformé en jardin ainsi que tout le fossé extérieur et la partie Sud de l'esplanade. La culture de l'angélique. Autorisation royale en 1758 pour l'élargissement des rues du Jeu de paume et de Pelet aux dépends du fossé.
Le Donjon, l'escalier en bois et le pont levis jetés sur sa douve. Ecroulement de la tour Nord en 1749, réédification de sa partie supérieure sur un plan nouveau.
Eglise paroissiale de Saint-Gaudent servant de chapelle au château, démolie vers 1600. La paroisse réunie à celle de Notre-Dame. Chapelle sur l'esplanade.
Acquisition non soldée du château par la ville en 1791. L'année suivante, elle fixe le siège de son administration dans l'ancien logement du gouverneur où elle demeure pendant 74 ans et le département établit sa maison d'arrêt dans le Donjon. Pendant les guerres de la Vendée, des dépôts d'artillerie et de poudre envahissent la forteresse.
En 1798, le Directoire de la République permet au département de créer un jardin botanique pour son Ecole Centrale, au Sud de Tesplanade mais refuse l'année suivante, à la ville, toujours débitrice, l'autorisation de bâtir une bourse et un théâtre sur le fossé de l'E^t, en bordure de la rue Civique. Le décret impérial du 7 août 1808 rendu à Niort, donne le château à la ville sous la condition de laisser le Donjon an département pour servir de prison.
Depuis la fermeture de l'Ecole Centrale (1802), le jardin botanique n'est plus qu'une promenade publique; après avoir pensé
au tribunal, on y bfttît la nouvelle préfecture inaugurée en 1832.
Les ventes du 17 mai 1817 sont comme le glas du château. Un quartier neuf, s'élève sur Tesplanadè et l'emplacement des murs et des fossés. En 1853, le Donjon est évacué par les détenus qui vont occuper la prison cellulaire bâtie dans les jardins du tribunal. EIn 1866, l'administration municipale quitte le logement du gouverneur pour se mettre en location ru& Royale (Thiers) en attendant la construction d'un nouvel hôtel de ville. Après l'établissement des nouvelles halles sur l'emplacement du monument Brisson (1868-1872), la place du Donjon est prolongée jusqu'au marché couvert et toute trace de la mairie occupée de 1792 à 1866, disparaît.
Les Archives départementales déposées au Donjon en 1884, sont transportées en 1895 dans la nouvelle annexe de la Préfecture, au Nord, et la ville reste seule propriétaire du Donjon sous la condition d'acquérir et de démolir les maisons qui en masquent l'aspect.
De Tantique château, il ne subsiste plus que les tours jumelles bâties *par Mélusine d'après la légende et pendant la domination Anglaise^ si on s'en rapporte à Tarcbitecture.
Une douve profonde creusée dans le roc, isolfit t^ dernier asile de la défense au milieu de la forteresse. A la Révolution, on pénétrait dans le Donjon par un escalier en bois jeté sur cette douve, il s'élevait jusqu'à uoa^ étroite esplanade dont le mur de soutènement a'étaH pas ancien. Sa construction dut amener de notables cll^ngements à la disposition primitive, de là date sans doute la porte percée au niveau du sol. Bien qu'elle eut permis de remplacer l'escalier par un pont-levis au niveau des terres, elle n'en avait point amené la suppression, on continua à monter /tis^u'au premier étage pour entrer au Donjon de Niort, œmme en tous les Donjons, dans un but de défense bien entendu. En 1779 il y avait un pontlevis tout en haut de l'escaliei .
L'enceinte formait un parallélogramme irrégulier protégé par un rempart et des tours. La Sèvre eu baignait le pied au couchant, il dominait au nord le vieux port du
Grenier (1) établi dang l'ancien lit du Merdusson (2), jadis fermé par un arceau du côté de la rivière. A Test et au sud, un fossé sans eau en défendait les approches, livré depuis longtemps à la culture maraîchère et loué par le gouverneur, il produisait des plants d'angélique pour les confiseurs.
Par une raison restée inconnue, le fossé ne se prolongeait pas jusqu'au Grenier. Il cessait à flanc de coteau, avant d'avoir atteint Tétroite porte précédée de degrés, située à l'angle voisin du port abandonné qui, jusqu'au XVI* siècle mit seule le château en communication avec la ville (3).
La porte de fer ou de secours, s'ouvrait sur la rivière en face du Donjon, là aboutissait le pont de bois du fort Foucault. Enfin^ en 1587, à ('occasion des conférences de Catherine de Médicis avec les envoyés de son gendre, le futur roi Henri lY, dans l'église de Saint-Gaudent, une troisième porte avait été percée dans la tour la plus voisine de l'auberge de la Médaille où il est à supposer que la reine était descendue. Cette porte qui ne devait être que provisoire, subsista pour la commodité du service de la place et de l'église Saint-Gaudent.
La construction du château remontant à une époque fort antérieure à l'inveation des armes à feu, l'absence de toute porte charretière permettant d'y introduire le canon sans une manœuvre pénible, s'explique aisément, toutefois, il est assez extraordinaire que l'on n'ait jamais songé par la suite à remédier à ce grave inconvénient. Les canons restaient en dépôt, soit dans une salle basse
(1) On sait qu'en l'an XI le monument plus préteaUeax qa*élégant élevé par le maire Brisson pour remplacer les halles détraites par le général Macors en 1793, fit disparaître ce bassin abandonné après le creusement d'un noiiTeau port par Jean de Berry, envahi par la vase et livré à la culture maraîchère avant la Révolution.
(2) Dévié au nord ^ une époque inconnue. Le triangle compris entre l'anclcB cours et lé nouveau forma Vile du Palais autrefois de la paroisse Saint-Qaudent réunie plus tard à Notre-Dame.
(3) C'est par cette seule porte éloignée et mal commode, qub put ee flaire jusqu'en 1587, le service de l'église de Saint-Gaudent.
de rhôtel de ville qui porta longtemps le nom de chambre de Tartillerie, soit sous les halles plus voisines de la forteresse. On les trouve même au xvi« siècle, dans une maison près des Gordeliers (H. Proust).
La rue appelée successivement des fossés, du Jm àm paume, civique, royale nationale et enfin rue Tlôers, commençant au nord à la place des halles (i) aboutissant au sud à la grande porte de l'Oratoire, a toujours existé à Test du château. Quoique peu rectiligne, elle n'avait pu s'accommoder à la convexité très accentuée de Tenceinte et laissait du côté du fossé, avant d'atteindre l'Oratoire, un espace libre qui semble avoir été occupé jadis par le cimetière de Saint-Gaudent. Au delà de ce terrain, le fossé était bordé par des maisons particulières jusqu'à la rue dite aujourd'hui de l'Abreuvoir qui, comme plusieurs autres du quartier de Pelet n'avait d'autre désignalion que ce nom de PeleL Enfin la dite rue de Pelet côtoyait le fossé jusqu'à la Sèvre.
Le procès-verbal d'estimation du château de Niort, en prévision de la vente, tut dressé par Pierre Pinoteau, architecte expert nommé par les officiers municipaux et Pierre Bote aussi architecte expert nommé par le Directoire des Deux-Sèvres, du 10 au 14 février 1791 (2), est un des rares documents de cette nature qui nous ait été conservé, pour ce qui est de l'acte de vente, il est perdu comme celui des Gordeliers et beaucoup d'autres.
Les experts constatent que le mur d'enceinte en mauvais état, n'a pas une hauteur uniforme, que le fossé au midi et au nord (3) est en culture et même partiellement
(1) Autrefois place du château, civique et de la mairie. Dans TEtat des chemins et châteaux du Poitou dressé par Androuet du Cerceau en 1611. (Arch. hist. du Poitou XXXI) 11 est dit que cette place est fort bourbeuse et quMl serait urgent de la paver.
(2) Ce curieux document a été découvert par M. Canal, archiviste du département, en faisant pour moi la recherche de Tadjudlcation du château. Nous ne saurions trop le remercier de sa peine, malheureusement infrnctueusse, et de la communication du procès-verbal d'estimation.
(3) Ainsi Tancien port du Grenier était alors, comblé et son emplacement livré à la culture maraîchère.
au levant, le reste étant presque encombré (1) et enfin que le sol de Tesplanade est fort inégal aussi bien dans sa portion cuhitfée que là où on ne voit que des terrains vagues.
Les bâtiments sont occupés, l"* par le commandant , 2*» par le sieur Picard et le corps de garde, 3" par ringénîeur au logement duquel un petit magasin est contigu, 4^ par Fourestier, jardinier qui jouit de la chapelle du Château attenante à sa maison.
b"" Par la compagnie d'invalides casernée dans le Donjon entouré d'une douve assez profonde dont les murs de la contre escarpe sont entièrement ruinés.
G*" Par un magasin où Ton met la poudre situé entre le Donjon et l'enceinte du côté de la rivière.
7** Le Fort Foucault de l'autre côté de la rivière est dans un état de ruine complète.
Locations. Fourestier, jardinier paie 280 It. pour le jardin et le logement qu'il occupe. Picard, pour le bâtiment dont il jouit y compris les écuries attenant au logement de Fourestier et son petit jardin 365 It.
Les fossés en culture que tient le sieur Gerbier, y compris une petite partie des fossés de la ville près de Ribray ensemble 400 It.
Le fort Foucault, langue de terre, et l'ilôt eu dépendant, le tout loué à Vallet, meunier du moulin du château 60 It. (2).
« De plus la tour de TEspingole en Pelet 12 It. (3).
(1) 12 oct. 1756. M. d'Argenson, prévient M. Carrel, lieutenant du roi an château de Niort, qu'il a été permis au maire et écbevins de faire combler sur trois tol«es de largeur le fossé du château et de faire passer près de ce fossé l'aqueduc qui doit être construit pour l'écoulement des eaux de la ville.
Ap. Briquet. Inventaire des archives de la ville de Niort. Titre VIII !'• secUon. Tome IV, p. 63. Il s*aglt du grand é'goût de la Brèche.
(2) On remarquera l'absence de tonte mention de fermage de ce mouttn qui ne fut point estimé par les experts.
(3) Les murailles de Niort ne furent abandonnées â la commune qu'en l'an XIII.
<c Langue de terre le long de la rivière affermée à Brochain 18 It.
« Pour un petit fossé 6 It.
« Rente de iO It. sur une maison à l'entrée du pont de Niort où était ci-devant le corps de garde de la porte.
Donnant en tout un revenu annuel de 1.151 It. (1). .
Superficie totale des terrains compris dans l'intérieur et l'extérieur du dit château ainsi que celle du fort Foucault en dépendant. 10.500 toises carrées, 4 pieds 5 pouces, non compris l'épaisseur des murs de Tenceinte du château ainsi que l'emplacement des tours qui y sont attenantes, se répartissant ainsi :
1*» Jardin du gouverneur 574 toises 5 pieds 10 pouces.
2^ Jardin occupé par Picard 178 toises 1 pied.
3® Jardin de Fourestier 3.147 toises.
4'' Jardin de l'ingénieur 126 toises.
5" Terrain vague inculte, douve du Donjon et espace occupé par les bâtiments 3.857 toises 3 pieds 7 pouces.
6® Fossé au midi et partie de celui du levant en culture 976.
7* Fossé vague au levant 673.
8* Fossé au nord 420 (2).
9^ Fort Foucault et dépendances 558 toises.
Estimations :
i"" Allée qui conduit au logement du gouverneur, bâtiment et jardin et dépendances ensemble, évalué d'un revenu annuel de 650 It.
2^ Bâtiment occupé par Picard, non compris les écuries dont il jouit, logement de l'ingénieur et jardin revenu annuel évalué à 400 It. (3).
(1) D«nt Joaissalt le goaverDear.
d) C'est la superficie probable de Tancien port du Grenier.
(3) Depuis longtemps les ingénieurs employés aux fortifications de la forteresse aTalent abandonné le château pour aller en ville. Il leur était alloué de ce chef des Indemnités de logement fort variables. Elles étaient en 1740 de 150 It., elles s'élevèrent en 1764 à 300 It., plus 100 It. pour indemnité du drpit de Urif, en 1777 à 180 It.
Ap. Briquet. Inventaire des archivas de la ville de Niort Titre VIII 1'* S-. 2324. T. VI p. 69,
8* Le grand jardin dont jouit Fourestier, les bâtiments qu'il occupe, écuries y attenant et la chapeUe, revenu évalué à 500 It.
4^ Les placistes et terrains vagues, tour qu'occupe un invalide, donjon et magasin entre le donjon et Fenceinte du côté de la rivière 1.200 It.
5« Fossé au Nord (sic) 225 It.
&^ Fossé vague au levant 250 It.
7^ Partie de celui du levant en eulture et fossé du midi 125 1t.
8^ Fort Foucault etc. 40 It.
9° Petits objets hors du château ci-dessus détaillés 461t.
Total de l'estimation des revenus du château et de ses dépendances 3.436 It. sur laquelle il convient de déduire pour les impositions du 10* et sol pour livre 343 It. 12 sols.
Reste de revenu annuel la somme de 3.092 It. 8 s. pour des domaines que nous avons considérés être tous de première classe ce qui produit en tond pour l'estimation totale (en capital) du château et de ses dépendances 68.032 It. 16 sols (1).
Dans le n<> 16 des A/fiches patriotiques (2) (10 mai 1791) l'adjudication du château au district est annoncée pour le 14 mai suivant, V A/fiche qui suit (17 mai) nous apprend « qu'elle a été consommée avec toutes les formes prescrites au profit de la commune et est définitive. Elle stipule que la compagnie des Vétérans établie au Donjon,
(1) Voici U cote de ce docameot important. Arch. des D.-8. Biens nationaux. District de Niort. Manicipalité de Niort n* 99 carton 4, dossier 14.
On trouve Gill)ert de Bitry, ingénieur en clief de Nyort 1719. Rocher, ingénieur du roi en chef à Nyort 1739-40. Artus, directeur dés fortifications du Poitou 1750. Gilbert de Bitry (de nouveau) en 1764. De Ghampeaux, capitaine en second, de seconde classe du génie 1777-78. Dajot, directeur général des fortifications de Niort 1779. Paillhou {sic) lieutenant au corps royal du génie 1781-82. De Lherce, capitaine du génie 28 oct. 1782. Labarde de Gdiîtance, ingénieur du roi 1784-5-6-7. La Brunerie, 16 mai 1786, citons encore Pomel, sous-ingénieur des ponts-et-chaussées à Poitiers 1762, qui fit tout au moins une réduction du plus ancien plan de Niort destiné à Dom Fonteneau, aujonrd'Iiui perdu, mais ne semble avoir eu charge du château.
(2) Journal publié par Pierre-Fridolin Piet-Berton Ghamhelle, en 1791.
y restera jusqu'à ce qu'une autre garnison lui soit assignée (i) ».
Une lettre ^am date adressée au Directeur dit que la vente se fit hier et comme elle a été publiée dans l'Affiche du 17 mai, oaen à conclu fort à tort, que l'adjudication est du 16 alors que le correspondant, fort explicite dans ses détails, n'eut pas manqué de notifier ce retard et d'en donner les causes. On remarquera que pour admettre ce quantième du 16 mai, il faudrait que la lettre eut été écrite le jour même que le journal a été imprimé, ce qui est insoutenable.
La vente s'efîectuant à l'époque annoncée {14 mai) tout s'explique aisément. La lettre écrite le lendemain est du 15, adressée sans retard au directeur il la livre au compositeur le 16 et elle paraît dans les Affiches du 17.
Il nous parait même impossible qu'il en soit arrivé autrement. La vente du château, se fit donc bien le 14 mai
L'estimation portée à VAfl^che du 10 mai s'élève à 68.033 It. et l'adjudication se fit pour le même prix, conforme à celui fixé par les experts.
La commune abandonnait l'année suivante le Donjon au département pour y établir les prisons moyennant une part à déterminer dans le prix de vente (2) mais, taute de paiement, les droits de la ville et du département restèrent fort précaires jusqu'à ce que le décret impérial du 7 août 1808 les eut définitivement mis en possession sans bourse délier.
Par une sorte de consentement tacite de l'Etat, la commune transportait cependant, à la fin de 1792, le siège de son administration dans l'ancien logement du gouverneur qui dominait l'ancien port abandonné (Grenier) et dès le mois de juillet de la dite année, le département
(4) Elle évacua le Donjon en messidor an 2.
(2) Ce qui n'a jamais été fait.
faisait exécuter diverses réparations au Donjon servant provisoirement de maison d'arrêt.
L'un et l'autre agissait comme si leur situation eut été définitive. Le 21 frimaire an III, la commune autorise le département à Taire disposer les appartements qui sont à l'entrée du château pour y détenir les prêtres insermentés déjà entassés au Donjon en l'an II où ils n'échappèrent au massacre que grâce à la courageuse intervention des chefs de la municipalité (15 mars 1793) (1).
La guerre de Vendée amène un troisième occupant. Le 15 août 1793, il y a un magasin de poudre et un parc d'artillerie au château. On les y retrouve en pluviôse an IV. La ville ayant voulu, en temps de disette, taire construire un four, le ministre de la guerre (ait arrêter les travaux crainte d'explosion des poudres.
L'évacuation militaire n'a lieu qu'en germinal an V.
A quelque chose malheur est bon, la commune oppose avec succès, le 3 frimaire an III, aux prétentions de la Régie soucieuse des droits de la Répubique, qui réclame un droit de localiony une occupation militaire ininterrompue.
Les allées plantées à l'est de la maison du gouverneur subsistaieqt toujours, c'est par là qu'on accédait à la mairie en venant de la ville.
La situation précaire de la ville et du département devient manifeste en plusieurs occasions. Bien que \e jardin botanique tut spécialement destiné aux élèves de VEcok Centrale (2), le département eut à solliciter l'autorisation du Directoire de la République. On l'obtint en septem-
(1) En 1793, on trouve même des prisonniers sous des tentes dans le jardin du château, (de Lastics Jal. p. 163).
(2) Les Ecoles Centrales furent créées par décrets des 7 nivôse an III et 3 brumaire an IV, celle de Niort fut ouverte le 31 octobre 1796 (an IV). Le décret consulaire du 1" mai 1802 supprima les Ecoles Centrales et les remplaça par les lycées et écoles secondaires. Dès le 7 juin 1802, la ville de Niort prend à sa charge son école secondaire qui est reconnue par décision ministérielle du 26 novembre 1803.
Le décret du 17 mars 1808 transforme 1 école secondaire en collège communal. (Alexandre Bouteiller. L'Oratoire et U collège de Niort, 1865, p. 28).
bre 1798 sur un rapport très motivé de Morand, membre du Corps Législatif (1).
Demetz en traça le plan sur les indications de Jacques Jozeau, professeur d'histoire naturelle et de chimie à l'Ecole Centrale. Bernard d'Agesçy décora d^attributs la porte monumentale élevée sur le mur d'enceinte en un point situé à peu de distance au nord de la rue de la Préfecture actuelle. Une large avenue se délimitait au sud par une ligne tirée de l'ancien portail de TOratoire, devenu le siège de TEcole Centrale, à l'entrée du jardin botaniqiAe, — alias jardin des plantes, à l'instar de Paris — tandis que le côté nord se prolongeait perpendiculairement à la rue Civique. Le plan du jardin botanique de Thénadey père qui figure à Valmanach des Muses de f Ecole Centrale de l'an IX (2) montre cette disposition en éventail à peine dissimulée par des plantations, le fossé est comblé devant la porte du jardin, des allées d'arbres entre la rue civique et le mur du château prouvent que ce nivellement se prolongeait au nord, il semble bien rationnel qu'il soit étendu jusqu'à la limite du terrain vague où nous croyons reconnaître l'emplacement de l'anden cimetière de St-Gaudent, mais le plan de Thénadey père ne va pas jusque là et nous n'avons rien pour y suppléer (3). Toujours est-il que les arbres en bordure de la rue Civique — alors royale — étaient en assez grand nombre pour être réservés en vue d'une transplantation^ lors de la vente des terrains du château en 1817 (4).
(1) Briquet, Htst. de Niort T. 2, 155 et biogr. de R. P. F. Morand 180.
(2) Niort, Dépierris. Un plan de la ville et de ses abords antérieur ^ 1789, conservé à la bibliothèque publique, nous montre toute la portion de Tesplanade où devait être créé le jardin botanique, déjà occupé par la culture maraîchère. On ne saurait autrement s'expliquer sa singulière distribution en petits carrés. Ch. Arnauld, Mon. religieux, miUiairei et civils des 2-5. Château de Niort, dit que le gouverneur disposait à son profit des jardins de Tesplanade comme de ceux des fossés. Voy. plus haut l'expertise du château en 1793.
(3) Cependant les experts trouvent en février 1791 le fossé déjà encombré.
(4) On lit dans Niort, ses rues, ses places^ d'Alfred Monnet, Niort. Cloozot 1869 que les rangées d*abres avaient reçu du public le nom d*Allees Moriceau, notaire dont l'étude était de l'autre côté de la rue.
Leplan de Thénadey père nous montre les dépendances de la mairie contournant le Donjon à l'ouest pour aller confiner au jardin botanique. Ainsi la commune et le département occupaient en Fan IX^ le nord^ Toiiest et le midi de la vieille forteresse.
L'assemblée municipale, dans sa séance du i7 messidor an VII, émettait le projet de bâtir un théâtre et une bourse sur le fossé de la rue Civique et se voyait encore obligée de requérir l'autorisation du pouvoir central mais moins heureuse que le département ne l'avait été Tannée précédente pour le jardin botanique, elle essuyait un refus. On remarquera que la construction des deux édifices eut forcément amené le remblaiement du fossé jugé inutile comme le prouve le comblement, au moins partiel, opéré lors de la création du jardin botanique.
Le décret du 7 août 1808, signé au palais impérial à Niort (Préfecture) donna à cette ville le château et ses dépendances à l'exception de la tour qui servait de maison d'arrêt et d'un emplacement pour le préau des prisonniers (1).
Des rues sont prévues sur Tesplanade conformément à un plan qui devra être soumis à l'approbation de l'Empereur avant le 1^' janvier 1809, les terrains disponibles
(1) Ce préaa est représenté par le terrain situé entre le Donjon et le quai. Une des conséquences du décret fut d'enlever le jardin au département pour le donner à la ville.
II est fort douteux que Jozeau ait continué à professer la botanique à Técole secondaire après la fermeture de TEcole Centrale en 1802.
On le trouve faisant un cours gratuit de botanique et de physiologie végétale appliquées à Tagriculture en 1822. Il fut secrétaire perpétuel de la Société d'agriculture des Deux-Sivres.
Le créateur du Jardin botanique avait été ordonné prêtre par Mestadier, évèque des Deux-Sèvres.
Jacques Jozeau était né à Civray (Vienne), il mourut à Niort dans sa 72* année en sa demeure rue du Trianon, le 18 février 1842. Un neveu Pierre- Jacques-Ferdinand Jozeau, sans profession, domicilié à Niort, signe à l'étatcivil. On trouve un article nécrologique, (Vailleurs fort insignifiant, (de Lary) dans la Revtte de l'Ouest de Robin du 1*' mars 1842 reproduite textuellement dans le Journal d'agriculture des Deux-Sévres de la même année p. 49.
Jacques Jozeau méritait mieux. Il fut le principal collaborateur d« préfet Dupin dans la rédaction de sa célèbre statistique, •
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seront mis en vente et le produit des adjudications employé à la construction d'une gendarmerie et de halles couvertes, toutefois rien ne se fit avant 1817.
L'ordonnance royale du 15 janvier 1817 porte approbation de rues à ouvrir et de constructions à faire sur une partie des terrains du château et donne de nouveau l'autorisation de vendre par lots les dits terrains (1).
La commune n'avait pas attendu jusque là pour percer la rue d'Angoulème devenue aujourd'hui la rue Dugues^ din. Cette nouvelle voie traversant l'esplanade^ débouchait au Sud de la rue de Pelet (aujourd'hui de l'Abreuvoir) tandis qu'elle se coudait au nord pour (ormer IK rue Dauphiné (aujourd'hui, du Château) tendant au quai déjà praticable du côté de la rue Brisson.
Les dépendances de la mairie s'étendaient encore jusqu'au préau réservé par le décret de 1808, elles se scindèrent pour livrer passage à la rue Dauphiné. Il est à noter que la ville resta propriétaire du terrain situé au midi de la rue du Château où l'on bâtit en 1833 la petite boucherie et longtemps avant 1870, le dépôt de pompes à incendie.
La rué d'Angoulème éventrait le jardin botanique réduit à ne plus être qu'une promenade publique, un vaste triangle retranché au levant disparut dans les allotissements livrés aux enchères en 1817.
Enfin de l'autre côté du jardin, sur la rivière, le quai des tribunaux (2) dont le nom rappelle le projet de bâtir le palais de Justice sur la portion du jardin botanique non aliénée où devait s'élever quelques années plus tard la préfecture, fit disparaître avant 1826 le rempart et les
(1) Quoi qa'il ne soit plas qoesUon d'employer le prix des aliénations à la constroction d'une gendarmerie et d*ane halle couverte, la commune déclare que la place de la Reslauratlon est créée en vue de cette halle représentée par deux corps de bâtiments séparés sur le plan de Thenadey fils (1820).
(2) Il aurait porté tout d'abord le nom de quai de PeUt. Le projet de construire le palais de Justice sur l'emplacement du jardin botaqiqne date au moins de 1824. On voulait alors construire la Préfecture k la Charité.
tours en bordure de la Serre, c'est aujourd'hui le quai de la Préfecture.
Lors des ventes du 97 mai 1817, à côté des rues Dauphine, d'Angoulétne et de la rue du jardin botanique prenant la disposition de la rue de la Préfecture actuelle, celles du Donjon et de Saint-Gaudént, la place de la Restauration (aujourd'hui du Donjon) et celle de la Mairie (confondue actuellement avec la place des Halles) plus étroite qui la met en commuuication avec la rue Royale (ancienne rue Civique) sont déjà dénommées et tracées et limitent sur l'esplanade les lots mis en adjudication.
A l'extérieur, le terrain vague en bordure de l'enceinte, alors planté d'arbres, est absorbé, l'allotissement s'étend à Test jusqu'à la rue Royale dans toute sa longueur. Après la rue du Jardin des plantes, il est limité jusqu'en Pelet par les maisons eu bordure de l'ancien fossé.
Nulle part, il n'est question dans les procès-verbaux des anciennes clôtures du château. La destruction du rempart et le comblement du tossé ne sauraient être mis en doute, les acquéreurs» ayant eu à subir un déblaiement fort onéreux pour asseoir les fondations de leurs maisons. (1) Leur construction prit plusieurs années. .
La majeure partie de la douve propre du Dopjoo disparut enfin par suite de la vente du terrain situé au levant, elle subsista au midi jusqu'à la construction de la Préfecture dans Tancîen jardin botanique par l'ingénieur P. T. Segretain (2) (3 septembre 1828, 23 mars 1832) on refit même à cette époque le mur longeant la rue de Pelet et toute trace de tours extérieures disparut.
La construction récente de deux annexes, à la Préfecture, l'une pour le Conseil général et l'autre pour les Archives, mit au jour deux glacières (3), la plus ancienne
(1) Nous avons dit que le fossé était déjà partiellement encombré lors de l'expertise de février 1791.
(2) M. SegréUin était à Niort depuis 1S20, avait été employé par Mesnaf er, ingénienr en chtt, il fut promo arcbitecte 4n département en 1824.
(3) Annexe du Conseil général*
paratt avoir été celle du. château, l'autre figure au plan de Thonadey père. On y retrouve le petit bois du jardin botanique en bordure de la rue. de Pelet, encore à peu près intact à l'heure actuelle, nulle autre trace de ce jardin ne subsiste plus à la Préfecture.
Le Donjon menacé de destruction lors de récrôulement de la tour nord (4) eut l'heureuse chance de se transformer en maison d'arrêt après le départ de Dumouriez, dernier gouverneur de la forteresse (4 avril 1792) et cette destination assez triste ne parait pas avoir été étrangère à son salut. En 1853« les détenus furent évacués sur la prison nouvelle construite dans le jardin du palais de justice, le Donjon abandonnée la commune par le département ne conserva plus que le violon municipal aujourd'hui transféré dans le nouvel Hôtel de Ville. On vit pendant quelques années, les Archives départementales installées du consentement de la ville dans le grand appartement du bâtiment central où l'on crée en ce moment un musée ethnographique. Elles ont été transportées dans l'annexe nouvelle au nord de la Préfecture, le musée reste seul au milieu de cette ruine.
On pourrait mettre en état, sans grands frais, les trois salles du rez-de-chaussée, malgré les détériorations résultant des fouilles inexplicables de l'architecte Murisson (vers 4854). Elles offriraient pour le musée lapidaire,
(4) i4 septembre i749. Le 17 septembre 1749 le lieutenant du roi commandant au château dans une lettre adressée au prince de Conti gouverneur du Poitou, lui apprend qu'on a refait une grande partie de Tune des tours du Donjon par en haut et par en bas, croyant que le centre était bon, l'ouvrage entier était près d'être acbevé lorsque la tour entière s'est écroulée le i4 septembre 17^9 sur les 5 heures et demie du matin ce qui a ébranlé le reste de l'édifice, il est à présumer que les réparations seront considérables ; comme il y a des propositions pour démolir le Dùnjùn, il en donne avis an prince de Conti. ^6 janvier 1150. Lettre de Pintendant. L'ingénieur Artus a reçu l'état des travaux ordonnés pour 1750, l'adjudication des réparations aura lieu pour trois ans. Artus se rendra à Niort aussitôt que le devis aura été dressé, il désire ne pas être logé dans un cabaret, 9 mars 1750. Lettre de l'Intendant. Le maire devra fournir un logement en ville à Artus.
Inventaire Briquet. Titre VIII. i'* s^. Bardonnet Bphémérides. Mém. soc. sut. 3- s'*. T. 1, 293, n- 40.
beaucoup trop à l'étroit à l'ancien hôtel de ville et dont les curieux débris encombrent les escaliers de la bibliothèque publique et des musées de l'Oratoire, un local depuis longtemps désiré, alors que toute autre utilisation, est difficile à prévoir.
Le département eut un instant l'idée assez singulière de reprendre le Donjon pour y installer le Conseil général, la ville en est devenue finalement seule propriétaire sous la condition de démolir les maisons particulières bâties après la vente de 1817, espérons que cet intéressant monument sera bientôt dé^^é.
Remerciements à tous ceux dont j'ai mis à contribution l'érudition et la complaisance, notamment à MM. Eugène Ghotard, bibliothécaire de la ville de Niort^ Alphonse Farault, sous-bibliothécaire, Séverin Ganal^ archiviste des Deux-Sèvres et Alfred Richard, archiviste de la Vienne.
Ifkirt — Imp. GoomIIUd et Cbabron.