‹ Miscellaneous pamphlets on NirotChapitre 21 sur 22 · CORDELIERS · texte numérisé non relu

CORDELIERS

Sommaire : Siège de l'administration départementale. L'ancienne préfecture. Aliénations successives de l'ancien enclos. Boucherie bâtie après la destruction des halles par Macors. La rue de Montigny. La chapelle transformée en temple protestant, l'hôtel de France.

L'administration départementale siégea sans interruption aux Gordeliers depuis 1790 jusqu'à l'inauguration de la nouvelle préfecture (1) bâtie dans l'ancienne enceinte du château, sur remplacement du jardin botanique.

L'élection des premiers administrateurs du départe ment s'était faite dans la chapelle le 7 juin 1790. Désirant acquérir au meilleur marché possible l'ancien monastère, le directoire des Deux-Sèvres exposait, le 29 janvier 1791, sa situation embarrassée au comité ecclésiastique de l'Assemblée nationale, afin d'obtenir qu'il lui fut abandonné au prix de 21.360 I. sans être soumis aux enchères (2). Cette démarche n'eut pas de suite car le 29 décembre 1791, l'enclos des Gordeliers est évalué par les experts Pierre Bote et Pinoteau 20.595 1. pour être livré à une adjudication définitive le 26 juillet i792 devant le directoire du district séant grande rue Saint-Gelais. (3).

(1) Le 25 mars 1832, d'après Alfred Monnet. Niort, ses rues, ses monuments 1869.

(2) Fonds Taury. Bibl. de Niort.

(3) Afftche imprimée de la ?ente in 8* s. d. en 2 morceaux. Louis Avertis (sic) impr. du District, de la municipalité et de la soc. des amis de la Constitution Sous les halles. Fonds Taury.

Le procès-verbal de la vente nationale n'a pu être retrouvé. De Lastic Saint-Jal dit que le départepient acquit le couvent pour 23.000 tr. (1). Bien quïl n'ait guère utilisé — ainsi qu'il le déclare — que les papiers Taury, nous n'avons pu trouver dans ce fonds trace de ce prix de vente.

Le IS mars 1791, la commune ordonnait la démolition d'une chapelle dédiée à Saint-Joseph en attendant celle du clocher décrétée le 4 mai 1794 (2).

Le 10 avril 1791, Chasteau, président de Tadministration départementale, prononça dans l'église des Gordeliers l'éloge de Mirabeau. En l'an 2, on fit de ce monument religieux, comme nous l'avons déjà dit, un magasin pour l'équipement et le campement de l'armée de l'Ouest. Le 3 brumaire an 3, le marché aux grains momentanément aux Cordeliers est de nouveau établi à Notre- Dame que les malades viennent d'évacuer.

L'enclos des Cordeliers, passé au département, subit des démembrements successifs. Dès le 5 thermidor an IV, R. P. F. Morand, (3) secrétaire de l'administration départementale, avait acquis :

1° Un jardin en friche dégradé par les terres enlevées et portées sur les redoutes confrontant du Levant aux anciens fossés de la ville, le rempart entre deux, du couchant au terrain de l'acquéreur et du nord à celui du déparlement (4).

(1) L'église et la RévoluUon p. 153.

(2) Fonds Taury. Henri Clouzot. Cens et rentes 'il n°b.

(3) NaUf de CbâUUon en Bas Poitou, reçut ses lettres de docteur en médecine à Montpellier le 11 aoiitl772. L'enregistrement des dires lettres k Niort, où il vint fixer son domicile, le 2 juin 1774, nous apprend <|u*il se faisait alors appeler Morand de la Roussière.

(4) La coniennce n'est pas donnée. Ce parait être l'ancienne vigne des Cordeliers en face de laquelle, sur la plateforme du rempart, un corps de garde avait été construit de 1593 k 1596, ce corps de garde en remplaçait un autre, situé dans le voisinage, tombant en ruine. H. Proust. Heventis et dépenses. Mém. soc. de stat. 3* s>* VII, 286.

2o Deux petits jardins séparés par une claire voie, Comprenant ensemble la huitième partie d'une boisselée, confrontant du levant au jardin ci-dessus désigné, du couchant aux murs du citoyen Viollasd), du midi à l'acquéreur et du nord au terrain réservé au département (2).

La chapelle fut vendue nationaloment le 22 p.airial an VIII. Le procès-verbal d'adjudication la décrit ainsi (3) :

Bâtiment de la ci-devant église des Cordeliers, tous les matériaux qui en dépendent, la sacristie y attenant, le tout d'une contenance de 420 m. q.

Augustin -Antoine Brisson (4), médecin, demeurant à Niort (5), se porta acquéreur pour 6.030 1. mais il se déclara mandataire du citoyen Jean de Dieu Cruvelier (6), marchand à Niort. Le procès-verbal est signé du préfet Dupin, séant aux Cordeliers et non à son domicile réel dans une maison bâtie sur remplacement du grand jeu de paume, à Fangle des rues Civique et du Mûrier (7).

Cruvelier, par acte notarié du 4 brumaire an IX, fît don d'une portion de Ja ci-devant chapelle à la ville de Niort qui fut autorisée à accepter cette libéralité par décret du 7 février 1809, alors qu'elle avait déjà abandonné aux protestants, par délibération du Conseil municipal du 25 germinal an XII, la portion de l'édifice reli-

(1) Viollas était en 1791 et 1812, directeur du service des diligences. Sa maison, sita^e rue Dupin, aujourd'hui occupée par un vétérinaire, n'a jamais appartenu aux Cordeliers ni au Département.

(2) Arch. des 2-8., Q 74.

(3) U>idein.

(4) NaUf de Fontenay-le -Comte, re<:ut ses lettres de docteur en médecine à Montpellier le 1" mai 1772, et les fit aussi enregistrer au siège do Ntert, ville où il vint s'éUblir, le 21 juillet 1773.

(5) Maire de Niort de Tan VIII à Tan Xi.

(6) Maire 1793-95 (Armoriai Bonneau).

(7) Ce vaste bôtel a été divisé par la suite. La portion .située à l'angle des deux rues appartient aujourd'hui aux représentants du docteur Ganoé, l'autre (aneien café de l'Europe) à M. Alfred Guichard.

gieux à elle transmise. Le culte réformé fut même inauguré dans le vieux bâtiment gothique bâti au xni^ siècle, dès le 14 fructidor an XII.

Ses voûtes, sans doute ruinées au temps des guerres de religion, furent refaites au xvu* siècle, comme le démontreraient suffisamment les tètes d'anges et autres fioritures qui enlaidissent le croisement des nervures, si Ton n^avait en sus Tiuscription suivante, posée au sommet de Tarcature perpendiculaire aux murs latéraux qui limite la première travée :

CLAVDE

BAVDRY

C'est en 1674 que Toscane bâtit le Garmel, on trouve donc à Niort, à la fin du xvu® siècle, deux architectes d'un talent éprouvé.

D'une inscription placée au pinacle de la façade il ne reste plus que le millésime 1607 donnant peut-être la date de la réconciliation ou d'une restauration partielle.

A l'intérieur, les murs sont recouverts d'une boiserie très moderne et les colonnettes engagées qui recevaient la retombée des voûtes, ne sont plus indiquées dans leurs deux tiers inférieurs que par des arrachements.

Au niveau de la première travée, à Feutrée du couloir qui conduit à la loge du concierge, subsiste heureusement une porte ogivale dont les pieds droits sont à leurs bases dissimulés sous le pavé, ce qui permet de reconnaître que le sol de la chapelle a été relevé d'un mètre environ, bien qu'on y pénètre de plein pied à l'heure actuelle (1).

Le temple protestant n'occupa jamais la totalité de l'ancienne chapelle des Cordeliers, le plan de Niort dressé par l'architecte Thénadey fils, montre la portion

(H Ce comblement fui sans doute opéré en 1753 lors de la destruction du bastion des Cordeliers. Il est tout au moins à remarquer qu'il n'est plus parlé d'inondations de la chapelle et du couYent après 1753.

de rédifîce réservée par Grovelier, située au levant, encore debout eu 1820, mais à Tétat de prapriéfé pœrêkuUiirê. Cruvelier en avait fait un magasin qu'on démolit par la suite à une époque que nous n'avons pu déterminer.

Aujourd'hui il ne faut pas être un grand clerc en architecture pour observer que le mur de fond qui dot le temple, tait de mauvais matériaux, alors qu'on trouve partout ailleurs des pierres de choix, est de date récente.

Il ne paraîtra pas douteux que le droit d'être enterrés dans cette chapelle m habits de Cordelier ne fut concédé auxéchevins qu'en retour de leurs bienfaits.

Le sanctuaire au-dessous duquel les La Bochetoucault d'Estissac avaient leur caveau iunëbre, honneur qui semble prouver leur titre de fondateurs, a disparu avec la portion démolie de la chapelle. Ils payaient un légat annuel de 60 I. en raison de cette sépulture.

Un don plus important fut celui d'une maison située dans le jardin, dont les moines firent leur infirmerie (1). Cette infirmerie n'est mentionnée dans aucune des ventes partielles de leur enclos dont les procès-verbaux nous sont parvenus, peut-être occupait-elle le terrain sur lequel THôtel de France a été bâti dont la vente n'a laissé aucune trace.

Cette aliénation paraîtrait bien maladroite s'il n'était démontré que le Département cx)nçut de bonne heure le projet de transporter sur un autre point le siège de son administration. Il s'agit, en effet, d'un vaste emplacement confrontant à la place du Département (aujourd'hui du Temple) et à la rue Barbezières, situé en un mot au beau milieu de Tenclôs des Cordeliers, singuliè-

(1) Mémoires de Tbibault de Bouteville, mém. sœ. de stat., t. 3, p. 206-7.

rement déprécié par cette vente et désormais difficilement utilisable (1).

Ce fut sur ce terrain que Charles-Henri Auchier, décédé chirurgien à Niort, construisit de 1812 à 1821, Vhô' tel de France. Julie Fâvre, sa veuve, mourut à Beauvoirsur-Niort^ un fils Louis Auchier médecin, finit ses Jours en Angleterre, une fille enfin, Marie-Louise Auchier, épouse divorcée de Pierre-Simon Racapé, demeurant à Marennes, recueillit ces diverses successions et vendit le 20 mars 1830, par acte reçu Victor Bonneau, notaire à Niort, V hôtel de France, à Alexandre Goûtant et à Esther Rénier- Alias Reigné — sa femme.

On lit dans Torigine de propriété qu'Auchier avait acheté le terrain sur lequel il bâtit Thôtel, de M. Arnauldet, de Niort, suivant acte passé devant Moriceau père, notaire au dit lieu, il y avait 34 ans environ ce qui remonterait à 1796 ou à une époque voisine, mais cet acte n'a pu être retrouvé ni dans les minutes de Moriceau, ni dans son répertoire quoique le tout fut fort en ordre (2). de sorte que si la date n'est pas erronée, l'acte a été reçu par un autre notaire resté inconnu. Enfin, s'il n'y a point d'erreur quant au vendeur, il devient probable qu'Arnauldet avait acheté lui-même du département et qu'il ne tarda pas à transmettre ce terrain à Auchier.

On a dit que Goûtant reconstruisit l'hôtel de France,

(1) On ne saurait douter que l'emplacement de VHôtel de France ait fait j>artic du couvent des Cordeliers. On voit leur enclos soigneusement teinté én,noir sur le' plus ancien plan de Niort qui parait anté/ieur à 1762, conservé à la bibliothèque de la ville.

Son périmètre est limité au sud par une ligne droite au-delà de laquelle le couvent ne devait avoir que des dépendances de peu d'importance telles que les petits jardins acquis par Morand en l'an IV.

De sorte qu'on peut affirmer que le terrain sur lequel le dit Morand bftUt son hôtel (où l'on établit en ce moment le service de la poste) n'a jamais fait partie de l'enclos des Cordeliers. Il est fort probable qu'il s'est élevé sur un jardin dépendant de l'hôtel de Brémond-Luceraye dont le principal bâUment était situé à l'angle des rues Dupin et des Petits bancs et tout près du rempart à l'Est. On mit des détenus dans cet hôtel en 1793 de même que dans plusieurs autres maisons d'émigrés.

(2) Etude de M* Kmest Breuillac.

— soie plan de Thenadey fils ((820) nous le montre cepen (lanl tel qu'il est aujourd'hui à cette difTérence près que la façade sur la place du Temple, n'est point encore bâtie. C'est donc vraisemblablement à cette unique façade que se réduisent les travaux exécutés par Goûtant (i).

Notre premier Préfet nommé par les consuls le 41 ventôse an VIII, ne pouvant trouver plac^ aux Curdeliers y laissa les bureaux de l'administration départementale et alla se loger, comme nous Favons dit, dans une maison située près de la principale porte de l'Oratoire, pour laquelle le département payait un loyer de 1.000 I.

On ne sait pour quelle raison Dupin ne songea point à réserver pour les Archives la chapelle des Cordeliers où elles eussent été beaucoup moins en danger qu'à la Charité tout en restant à proximité des bureaux (S). Déjà, il est vrai, le département avait commis pareille bévue en les installant au Carmel dont la vente suivit de près celle de la chapelle des Cordeliers (22 prairial et 22 messidor an VIII). Cette dernière aliénation prouve que le projet d'établir le siège de l'administration centrale dans l'ancien couvent des religieuses formé par le département en Tan V était définitivement abandonné.

Le Préfet relégué dans sa maison de la rue civique avait fort à se plaindre de l'éloignemcnt de ses bureaux, aussi songea t-il bientôt à s'en rapprocher. Il parait avoir tout d'abord jeté les yeux sur l'hôtel que Morand venait de faire bâtir ^u sud de l'enclos des Cordeliers auquel il était contigu par ses dépendances (3). L'acquisition traî-'

(1; CoaUnt, ancien maître d*hôtel et ancien maître de postes et sa femme, retirés au Gros Breail, c* ^e Talmont (Vendée) vendirent l'hôtel de France le 30 juillet 1670, par acte passé devant Eschassériaux, notaire à La Rochelle à Jules Honoré Béquet, traiteur au dit lieu et k Nathalie Bignonneau, sa femme, de qui il fut enfin acheté par M. Lécullier. demeurant à Villeneuve-la- Comtesse, propriétaire actuel (1910).

(2) Dupin et le département avant lui, peuvent avoir trouvé la chapelle trop humide pour recevoir les Archives.

(3) Nous avons déjà dit qu'il en était séparé par la maison VioUas du côté de la rue qui prit plus tard le nom du préfet.

nant en longueur, Dupin se résigna à bâtir dans ledit enclos, il choisit pour sa demeure un terrain situé presque en face du théâtre que Demetz venait de bâtir sur remplacement de la chapelle du GarmeK l'érection de la première préfecture fut aussi conKée à Tingénieur en chet du département.

Un premier crédit de 38.512 fr. était voté par le Conseil général, le 15 floréal an XI (1803) bien qu'il soit le seul dont on trouve la trace, on sait que la dépense totale s'éleva à 54.000 fr. mobilier compris (1)

Jacquin dit les travaux fort avancés dans son annuaire de l'an XIII, « la Préfecture sera livrée au plus tard. Tannée prochaine (1806) ». On ne sait au juste quand Dupin put aller occuper sa nouvelle demeure. Ce fut là qu'il reçut Napoléon en août 1808 (3). A cette occasion, un don impérial créa la place de la Comédie, qui dégagea fort à propos les abords de la Préfecture. Demetz avait été promu inspecteur divisionnaire à Âurillac en l'an XIII^ Treton Dumousseau qui lui succéda eut à surveiller les derniers travaux (3).

Rien n'avait été fait pour les bureaux, Dupin en signale le mauvais état au Conseil général dans la session de 1809.

On voit par le plan de Thénadey combien Demetz avait été gêné par Faliénation du terrain de Thôtel de France. La cour de la Préfecture où se trouvent toutes les servitudes, est commune avec les bureaux^ il a fallu la reporter au-delà de l'emplacement si malencontreusement aliéné. La porte cochère s'ouvre sur la place du département, c'est l'ancienne entrée principale des Cordeliers (4).

(1) Briquet. Histoire de Niort Biographie de Dupio.

(2) Ibid. T. 2, p. 200.

(3) TretOQ passa lui-même en Vendée en 1809 ou en 18i0.

(4} 28 janvier Î792. L*att8emblée municipale décide que l'emplacement qii^ conduit au département sera pavé parce qu'il est impossible de l'entretenir autrement.

3 mars 1792. 11 sera fait une chaussée de 16 toises de long et de 12 pieds de large depuis la porte du département jusqu'au pavé de la poissonnerie 23 t. c. de déblais seront enlevés pour aplanir la place du département et unir la rue de la messagerie (aujourd'hui Karbedères), avec l'entrée duilépartement, en pente douce. Le terrain le long de la chapelle, sera nivelé et les

Le préfet ne peut se rendre aux bureaux qu'en traversant une seconde cour au sud de la précédente, située derrière l'hôtel de Franfce. Peut-être avait-on obvié à ce grave inconvénient en construisant entre ces deux cours un bâtiment très étroit, et qui parait être une sorte de galerie, créant une communication à couvert entre les bureaux et l'hôtel du Préfet.

La première préfecture fut vendue par acte administratif le 5 janvier 1829.

On créa tout d'abord 3 lots ainsi composés :

\^ Hôtel du Préfet, 2*» bureaux, 3<* remise au bout et en dehors du jardin ; puis sur enchère sur le prix total des lots, l'ensemble fut adjugé à Jean-Gabriel Brclay, avocat, pour 71.000 fr. La vente ne stipule aucune réserve, cependant l'administration départementale resta en location aux Gordeliers jusqu'à l'inauguration de la nouvelle préfecture en 1832. L'œuvre de Demetz a subi peu de transformations, elle était passée par succession paumelle à feue madame Prévôt dont le fils, M. Gabriel Prévôt Ta vendue à M. Robin-Dubreuil actuellement propriétaire (1910).

Vers 1806, une voie appelée bientôt après rue de Mon

^ig^^y (0 ^^^^^ ouverte pour mettre en commnnication

déblais en provenant, seront régalés • dans l'ancien lit du canal près le bout dé la poissonnerie >. DémoUUon du vieux mur de ville sur 12 toiaes de long depuis le jardin de Cruvelier jusqu'au coin de la poissonnerie pour joindre la place du département avec celle de la Brèche. Avec les pierres de la démolition, on construira un mur à pierres sèches depuis la saillie du jardin Cruvilier jusqu'à la porte de la Brèche. Un escalier do 4 marches sera fait au bout de la place du département du côté de la Brèche. (Cette différence de niveau s'explique par le comblement du marais de la Brèche. Après l'ouverture de la porte de la Brèche et les remblaiements qu'elle amena, le terrain situé au nord des Gordeliers, derrière le remnart, parait avoir été très fortement en contre-bas. Devant la porte delà Brèche, le sol est élevé au moins de deux mètres comme j'ai pu le constater, elle fut percée au point où la vallée était alors la plus profonde correspondant à l'ancien lit du Merdusson). On fera 12 toises de mur en prolongement du mur de la place de la Brèche, du côté de la poissonnerie. 20 arbres seront plantés sur la place du département. L'adjudication de tous ces travaux a lieu le dit jour 3 mars 1792, Canvin était alors ingénieur ordinaire. (Rég. des délibérations) de l'assemblée Tnnnicipate 1792. Archives Hôtel de ville de Niort.

(l) En souvenir de Barré de Montigny, maire de Niort, de 1803 à 180^, aujourd'hui rue dn Temple.

la place qui porta successivement les noms de place des Cordeliers, du département, de la préfecture et du Temple, avec la nouvelle allée basse de la Brèche, limite désormais rectiligne à l'Ouest qui remplaçait les deux allées obliques du plan initial. La rue de Montigny n'avait été percée que fort partiellement sur les terrains dont la loi du f 4 ventôse an XIII autorisait Taliénation (1) et même sur ceux qui furent retranchés de la Brèche à la suite de la transformation subie par son côté occidental.

En conséquence d'une délibération municipale prise dès le 13 juillet 1753, la commune avait acquis des Cordeliers un terrain allongé s'étendant depuis le mur de ville jusqu'à la rue qui descend du couvent des Carmélites (2) au carrefour des Cordeliers (3) tenant du midi à la chapelle et au jardin de ces religieux et du nord à la rue la poissonnerie, moyennant 1,600 I. reçus par les moines.

Les Cordeliers paraissaient n'avoir que des droits assez incertains sur une portion de ce terrain. Ils avaient compris dans leur enclôture un bastion élevé près du rempart à une époque inconnue, la ville venait d'en retirer 340 toises cubes de déblais^ destinés semble-t-il, au comblement des abords de la porte de la Brèche récemment ouverte (4), la commune reprenait possession de l'emplacement du bastion.

La ville se proposait de rendre plus commode l'accès à la promenade sur le rempart, de dégager un quartier très resserré, plein d'auberges, incessamment parcouru

(1) Anciens remparts et fossés delà ville et terrains communaux adjacents.

(2) Aujourd'hui rue Barbezières.

(3) Place du Temple.

(4) Le pont-levisde la porte martiale (Brèche) ne fut supprimé et le fossé comblé qu'à la suite d'une délibération du Conseil général de la commune du 14 fructidor an IV. Les déblais provenant du bastion ont pu servir encore à relever le sol de la chapelle des Cordeliers mais ils n'ont pas dû y être entièrement employés.

Henri Proust croyait qu'ils servirent au comblement du cul de poêle formé par l'angle rentrant des remparts entre les Cordeliers et la Poissonncrïe. H, P. Recettes et dépenses. T. 2, 374. Mém. Soc. de SUt. 3- 8*% VIL

a par les messageries, carrosses etaulres voilures publiques », de créer une place qu'elle se promettait déplanter bientôt, etc. (1).

Il est fort naturel qu'on ait songé à cet emplacement central pour y mettre les bouchers sans asile après la démolition des halles par le général Macors en 1793.

Lj'erreur où on est tombé relativement à l'origine de cette boucherie s'explique aisément. Au commencement .du xvH* siècle, le transfert de la poissonnerie hors des . halles où elle incommodait par son odeur, avait été décidé. Un local disposé de façon à ce que Pégoùt put s'écouler dans les fossés de la ville était demandé. Un hangar appartenant à Nathan Raguenau et à Jacquetle Gille, sa femme, situé entre la rue du Minage et les Cordeliers, au pied du rempart qui barrait la Vallée au-dessous du marais de la Brèche, paraissant offrir toute.^ les conditions requises (2), acquisition en fut faite le 9 novembre 1609. Les travaux d'installations terminé*, la poissonnerie put enfin s'établir dans ce bâtiment le30avriH610(3).

Après l'abandon du premier hôtel de ville placé sur le petit placiste formé par la réunion des rues Saint-François, Babinot, et du Minage, la petite boucherie occupa m partie cette vieille maison où le bureau d'entrée de la porte de la Brèche vint la remplacer en 1750 (4). Les bouchers délogés étaient peu nombreux, on trouva pour eux assez d'étaux disponibles dans le vaste hangar de la poissonnerie.

(1) On sait que Fiel Berton M* particulier des Eaux et Forêts voulut bAtir sur ce terrain et mit en avant de iiautes influences sans pouvoir obtenir l'autorisation municipale.

(2) Le déversement des égoùts de la poissonnerie et de la petite boucherie dans Peau stagnante du marais de la Brèche ofiTrait cependant des inconvénients faciles à prévoir, aussi voyons nous bientôt la commune tenter d'établir abattoir, boucherie et poissonnerie sur l'emplacement du grenier, ancien port abandonné contigu au château au nord,

Le gouverneur Bruchard de la Pomélie ne voulut pas subir ce fâcheux voisinage, et le projet ne fut^ réalisé qu'en l'an XL

(3) Bardonnet Ephémérides.

(4) Henri Proust. Dépenses de THAtel de Ville, mém. soc, de stat. 3* série V 329.

La question des bouchers devint autrement sérieuse après ia destruction des balles. Le Conseil général de la commune dans sa séance du 25 juillet 1793, charge les citoyens Duquin jeune, Ducrocq et Coudert Prévifitncatid de cbercber un nouvel emplacement. Ils jetèrent tout d'abord les yeux sur le vieil Hôtel de Ville partiellement occupé par le bureau d'entrée. Le reste avait été vendu, un des propriétaires se montra récalcitrant, il fallut y renoncer (séance du 30 juillet 1793).

Dans la séance du 26 août 1793 deux autres projets sont présentés, on songe encore au grenier^ sur lequel le monument Brisson s'élèvera enfin en Tan XI, cette fois des Irais considérables et la longueur des travaux décident le choix du fossé du château du côté de Pelet. Le manque d'argent arrête tout, on rappelle le 22 floréal an 2 que les tombes des anciens cimetières doivent entrer dans la construction de la boucherie d'où résultera une diminution de la dépense.

La situation du marché au blé n'est pas moins précaire, on décide le 28 brumaire an IV qu'on le transportera à la poissonnerie dont le bâtiment sera allongé, une souscription est ouverte, le 12 pluviôse on rend targent et la décision "n'a pas de suite. Le 21 brumaire an V on arrête enfin que les bouchers occuperont la poissonnerie (et il en est ainsi fait) et que les poissonniers s'installeront en plein air. Le marché aux blés était à Notre-Dame depuis le 10 germinal an IV.

Cette situation intolérable amena enfin la construction d'une nouvelle boucherie dans le terrain vendu par les Cordcliérs à la commune en 1753. Les bois, tuiles et (ers provenant de la démolition, furent vendus par la ville, le 16 février 1807. Les aliénations municipales faites le 12 novembre 1806 en vertu de la loi du 14 ventôse an XIII autorisant la vente des ancien^ fossés de la ville et terrains communaux adjacents dans les formes requises

pour les biens nationaux, permettent d'en déterminer la situation.

Trois lots avaient été formés entre la rue de Montigny encore non dénommée et l'enclos des Cordeliers. La contenance partielle n'est point indiquée» la superficie totale s'élevait à 377 toises carrées (1).

Le lot acquis par Treton Dumousseau ingénieur en chef du département après Demetz, confrontait du levant à un de ceux qui passèrent à Gruvelier, du couchant à la place du département, du nord à la rue qui conduit de la place de la Brèche à la Préfecture et du midi au temple protestant.

Sur la plainte des protestaoti, cette adjudication fut annulée par application de la loi qui interdisait la vente des terrains situés autour des édifices consacrés au culte et la vente n'a pu en être faite que peu d'années avant

L'un des lots achetés par Gruvelier était borné au nord par la rue nouvelle (2) du midi et du levant au jardin et magasin (3) de l'acquéreur et du couchant au lot de Treton Dumousseau.

L'autre lot passé à Gruvelier confrontait au levant à la rue qui longe l'allée basse de la Brèche, du couchant. en y comprenant le mur de mlk, au jardin (4) et carbinet de l'acquéreur, du nord à la rue nouvelle et du midi à un emplacement de terrain eu avant du jardin de la Préfecture.

(1) Etat indicaUr de la superficie et nature des terrains vains et vagues dont la ville de Niort a la propriété. Arcfa. de l'Hôtel de Ville. Doc. non classés s. d. vers Tan XIII.

(2) Le nom de la rue Montif,'ny apparaît pour la T* fois dans le plan de Thenadey flls 1820.

(3) Ce magasin avons-nous dit p. 18, parait avoir été établi dans la portion de la chapelle réservée par Gruvelier, k l'occasion du don qu'il fit à la ville le 4 brumaire an IX. Il est facile de reconnaître à l'heure actuelle que le Temple a beaucoup moins de longueur que l'ancienne chapelle.

(4) On se souviendra de ce que Gruvelier possédait déjà ce jardin en 1792.

Il est dit dans les procès-verbaux que les deux lots acquis par Cru velier se trouvaient sur remplacement de Vancietme botAcherie (1).

Elle se trouvait en bordure de la rue du Temple actuelle du côté du midi.

Il ne saurait donc s'agir d'une boucherie datant au moins du xvn® s. comme l'avait pensé Bardonnet (2).

Située dans un quartier où Ton avait vu des boucders depuis un temps immémorial (3^, il est facile à comprendre qu'on l'ait confondue avec les boucheries plus anciennes et que le souvenir s'en soit perdu.

En l'an xi, bouchers et poissonniers allèrent occuper les étaux à eux réservés dans le monument Brisson. La nouvelle boucherie n'eut donc qu'une très courte existence.

Après la démolition de la boucherie, un plan de Demetz du 20 thermidor an XII, sur lequel nous reviendrons bientôt, figure des allées plantées sur son emplacement, comme les bouchers ne la quittèrent qu'en l'an XI, elles ne pouvaient être que de date très récente, peut-être même ne s'agit-il que d'un projet, il n'en est fait aucune mention dans la vente de l'emplacement qu'elle avait occupé le 12 novembre 1806.

Les Cordeliers de Niort relevaient de la province de Touraine, et là comme ailleurs, cet ordre a laissé peu d'archives, celles du monastère de Niort peuvent avoir souffert lors de la première occupation de cette ville par les huguenots qui le saccagèrent et massacrèrent deux moines. C'était le seul couvent de Niort dont l'origine

(1) Il était de tradition (voy. soc. de stat. procès-verbal ms. du 6 avril 1841) qu'il y avait un abattoir à cette boucherie. On devine quel foyer d'infection elle dut créer fante d'écoulement. Les dernières traces de cet abattoir paraissent n'avoir disparu que vers 1841, année ou des sculptures trouvées dans le mur d'un abattoir que nous ne saurions autrement situer, furent données à la société de statistique. Ces sculptures provenaient peut-être de tombes des cimetières réservés pour la boucherie à construire^ Voy. plus haut.

(2) Ephémérides 1867, n'î?, 28 juin 1617.

(3) Rue des petits bancs, sar l'emplacement dn premier bdtel de ville, à la poissonnerie, à ht nouvelle boucherie.

fut aocieune (1). On ne sait à qui il faut en attril^uer la fondation.

Un chapitre général de Tordre de St-François d'Assise a été tenu dans la chapelle de Niort en 1461 (2).

Jean Arnauld, franciscain de la province de Touraine et du couvent de Niort, fut confesseur de Jean de Berry, comte de Poitou, à la fin de sa vie. (Vers 1410) Jeaa de Berry mourut en 1416. (3)

Le couvent des Gordeliers eut à subir plusieurs inondations. Le Journal d'Emmanuel Augier de la Terraudièrc nous apprend qu'il y eut en 1711 trois pieds d'eau dans les cloîtres. En 1748, l'église et le couvent furent de nouvetiu envahis (4). Le grand égoût ouvert vers 1758 rue du Minage, fut loin d'assécher suffisamment le monastère ; lorsque le comblement de la Brèche fut opéré de façon à peu près définitive, tout le terrain situé au nord des Gordeliers se trouva fort au-dessous de la place. Nous avons vu qu'en 1792 un escalier de 4 marches fut établi pour obvier à cette différence de niveau. Dans de telles conditions, on devine ce qu'il advenait des eaux de la poissonnerie dirigées tout d'abord vers le marais de la Brèche où elles se déversaient encore en 1718. Avaientelles utilisé le canal dit des Cordeliers pour lequel 13 journées do travail turent payées le 30 décembre 1791 au nommé Bobeau, journalier (5). Serait-ce ce canal qui tut comblé l'année suivante avec des terres prises au nord de la chapelle (6). Toujours est-il qu'il fallut à la même

(t) SI Ton excepte les prieurés.

M. Henri Clouzot, Cens et rentes dus au Comte de Poitou au xiu* siècle, p. 28, semble disposé k croire que les Gordeliers Turent hitrodaUs à Niort par Alplionse, comte de Poitou, frère de 8t-Louis.

(?) Notes du curé Taury.

(3) Sioiéon Luce. Jeanne d'Arc et les ordres mendiants. Revue des Deux- Mondes 1881.

Livraisons de mai et de juin.

(4) De Ste-Hermine. Tableau des rues de Niort in-4*. Morisset 1826.

(5) Compte rendu du trésorier de la commune de Niort (29 novembre 1791- 30 novembre 1792).

Nous pensons qnll s'agit d'un corement.

(6) Voir plus baut.

époque paver les abords de l'entrée du départemeot dont Télat était déplorable (1).

L'escalier créé en 1792 fît pour la première fois communiquer la place du département avec celle de la Brèche. C'est l'origine de la rue de Montigny (Temple) ouverte sur les terrains retranchés de la Brèche aliénés en 1807. Un comblement a fait disparaître l'escalier de 1792 (2).

Cfr. Album A. Bouneault. Série X 937, 938, 943, 944.

Le n*» 937 reproduit l'épitaphe de Jean Liger, gardien des Cordeliersf le 12 sept. 1625, découverte par l'artiste dans la chapelle.

Le n*» 938, celle de Philippe Bastard f à l'âge d'un an environ, le 23 avril 1635, fils d'autre Philippe Bastard. Sa tombe a été trouvée en creusant des fondadations d'une maison, placée à l'angle de la place et de la rue du Temple et confirme la tradition qui situe un cimetière entre la chapelle des cordeliers et la poissonnerie, encore pratiqué, comme on le voit en 1635.

Le n° 943 figure les armes des Franciscains à l'intrados de là porte qui faisaient communiquer la chapelle avec le couvent.

Le n°944, le cartouche portant le nom de Claude Baudry qui reconstruisit les voûtes de la chapelle en 1680.

(\) Ibidem.

Qa'éUit-ce ce canal des Cordeliers, où se déversalt-il, tombalt-il dans le grand égoût de la rue du Minage comme on noas Ta assuré, ou allait-il rejoindre le Merdusson en passant sous Tauberge des trois pigeons ? On trouvait en bordure des halles, au midi, un égoût coufert, à un niveau supérieur au Merdusson recevant les eaux pluviales. Il en existe encore un semblable en bordure de la Brèche au nord de l'escalier (Maison Meunier, notaire).

(2) Les documents relatifs aux Cordeliers sont trop rares pour ne pas rappeler ce qui est dit de ce couvent. Dans l'Etat des Chemins et Châteaux du Poitou dressé par René Andronet du Cerceau en 1611. Archives historiques du PoiUm, XXXI p. 371.

-so-

in Transfermatian de la plaoe da la Brècha saus rEmpira

Sommaire, 1749. Une brèche de la muraille se transforme en porte charretière.

Depuis le 15 avril 1750, la foire aux bestiaux se tient sur remplacement de la future place.

1750-1755. Ouverture des routes de Paris(l)et de la Rochelle.

1758. Un grand égout collecteur, parallèle à l'ancien cours du Merdusson, va déverser dans la Sèvre Teau stagnante du nouveau champ de foire.

1769-1771. Le sous-ingénieur Mathieu dresse le plan delà place et de ses promenades et le fait exécuter. Projet de porte monumentale à l'entrée de la Brèche. La pyramide du comte d*Arlois.

A la Révolution, la Brèche devient la place Martiale. Fêtes publiques, exécutions et autodafé.

1793. Le général Macors détruit les halles et fait abattre les arbres des promenades Saint-Gelais et de la Brèche pour en faire des palissades.

An IV. Suppression du pont-levis de la porte Martiale et comblement du fossé.

An. V. Les arbres replantés, le sculpteur Drouard présente un plan de décoration qui n est pas exécuté.

An Xn. Demetz fait adopter un plan pour le redressement du côté occidental de la place Martiale qui reprend son premier nom sous l'Empire

1806-1807. Le triangle retranché de la Brèche vendu avec le fossé et la muraille, rue Bonaparte et collecteur prolongés, ouverture de la rue de Montigny.

(1) Antérieurement, du côté de Saint-Maixent, on arrivait à la porte Saint- Oeiais par te chemin hauU d'après la tradition, le futur Henri IV serait même venu à Niort par le chemin des Sablières qui débouché au-dessus du Pontreau.

Le 28 décembre 1769, Pierre Mathieu, sous-iogénieur des ponts et chaussées, originaire de Virecourt au Diocèse de Toul, marié à Niort en 1767, fut chargé de dresser un projet de champ de foire et de promenade publique.

En 1771, les travaux étaient achevés et les plantations faites conformément au devis.

La nouvelle place prit le nom de la porte de la Brèche ouverte dans le rempart dès 1749 (1)'. Il y eut même un projet de porte monumentale ne manquant pas (Tallure retrouvé par M. Henri Glouzot au ministère de la guerre (2). En 1793^ le général Macors fit abattre les halles et les arbres des promenades St-Gelais et de la Brèche. On fit de nouvelles plantations en l'an V et la Brèche reprit à peu près son ancien aspect qu'elle conserva jusqu'en

La Brèche, créée par Mathieu^ est figurée dans une sorte de cadastre de la ville de Niort et de ses environs aux archives de la mairie, actuellement déposé à la bibliothèque publique, coté par nous B dans notre étude sur les cimetières de Niort (1896) auquel nous empruntions alors le plan de la promenade St-Gelais.

C'est encore ce cadastre qui a fourni le seul plan de la Brèche antérieur à 1793 de nous connu, reproduit au commencement de cette brochure.

On ne peut déterminer qu'approximativement la date dudit cadastre.

Les travaux de la place St-Gelais commencés en 1773, encore en pleine activité au commencement de 1775 (3), ne purent donc être achevés au plus tôt qu'au cours de la dite année. On peut même considérer combien il est peu probable que le cadastre ait été aussitôt dressé, il daterait

(1) H. Proust. Refeous et dépenses de l'hôtel de ville de Niert. Mém. soc. de stat. 2*, s"* VII, 294. Cette porte se trouvait au point de convergence des rues Saint-François, de la Poissonnerie et du Minage, entre le Raisin de Bourgogne ei la maison Alix.

(2) Lettre du 17 décembre 1908.

(3) Affiche du Poitou du 5 janvier 1775, p. 3, à l'article knliquités.

donc tout au plus de 1776. Nous ne le croyons pas, en . somme, antérieur à 1778.

Les limites de la place déjà rectilignes au nord, au levant et au midi, n'ont guère variéj au couchant, du côté de la ville, elle formait un angle très ouvert. Deux allées plantées, partant de la porte de la Brèche, allaient en divergeant rejoindre celles du nord et du midi.

L'espace compris entre les branches de l'éventail, insuffisamment desséché par le grand égoùt parallèle au Merdusson ouvert après l'inondation de 1748(1) ou plutôt de 1747, était encore souvent envahi par l'eau de Bouillounousc dans la mauvaise saison, inconvénient particulièrement grave pour les habitants du quartier de la route de Paris, encore sans fournisseurs, ainsi parfois isolés de la ville.

On avait en vain creusé des fossés, le traité passé avec Drouard pour la décoration de la Brèche eu l'an V (2), témoigne du désir de supprimer tout au moins la gargouille de la rue Babinot (3), même dès 1753, l'acquisition de parcelles de terrains détachées du clos des Cordeliers semble faite pour donner, en temps d'inondation, passage à l'eau mal contenue par le rempart (4).

(1) Le journal d'Emmanuel Aubier de la Terraudière parle déjà d'un fossé ouvert depuis la porte de la Brèche jusqu'au bout de la balle du côté du château après l'inondatloD de 1711. Serait-ce l'origine du fossé à ciel ouvert qui subsistait encore à la RévoluUon au nord des Halles entre les rues du Minage et du Pilori ? Renseignement fourni à M. Marot, plus qu'octogénaire en 1910, par son père.

Il est plus probable que ce fossé datait de la construction des Halles sous Alphonse c^* de Poitou.

(2) Bull. soc. de stat. Janfier-Mars 1890, 478-79. Ce traité n'eut pas de suite.

(3) La gargouille de la rue Babinot continua de se déverser dans le bas de la Brèche jusqu'à la construction de l'escalier par Bernard d'Agescyen 1816 ou 1817.

La Commune avait cependant fait faire, dans la rue Babinot, un. égoùt de 3 pieds de large sur 4 de haut mis en adjudication le 3 mars 1792. (Rcg. des délibérations de TAsscmblée municipale) nous ne savons où cet égoùt aboutissait.

(4) Cfr. sur les origines de la Brèche. Van der Cruyssen. La place de la Brèche et la pyramide du comte d'Artois. L. Clouzot 1895.

Henri Proust. Emplacement du premier hôtel de ville, rue St-François. Bull. soc. de stat., VII, 193 avec plan.

L'ancienne muraille avait été même démolie en 1792 sur uoe longueur de 16 toises et remplacée par un mur à pierres sèches reporté plus à l'Est. Lorsque la destruction des halles en 1793, provoqua la construction d'une boucherie sur le terrain anciennement acheté des moines, Teau déversée par la boucherie dut en se réunissant à celle de la -Poissonnerie produire un eloaque infect sans écoulement. La construction du monument Brisson permit enfin de se débarrasser de la boucherie et de la poissonnerie devenues inutiles. L'éventualité de ces deux aliénations réveilla Tidée déjà ancienne de transfermer tout ce quartier de la ville et d'en finir avec le marécage de la Brèche.

Il existait aux archives de l'hôtel de ville un « plan du pourtour de la ville de Niort à partir de la tour de l'Espingole jusqu'à la terrasse St-Gelais avec l'indication en rouge tant des grandes routes faites ou à faire» rues et places publiques que des portions de terrains appartenant à la commune et divisées en lots pour être vendues au plus offrant.

« N. B. Les dits lots sont par ordre de numéros avec la désignation des surfaces qu'ils contiennent en mètres et en toises. »

Signé par l'ingénieur en chef du département « l'infatigable Demetz » le 20 thermidor an XH.

Ce projet approuvé par le Conseil municipal pour être exécuté selon sa forme et teneur, fut transmis pour autolisation au Préfet par le maire Barré de Montigny, le 16 fructidor suivant.

Dans le plan de l'an XII figure le redressement du côté occidental de la Brèche, devenu rectiligne comme les trois autres (1)^ mais Tallotissement du triangle retranché de la place n'y est point indiqué et on ne voit aucun tracé de la rue de Montigny, à en juger tout au moins par la copie que feu M. Gustave Laurence avait fait faire de ce plan aujourd'hui égaré.

(1) Il prit le nom d'allée basse de la Brèche.

La loi da 14;venlôse an JT/// autorisa l'aliénation des anciens iossés de la ville et terrains communaux adjacents dans les lormes prescrites pour les domaines nationaux. Les adjudicataires étaient tenus de clore ou mettre en construction les terrains acquis dans Tannée à dater du jour de la vente, de déblayer et remblayer les rues et places publiques déviant les lots achetés et aux pavages des rues à eux coutiguës. Ces ventes se firent dans la salle d'audience de. la mairie. Elles commencèrent en i806^ l'administration jes mena avec une sage lenteur, les dernières sont de 1816 (1).

Le 14 fructidor an IV, la commune avait pris un arrêté ordonnant la suppression du pont-levis de la porte Martiale et le comblement du fossé. On ne sait ce qui en fut fait. Le prolongement à travers le triangle retranché de lu Brèche de Fégoùt ouvert dans la rue du Minage après rinondation de 1748, fut la conséquence des ventes de ia06 et 1807.

L'aliénation, remparts compris, de l'espace compris entre la rue Babinot et la nouvelle allée basse de la Brèche, au nord de Ventrée de la rue Bonaparte (2), date de 1806. Ce fut alors que Noël Charrier et Elisabeth Château, sa femme, acquirent le terrain situé à l'angle de la nouvelle rue où ils bâtirent la maison que leur arrière petite-fille vendit vers 1908, sur remplacement de laquelle le Grand Café vient d'être construit (3).

L'ilot compris entre la nouvelle allée basse de la Brèche, au levant^ la rue de la Poissonnerie, au couchant,

(1) La vente des lerrains du Château ii*eut même lieu qu'en t817, mais elle se fit en vertu du décret du 7 août 1808 et de l'ordonnance royale du 15 janvier 1817, la loi du 14 ventôse an XIII y fut étrangère.

(2) La rue du Minage devint la rue du Peuple à la Uéfolution, elle prit ensuite le nom de rue Bonaparte, tlous avons vu parfois son prolongement à travers les terrains retranchés de la Brèche appelé rue Impériale. Ce n'est jamais que Ventrée de la rue Donapar le ûbusXcs procès-verbaux de vente.

(3) Nous avons dit ailleurs que la ville vendit encore en 1806 le terrain situé entre la future rue de Montigny et l'ancien enclos des Cordeliers, sur lequel ft'ét2\it élevée, après la destrncUon des halles, une nouvelle boucherie alors défflofie.

rentréedeldi rue Bonaparte au uord et la rue de Montigoy, encore non dénommée^ au midi, ne fut vendu que le 20 avril 1807.

Plusieurs procès-verbaux existent encore (i) mais la vente de Tancienne poissonnerie n'a pu être retrouvée, on sait seulement qu'elle avait 67 toises de superficie.

Les acquéreurs des terrains en bordure de Ventrée de la rue Bonaparte, furent de l'Est à l'Ouest,

1^ Louis Froget, maître de la poste aux chevaux dont le lot passa à feu M. Emmanuel Frappier par qui fut bâti l'hôtel où la Sœiété générale a ouvert ses bureaux en 1909 (3).

^ Treton Dumousseau, ingénieur en chef du département après Demetz.

3^ et ¥ Espinet receveur de l'enregistrement à Fontenay représenté par sa femme, née Deshayes.

L'adjudication du 2^ lot se fit pour 1.050 fr. Marin avait poussé les enchères jusqu'à 1.025 fr. L'acte de vente que lui consentit plus tard Treton Dumousseau n'a pu être retrouvé, il est probable qu'il coïncide avec la nomination de l'ingénieur en chef dans la Vendée vers 1809. Enfin Marin a du acheter vers la même époque les lots 3 et 4 dont Espinet s'était porté adjudicataire. C'est sur ces trois lots qu'il bâtit l'hôtel du Raisin de Bourgogne dont le bâtiment principal élevé sur le lot provenant de Treton, s'ouvrait sur la rue Bonaparte prolongée (3).

(1) Archives de l'Hôtel de Ville. Cartons des actes soumis ^ l'enregistrement.

(2) Ignace Bouin, maitre de poste, fut destitué en 1782 et ent pour successeur Forget (du Maine) il (labitalt rue Pinaudière^

La ville devint propriétaire de sa maison» d'une écurie et d'un jardin d'une contenance totale de 407 toises carrées» en lui remboursant 7.099 1. 14 s. pour prix de constructions par lui faites.

Etat indicatif de la superficie et nature des terrains .Vains et vagues dont la ville est propriétaire. Arcb. de l'Hôtel de ville. Doc. s. d, (vers Tan XII). Cfr. Henri Proust. Revenus et dépenses de l'Hôtel de Ville» Saint-Maixent i892 p. 292.

(3) Puisque nous en sommes aux modifications subies par la rue Bonaparte en 1807, peut-être y a-t-il lieu de rappeler que les travaux relatifs à la suppression de l'escalier au bout de la rue du Pilori et à la réfection du pavé et des trottoirs latéraux appartenant à la grande voirie» furent mis en adjudication le 15 juin 1807.

Le 27 avril 1811, Marin, hôte du Raisin de Bourgogne, faisait inisérer dans le Journal des Deux-Sètres (1) une réclame dads laquelle il déclare que son hôtel est neuf et meublé à neuf, qu'il est situé à rentrée de la rue Bonaparte^ près du champ de foire et qu'il a.été bâti en prévision de sa destination. Le Raisin de Bourgogne a donc été livré au public au commencement de 1811.

Cet hôtel fut vendu vers 1863 en plusieurs lots, l'enseigne a été transportée à Tancienne filature Mathé en face du porche par lequel la rue de THerberie s'ouvre sur la rue Victor Hugo. Le magasin du Printemps, rue Ricard, occupe le principal bâtiment de Tancien Raisin de Bourgogne.

Espinet avait acheté la plupart des autres lots mis en vente le 20 avril 1807. Il semblerait qu'il ait songé, dans un but de spéculation, à mettre la main sur tout l'ilôt si bien circonscrit par des voies commodes. Le morcellement parait exagéré du côté de la rue de Montigny, les lots y furent encore rebrassés par des ventes ultérieures au point qu'il est bien difficile de les retrouver aujourd'hui.

Les consorts Martin Monteuil achetèrent d'Espinet le terrain situé sur la Brèche à l'angle de la rue Montigny où ils bâtirent leur hôtel dont Mme Servant est aujourd'hui propriétaire.

Les dernières adjudications des terrains en bordure de la Brèche n'eurent lieu que le 28 août 1816. Ces parcelles étaient situées entre la route de Niort à la Rochelle et la remise du l^rétet. A la dite date eurent lieu les dernières ventes autorisées par la loi du 14ventôse auXIII(2).

Pour bien connaître les modifications apportées à la topographie de la ville, il est non moins indispensable

(2) La vente des terrains situés autour de la place Saint-Gclais (de Strasbourg aujourd'hui) est aussi du 28 août 1816. Dans cette vente figure Vemplacement sur lequel ont été bâUes les maisons situées entre les rues Chabot et Pluvlaut, retranché de l'ancienne promenade Saint^Gelais.

de relever les procès-verbaux des ventes purement nationales. C'est grâce à l'un d'eux que nous avons pu retrouver remplacement de Tune des redoutes élevées* par le général Macors en 1793 après la déroute deCbâtillon (1).

Canton de Niort, commune de Niort, ventes du 16 prairial an IV procès-verbal n^ 2 (2).

Un jardin situé sur les murs de la ville de Niort, place Saint'Gelais, conlrontant du couchant au magasin des fourrages, du levant au terrain du Corps de garde, du midi au jardin de l'acquéreur, du nord aux murs delà ville, avec droit de passage dans la vanelle du corps de garde rue et porte Egalité (3;.

Sous les conditions de la part de l'acquéreur^ de ne pouvoir faire construire dans ledit jardin aucun édifice, de laisser exister les madriers sur lesquels étaient placés les canons jusqu'au jour où le commandant de place jugera leur conservation inutile, et de ne pouvoir exiger aucune indemnité lorsque la sûreté de la place exigera soit qu'on y place les canons, soit qu'on y établisse tout autre moyen de défense. Ces biens déclarés nationaux par les lois des 8 avril, 9 février, 2 septembre 1792 et 28 mars 1793. Les dits biens évalués conformément à l'article 5 de la loi du 28 ventôse an III par procès- verbal du 15 de ce mois des citoyens Dumesnil, architecte expert nommé par Vacquéteur par sa soumission du 21 floréal dernier et François-Pierre Taillefert expert nommé par délibération du conseil du département du 8 de ce mois, en revenu à la somme de 20 fr. et en capital à celle de 440 fr.

La vente est faite moyennant la dite somme de 440 fr. à Antoine Carra marchand demeurant à Niort rue iricolori^y

(1) Briqaet. Hist. de Niort. T. 2, 109.

(2) Archives des Deux-Sèvres. Biens nationaux Q 74.

(3) Rue Saint-Qelais.

(4) Carra se porta adjudicataire, le 28 août 1816, des portions de r.incien mur et du fossé limitrophes de son acquisition du 16 prairial an IV .et son terrain devint ainsi contigu à l'ancienne promenade Saint-Gclais.

Ces ventes nationales nous offrent des renseignements d'un grand intérêt qui ne sauraient trouver place dans un article consacré à la place de la Brèche.

Signalons cependant la présence de la boucherie militaire dans l'ancienne chapelle dès Capucins» route de Fontenay, en l'an IV (1).

33 prairial an IV. Vente de la chapelle des Capucins confrontant du midi à la rue Bauvais (2) et des autres parts aux bâtiments et jardins du citoyen Leboucq acquéreur de la ci-devant maison des Capucins. Cette vente comprend une portion de la cour qui est devant la dite chapelle, d'après la réduction et suivant le plan d'alignement dressé par l'ingénieur en chef. Acquéreur François Viard employé dans les bureaux du département. Il devra laisser jouir tant que les besoins de l'armée l'exigeront, le préposé aux subsistances militaires, section de la viande, de la dite église, servant actuellement de boucherie, le dit préposé payant le loyer d'après estimation d'expert suivant procès-verbal du 22 prairial an IV. Réserve de l'horloge, de la cloche et autres objets mobiliers appartenant à la Nation (3).

(1) Archive» des Deax-8èvres Q 74.

(2) Route de Fonienay. Une portion de cette route dans laquelle la rue de > Beanvais ^mble avoir été comprise avait porté le nom de rue du ClUne Vert

et la porte voisine des Capucins, était aussi dite du Chêne Vert

(3) L'horloge fut transportée k Thôpltal où elle est encore.

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