V. Titlemont
Hist. des Em- ‘
. tom. iv. P.
462 DES POIDS, DES MONNOIES, ET DES MESURES DES ANCIENS, &c.
exempt, mais cette même qualité l’assujettissoit à quelques impositions
dont le provincial étoit déchargé, .et surtout aux deux vingtièmes, l’un sur les héritages et l’autre sur l'affranchissement des esclaves. Les : douanes étoient communes, à Rome et aux provinces. 2. Caracalla
étendit la bourgeoisie Romaine dans le dessein d’augmenter ses re-
venus ; mais par une injustice digne de ce tyran et de ses successeurs, la capitation passa en Italie, les deux vingtièmes dans les provinces, et
chaque sujet soutenoit le fardeau redoublé de provincial et de Romain. 8. La capitation devint bientôt l’impôt favori des empereurs.. Le:des-
potisme se complait dans un genre d’impesition: qui ne cannogit: de bornes que celles de l’impuissance absolue.. Mais M. Hume .se trompe
lorsqu’il dit que Constantin supprima la plûpart des impôts pour établir
à leur place une capitation universelle. Les douanes, les deux:ving-. tièmes, la gabelle, &c. subsistoient encore.. 4. Il paroît que dans.le
commencement on fixoit ‘une capitation, inégale par son égalité appa-. rente. Les Juifs payoient deux -drachmes-par-tête. Les:pères-et:les. maîtres payoïent pour léur famille entière. Dans la suite on,chercha à apprécier la naissance, le rang, et la fortune, surtout en fonds dé terre:
ce qui rendoit la taille à la fois réelle et personnélle.. Je crois entrevoir
la méthode qu’on suivoit.. Les ministres avoient sous.les yeux le re-
censement de tous.les. contribuables d’une province. Ils imposoient
cette capitation générale .et hypothèque de tant d’aurei par tête.. Les: officiers de l’empereur, ou les décurions des villes, en faisoient là répar-
tition dans la proportion qu’exigeoient.les facultés de chacun.. Lors. que. Constantin remit aux citoyens d’Autun 6000 contribuables il leur-
remit effectivement près du quart, de la capitation. Si l’on ajouté aux: sept millions de Constance les autres charges. dont j'äi supprimé la moitié. on sera peu surpris de ces fréquentes remises de tribut.
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