‹ Miscellaneous works of Edward Gibbon, EsqChapitre 20 sur 165 · SUR LA SUCCESSION DE LE EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

SUR LA SUCCESSION DE LE EMPIRE ROMAIN

de fait. Mais si:le fait et le divit se confondent aux: yeux du politique, ils sont bien différens à ceux du jurisconsulte.

II. On connott la politique d'Auguste. On sait avec combien d'art il présentoit toujours aux Romains l'esclavage sous l’image de la liberté. Premier citoyen, homme de la nation, il n’avoit accepté la commission de rétablir l'ordre, que pour s'en démettre lorsque son auvrage seroit achevé. Un prince de ce caractère auroit-il jamais fait sentir aux Romains que de souverains du monde ils étoient dévenus esclaves d’une famille de chevaliers, sans avoir même conservé le pouvoir de choisir leurs tyrans? Auroit-il accepté un droit qui le rendoit plus odieux sans le rendre plus puissant? __

III. Les faits viennent appuyer les raisonnemens. L’an 727 Auguste fit mine de vouloir rendre la liberté aux Romains. Mais il se rendit enfin aux instances du sénat qui chérissoit sa servitude. Ce fut alors que se fit la célèbre division des provinces. Auguste ne voulut recevoir l’empire que pour dix ans; et sous son règne le peuple Romain élut cing fois sou prince, quoiqu’à la vérité il choisit toujoursla même personne. Croire t-on qu’un pouvoir ait été héréditaire qui n’étoit pas même perpétuel ?

IV. Le commencement de l’histoire impériale n'offre qu’une suite de comédies dont la plaisanterie étoit encore rehaussée par la gravité qui s’y méloit. Tibère est déjà recomnu pour empereur par les armées et par les

provinces. Il entre au sénat, il y joue le rôle de particulier. “Le sénat le prie de se charger du gouvernement de l'empire. :1l allègue sa vieil- Jesse, il refuse, il capitule, il cède. Dans un état héréditaire auroit-il jamais pris ce rôle? Il auroit pu paroître vouloir abdiquer, mais il eût avoué qu'il régnoit. Le sénat auroit-l jamais avoué que la république étoit sans chef?—Non-—léquité, de concert avec la flatterie, auroit fait valoir les principes du droit public, les droits de Tibère, ceux de Drusus, et de Germanicus. La force rendoit hommage aux loix. Tibère, maître de vmgt-cmq légions, craignost de paroître empereur avant que d'avoir obtenu l’aveu du sénat.

Ti faut voir dans notre auteur lui-même, avec combien de précision, il répond aux objections. En voici les deux principales, 1. Que le sénat avoit rendu l'empire héréditaire dans la famille de Jules César, 2. Que Tibère en disposa par son testament. J'aurai cependant la hardiesse d’en proposer quelques autres, après avoir posé un prmcipe qui me paroît in-

L 2 contestable :

(1)Sueton. I.

viii. in Tito, c. 9.

(2) Tacit, Hist 10.16 8 °

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