SUR LA SUCCESSION
contestable : c'est que le témoignage d’un historien eontempofain est d'une toute autre autorité dans ces matières que les inductions que nous autres François pouvons tirer des faits qui se rencontrent dans leurs écrits. La raison en est claire. C’est que nous ne voyons l’histoire de ces tems qu'en gros, au lieu qu'ils la voyoient en détail: et c'est de ce détail que tout dépend dans des discussions aussi délicates que celles-ci. Le spectacle de l'établissement de l'empire se montroit tout entier à leurs yeux. . Tout teur enrappelloit, la constitution, les actes du sénat, les sermens de fidélité, les exemples dont ils étoient témoins. A peine nous en est-il parvenu quelques foïbles rayons de lumière. Or je vais faire voir que Suétone, Tacite, et Dion croyeient, l'empire héréditaire, au moins dans les commencemens.
I. Voiei de quelle façon le premier de ces écrivains s'exprime au | sujet . de PEmpereur Titus. “ Fratrem insidiari sibi non desinentem, sed pene ex professo sollicitantem exercitus, meditantem fugam, nec occidere neque seponere ac nein honore quidem minori habere sustinuit: sed ut a primo imperit die consortem successoremque testari perseveravit.”(1) -Un prince qui pouvoit disposer de ses états comme de son patrimoine auroit fait un présent magnifique à son frère. Une telle déclaration dans un état héréditaire lui rendoit justice. Mais dans une monarchie élective elle renferme un outrage, une violation des droits du ‘peuple, : dont jai peine à croire Titus capable. L'ami du genre humain l’étoit sûrement aussi des loix qui y maintiennent l’ordre, et qui en resserrent les nœuds.
II. Ecoutons parler Tacite ou plutôt l'Empereur Galba : c’est de l’adoption de Pison qu’il délibère avec ses amis. Après avoir formé des vœux impuissans pour le rétablissement de la liberté, “ Sub-Tiberio et Claudio et Caio untus familiæ quasi hereditas fuimus, loco libertatis erit quod eligi cœpimus.”(2) ‘Qui est-ce qui ne reconnoît pas deux propositions dans ce passage-l'üne, que sous Tibére, Caligula, et Claude, l’empire avoit été héréditaire, l'autre, que Galba fut le premier qui songea à le rendre électif? J’entrevois quantité d’entorses qu’un homme d’esprit, peut donner à ce passage; mais qu'il se souvienne qu'il est de Tacite, c’est à dire de l'écrivain dont tous les faits sont exacts, toutes les idées profondes, et toutes les expressions précises. |
III. Dion est le dernier dont je citerai le témoignage. Cet historien dit que Britannicus avoit un droit incontestable à l'empire comme fils
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