‹ Miscellaneous works of Edward Gibbon, EsqChapitre 28 sur 165 · V. Mably, 1. ii · texte numérisé non relu

V. Mably, 1. ii

L'Esprit des Loix,xxxi.18.19.

90 DU GOUVERNEMENT FEPDAL,

vernoïit impunément d’un sceptre de fer ume mation libre, Mais il news, rissoit en secret une bête féroce, terrible à ses ennemis, redoutable à son maitre. Ces grands vassaux, possesseurs des. plus. belles terres du roy aume, juges et capitaines des hommes qui les-cultivoient, suivis. d’une maison militaire qui oublia bientôt la source première de leurs bienfaits, étoient peu faits pour respecter les loix, dès qu'ils :pouvoient. les violer impunément. Charlemagne lutta vainement contre. son siècle. Ce grand homme, qui sentit comme Pierre I. qu'il n’étoit qu’un barbare, trouva dans son génie tout ce que le. Russe chercha dans l'Europe civilisée. Les arts se réveillèrent à sa voix. Il fit respecter aux François les loix qu'il respectoit lui-même. Il rendit au clergé-sa discipline et sa dignité, il essaya de soulager et de ranimer un peuple abruti par ses mal, heurs. JI contemploit avec plaisir la face d’une nation libre réunie enfin dans ses diettes générales, Je crois. démêler qual prévoyoit tous . les dangers de la milice féodale. Dana le tems même. qu'il régloit ses droits et ses devoirs, il lui opposoit ces troupes d'hommes libres qui marchoient sous les étendards de leur comté. Ii tâchoit de les rendre à Ja fois plus utiles et plus respectables, L'autorité de ses loix, et plus encore celle de son génie, tenoit tout immobile peadant sa vie Pour assurer la tranquillité de ses peuples, il se vit obligé de troubler celle de ses voisins, Des troupes toujours en campagne et toujours vietorieuses.connoissent: rarement la sédition. |

De tous les empires, celui des Romains s'est élevé le plus lentement

et. s’est soutenu le plus longtems. Voilà à la. fois la cause et -l’effet..

Chaque province subjuguée étoit déjà préparée à se perdre dans le nom Romain, Lesautres monarchies se sont.établies et. se sont affoiblies avec la même rapidité. La vie de leur fondateur a marqué la période de leur grandeur, souvent celle de leur existence. .Les conquêtes peuvent :rassembler cent nations diverses, le tems seul et les loix peuvent les unir ; et cette harmonie, cette correspondance des. parties éloignées d’un vaste empire exigeoit des lumières et des institutions que le siècle de Charlemagne ne pouvoit ni imaginer ni supporter, Ce prince se fit sur-le gouvernement de ses royaumes un système différent de celui de ses prédécesseurs, Il supprima ces ducs puissans qui administroient des provinces fort étendues, pour les partager chacune en plusieurs cantons, régis par autant de comtes ; ceux-ci ne recevoient d'ordre que du sou-

verain

vorain hfimême, où de ses ministres, qui parcouroient l'empire pour

tenir les états de chaque légation. Il se rappelloit sans doute que. les

maires d'Austrasie, de Bourgogne, et de Neustrie, avoient accablé le

trône des Mesovingiens sous le poids de leur puissance. Mais sa nou-

velle institution perdit l’état pour ne prolonger que de quelques mstans l'existence foible et précaire de ses descendans. Sous ses mdignes suc-

cesseurs le champ de Mars m'offroit plus que f'image d’une démotratie tumultueuse. - Tous ces comtes s’excitoient mutuellement à mépriser

une autorité trop foible pour étouffer uhe hydre qui renaissoit sous leur

pas. Peu redoutables par leur nombre et le peu d’étendue de leurs juri-

dictions, persotine ne songeoit à usurper l’empire, chacun à le démem-

brer, à s'attibuer tous les droits régaliens dans le canton auquel il

boïnoit son ambition, et-à les faire passer à sa postérité. Ce ne fut

qu'en Allemagne, que ’Empereur laissa subsister les ducs des Saxons,

Bavarois, &c. qui gouvernoient sous-ses auspices des nations entières,

Ces sujets formidables rejettèrent bientôt des princes imdignes de régnet

sur eux, mais Hs respéctrent des droits d'un trône sur lequel chacun .

d'eux éspéroit de monter un jour. Voila ce qui conserva dans la Ger-

manie l'idée d’uh corps politique, dans. le tems même qu’elle sembloit se

perdre parmi les Francois. |

: Partout les gouvermeurs vouloient se faire souverains; par-tout les

vassaux cherchoient à se rendre indépendans. De ce confit ‘il auroit pu

résulter un équikbre capable de soutenir encore cet empire chancelant.

Mais tout tendoit à réunir Jes intérêts des deux systèmes, . et à confondre

même les personnes. I. A l'exemple du souverain, les comtes se fitent

bientôt des vassaux qui ne dépendoient que d'eux, et à qui ils distri-

buoient quelque partie’ de leur domaine. 2, On leur permit-de conférer Esprit des les bénéfices publics. 3. Chaque vassal (peut-êtré même chaque home Lu si. #4 Hbre) pouvoit se cheïsir un seigneur ; dès lors le price n’eut plus ni spjets ni Vassaux, Dans ces tems d'anarchie tout le monde préféroit un gouvèrneur püissant à un monarque foible et éloigné. Charles le Chauve Mably, LL ä. c. accordahnentét Hhérédité ‘des fiefs. Bientôt il donna cétte vaine ombre 5 . d'autbrité qui lui restoit/encore. ' Il-donfirma aux comtes la possession . | héréditaire de leurs étäts.:: Toutes les parties dé la monarthie se plièrent

à ce nouveau systèe. Tes idées féodales doininèrent dans cette révo- fution. Le roidevint svram; et les comtés n’éfoient plus que des fiefs.

a N Q2 7 L’idée

Page 1