‹ Miscellaneous works of Edward Gibbon, EsqChapitre 6 sur 165 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

POUR SERVIR DE SUPPLEMENT AUX DISSERTATIONS DE MM. FRERET ET DE BOUGAINVILLE.

ne

Panur les savans qui ont osé pénétrer dans la nuit du tems pour y découvrir les origines des nations de l'Orient l’on doit distinguer M. Freret de l'Académie des Belles Lettres. Cet habile homme, égal aux Sealiger et aux Marsham par son érudition, a su substituer À leurs vues bornées, à

leurs conjectures hasardées, et à leurs hypothèses partiales et défectueuses, un esprit de système, de critique, et de philosophie. Il a rassemblé toutes

les autorités qui nous sont parvenues. I] les a étudié, apprécié, rapproché.

et comparé. De ce travail il a vu sortir une masse de lumière qui éclaire sans nous éblouir. Je vais exposer son système. Dans.ces sortes d'étude nous devons chercher la vérité et nous contenter de la vraisemblance.

1. Lian 1968 avant Jésus Christ est l'époque radicale. de l'empire des y preret, Mém.

Assyriens. Ce-peuple et leurs successeurs les Mèdes, les Perses et les

le dernier des Séleucides de l'héritage de ses pères et fit passer l'Asie sous les loix de la république.* -

* Ce fragment est curieux. Mais il y a bien quelque chose & dire. 1. Nous ne connois* sons point cet Emile Sura. 2. Lipse a soupçonné que cet endroit n'est pas du texte de Vellius. 3. Il y a des variantes quant au nombre: il faut opter entre 1905 et 1995. 4. Cet auteur semble indiquer l'époque de la défaite de Philippe et d'Antiochus plutôt que celle des conquêtes de Pompée.

VOL. 1IL B 2. Vel-

de l’Aoad. tom.

Vv. p- 331-408.

Macédoniens ont régné 1905 ans. L'an 63 le Grand Pompée dépouilla |

ni ore, ape 2. Velléius Paterculus place la révolte d’Arbace 1070 ans après le règne de Ninus. Dans son propre système, c'est 898 ans avant J. C. La voix unanime de l'antiquité nous rapproche de cette époque.

3. Castor, fameux chronologiste de l'antiquité, assignoit 1280 ans de durée à cet empire. Ils nous conduisent à 688 ans avant J.C. C'est l'année que les Mèdes d’Hérodote enlevèrent aux Assyriens l'empire de l'Asie.

4, Ctesias nous donne 1360 ans jusqu'à la destruction totale de Ninéve et la mort du dernier de ses rois. -L’on trouve par les combinaisons les plus sûres que l'an avant Christ 608 fet celui de cette grande révolution.

Trois souverains de cette dynastie ont porté le nom de Sardanapale, et la ressemblance-des noms, joifte à celle des événerhens, a répandu sut les récits des Grecs. une confusion, dont une critique éclairée peut seule nous garantir.

V. de Bougain. Nous sommes parvenus à l’aürote, rhais cette aurore est couverte de Mém. del’ Acad. ; . .; .

xxiii. p 1—83, nuages. M. Freret n’a point essayé de les dissiper. Mais le premier de

® ses disciples, M. de Bougainville, sua confrère, son suctesséut, son inter.

prète et son ami, a votla. cohsomitiher te grand Guvräpe.. D'un ‘coup

d'œil sûr et lumineux'il a parcouru le -tablean de l’Asie ‘soumise aux

Medes. Ila vu que les deux dÿnasties-de Ctesias et d'Hérodote-étoient

essentiellement différentes, ct que les loix de la critique tous permet:

toiétit aussi peu de les réjetter que de les accotder. Un seul parti lui

restoit: son-heuteuse simplicité l'avoit dérobé À tous les yeux. fl suip-

pose que les deux ‘historiens oftt parlé de deux motrarchies différentes, et

que tes suctesseufs d’Arbace fégnoiéntt à Suse lorsque Déjoce jetta les

fondemens d'Agbatane. M. de Vignoles avoit déjà proposé cette expli-

Cation, tials il étoit réservé à M. de Bougainville de-changer-eh système

raisonné ce qui h’étoit encore qu’tne conjecture hasardée. I] lui restoit

encore le sdin de dévéloppet l'origine, la liaison, et les révolutions des

deux dynasties, et de motitrer que cette distinction imettoit datis l’histoire

ancienne un accord et une harmonie qu’on chercheroit vainérhent atl-

leurs. Il] se proposoit de remplir cette tâche dans un second mémoire.

Ses occupations et ses maux auforit reculé l'exécution de sa promesse, et

la mort, qui l’a enlevé à la société et aux lettres, ne permet plus d’espé-

rance, Je me propose de poursuivre ses idées. Je donnerai quelques

coups de crayon au tableau imparfait d d'un grand maître: ce maître

: ‘étoit

étoit mon ami. Je goûte un triste plaisir dans. cette occupation qui me retrace si vivement tout ce qu'il a été, et tout ce qu'il n'est plus. Je crois devoir m'arrêter un instant pour réfléchir sur le caractère de Ctesias, et sur le degré de foi que méritent ses annales, On peut le fixer en peu de mots. Ctesias se servoit assez mal des excellens matériaux qu’il avoit sous les yeux. Un séjour de dix-sept ans à la cour de Perse et la faveur d’Artaxerxe dont il étoit le médecin, lui ouvrirent toutes les archives de la monarchie, et lui donnent un avantage décidé sur les historiens qui n’ont rempli leurs ouvrages que des traditions populaires qu’ils avoient recueilli dans leurs voyages. Mais résolu de s'élever sur les débris de la. réputation d'Hérodote, il ne sacrifioit que trop souvent les intérêts de la vérité à l'envie de plaire à sa nation toujours avide de nouveautés et de fables. Voilà l’idée que les plus habiles critiques de Voy. Phot. Bibl'antiquité nous ont donné de cet écrivain; mais ils ont cru en même 189, Hreretdans

es Mém. d tems que son imagination a toujours respecté les grande principes de l'Académie,

l'histoire de l'orient; et les ouvrages nationaux qui ont paru sous les tom, Oe vin 175. successeurs d’Alexandye n'ont jamais ébranlé le système de Ctesias sur l'origine, la durée, et la ruine des empires. des Mèdes et des Asgyriens.

Une critique modeste et impartiale pourroit décomposer le tissu des

récits.de cet historien, démêler la vérité, et éclaircir souvent la source des

erreurs. Une pareille recherche exigeroit sans doute un examen attentif

et détaillé. Je dirai seulement ici qu'au heu de rejetter ou d’adopter en

gros son histoire orientale, je distinguerois plusieurs classes de faits, d'opinions et de fables; très indépendentes par leur nature et leur auto-

rité, et réunies seulement dans la narration de Ctesias. 1. Les traits vraiment historiques qu’il a puisés dans les annales et qui portent tous les <aractères de l’évidence. 9. Les traditions fabuleuses des peuples qui

font partie de leur système religieux, ou qui servent à orner le berceau

des empires. Le plus sage des historiens les rapporte. Le lecteur sourit;

il les détache sans peine du corps de l’histoire, et la croix de Constantin

ne lui fait point rejetter la défaite de Maxence. Je citerois ici la nais- | sance et l'éducation de Sémiramis. 3. Les interprétations que Ctesias à ivr tig Ed. données à ses matériaux. Nous ignorons la nature précise des secours "°* qu'il a eu, si les écrivains originaux de Ninéve existoient encore, s’il-a

travaillé sur des abrégés faits sous la dynastie des Mèdes on même sous

celle des Perses. II se voyoit obligé de rendre, dans une langue étran-

B 2 | gère,

4, Fe. ,

Diodor. Sic.

Page 1